Orgues en France
et dans le monde.
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Historique Photos
Orléans (45)
Cathédrale Ste Croix
Cavaillé-Coll, 1880
Composition :
| II.
Grand-Orgue |
I. Positif |
IV. Récit expressif |
III. Bombarde |
Pédale |
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| Montre 16' |
Montre 8' |
Bourdon 16' |
Grand Cornet (GO) V |
Soubasse 32' |
| Bourdon 16' |
Salicional 8' |
Principal 8' |
Fourniture(GO) V |
Soubasse 16' |
| Montre 8' |
Bourdon 8' |
Viole de gambe 8' |
Cymbale (GO) IV |
Flûte 16' |
| Bourdon 8' |
Prestant 4' |
Bourdon 8' |
Bombarde (GO) 16' |
Violonbasse 16' |
| Salicional 8' |
Flûte douce 4' |
Flûte harmonique 8' |
Trompette (GO) 8' |
Violoncelle 8' |
| Viole de gambe 8' |
Quinte 2 2/3' |
Voix céleste 8' |
Basson (GO) 8' |
Flûte 8' |
| Flûte harmonique 8' |
Doublette 2' |
Flûte octaviante 4' |
Clairon (GO) 4' |
Flûte 4' |
| Prestant 4' |
Tierce 1 3/5' |
Octavin 2' |
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Contre-bombarde 32' |
| Flûte douce 4' |
Plein-Jeu V |
Cornet V |
|
Bombarde 16' |
| Fourniture V |
Trompette 8' |
Bombarde 16' |
|
Tuba Magna 16' |
| Cymbale IV |
Cromorne 8' |
Trompette 8' |
|
Trompette 8' |
| Grand Cornet V |
Clairon 4' |
Basson-Hautbois 8' |
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Clairon 4' |
| Bombarde 16' |
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Voix humaine 8' |
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| Trompette 8' |
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Clairon 4' |
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| Basson 8' |
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| Clairon 4' |
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Autres caractéristiques :
54 jeux - 4 claviers manuels de 56 notes et pédalier 30 notes
Traction mécanique du positif et pneumatique pour G.O, Récit, Bombarde et pédalier
Traction mécanique des jeux
Accouplements : POS/GO, BOM/GO, REC/GO, REC/BOM
Tirasses : GO/PED, BOM/PED GO 16, BOM 16, REC 16
Tremolo: Récit
Appels d'anches : PED, GO, BOM, REC
Pédale d'expression : Récit
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Un
marché passé le 3 mai 1523 entre le chapitre d'Orléans et le facteur
d'orgues Alexandre des Oliviers témoigne pour la première fois de la
présence d'un orgue en la cathédrale Sainte-Croix.
Réparé en 1556 par
Claude Delagrange, cet instrument fut détruit, en 1568, lors de la
destruction de la cathédrale par les Huguenots au moment des guerres de
religion.
En 1657, l'organier bourguignon Noël Grantin installe un
nouvel instrument.
En 1707, l'instrument est achevé par Jean Brocard.
En 1757, des travaux sont confiés à Jean-Baptiste Isnard, neveu de
Jean-Esprit et nouvellement installé à Orléans.
Le 8 mai 1806, l'architecte orléanais Benoît Lebrun, paroissien de
Sainte-Croix, fait don à Monseigneur Bernier, alors évêque d'Orléans,
de l'orgue de l'abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire, qu'il avait
achetée en 1796 lors des ventes des biens nationaux. Cet instrument
avait été construit en 1631 et transformé en 1705. Son buffet des XVIIe
et XVIIIe siècles était très classique avec ses 5 tourelles au grand
corps, les plus hautes étant aux extrémités, et 3 autres au positif de
dos. L'instrument ne quitte Saint-Benoit-sur-Loire qu'en 1821, malgré
la résistance des habitants, et est acheminé à Orléans par bateaux sur
la Loire. C'est le facteur parisien Louis Callinet qui est chargé de
son remontage en 1822, dans le transept sud de la cathédrale, car à
cette époque la tribune actuelle n'est pas encore construite, de même
que les dernières travées de la nef.
Dix ans après, en 1831, Callinet restaure et complète l'instrument,
désormais placé à son emplacement actuel au revers du mur occidental.
Ses 45 jeux, dont 12 jeux d'anches, sont répartis sur 4 claviers et
pédalier à la française, avec ravalement jusqu'au Fa. Son caractère
évolue d'une esthétique encore classique vers une esthétique un peu
plus romantique. Le buffet d'origine a été agrandi et profondément
remanié, même s'il conserve dans son ensemble une esthétique typique
des XVIIe et XVIIIe siècles. Les sculptures actuelles des tourelles,
les atlantes et la tête d'ange au culot de la tourelle centrale du
grand corps appartenaient au buffet d'origine. Des travaux de Callinet
subsistent une bonne partie de la tuyauterie encore en place de nos
jours, surtout aux sommiers de Positif, de Grand-Orgue et de Pédale.
En 1861, l'effondrement d'une voûte met l'instrument hors d'état de
service. En vue de le reconstruire, le chapitre fait appel en 1878 au
plus célèbre facteur du moment, Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899), qui
avait déjà réalisé, en 1846, l'orgue de chœur de la cathédrale,
véritable petit chef d'œuvre récemment restauré. Le facteur souhaita,
pour améliorer l'acoustique en ce très long vaisseau qu'est la
cathédrale Sainte-Croix, réduire de quelques mètres la hauteur de la
tribune mais la fabrique s'y opposa. C'est cet orgue, riche de 54 jeux
disposés sur 4 claviers et pédalier, que nous pouvons toujours
apprécier aujourd'hui.
Depuis l'inauguration par l'organiste Alexandre
Guilmant en 1880, l'instrument a heureusement peu subi de
transformations majeures hormis l'installation d'un ventilateur
électrique dans les années 1920.
Il résista aux bombardements de 1944
et aux multiples intempéries. Son esthétique sonore n'a de plus pas été
touchée par la vague néoclassique en vigueur à partir des années 1930.
En 1973, l'organiste Marie-Claire Alain rédige un important rapport sur
l'instrument afin d'obtenir le classement auprès de la Commission
Supérieure des Monuments Historiques. Elle précise que l'instrument «
de très grande classe (…) est un témoignage parfaitement authentique de
l'œuvre du grand facteur Cavaillé-Coll ». Elle y ajoute cependant qu'un
gros relevage s'impose avec urgence.
Le classement fut adopté en
juillet 1974, et les travaux de relevage furent confiés à la
manufacture d'orgues Haerpfer en 1978. Au cours de ces travaux, le
diapason (La de 435 Hz) a été rehaussé (au La de 440 Hz) pour pouvoir
organiser des concerts « Trompette et Orgue » alors très en vogue.
Cette opération a malheureusement nui à la clarté de l'orgue, devenu
plus flûté.
En 1981, le chapitre de la cathédrale octroie à la maison Haerpfer un
marché pour exécuter une restauration de l'orgue et la cathédrale
retrouve ce bel instrument qui fait depuis l'admiration de nombreux
organistes et amateurs d'orgue et qui est l'objet d'enregistrements
réguliers.
En 1996, l'organier Bernard Huvry réalise certains travaux
sur l'instrument.
L'instrument d'Aristide Cavaillé-Coll est original à plus d'un titre,
en comparaison avec les autres orgues contemporains de ce facteur.
D'une part, le positif de dos a été maintenu, et n'a pas été vidé de sa
tuyauterie. Ensuite ce même positif comporte un plein-jeu autonome de 5
rangs. D'autre part, la présence d'un clavier de bombarde qui appelle
les anches, le cornet et le plein-jeu du Grand-Orgue n'est pas sans
rappeler l'extraordinaire orgue Isnard de
Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, avec son clavier de résonnance qui
permet de jouer les jeux de pédale. L'orgue possède en outre à la
pédale une bombarde de 16 pieds, chose courante, mais aussi une autre
bombarde appelée Contrebombarde 32' mais qui en fait est à la quinte de
la bombarde de 16' précitée, soit une hauteur réelle de 10' 2/3, ce qui
est extrêmement rare et inusité. Dans l'ensemble, l'orgue est de style
romantique, avec ses nombreux huit-pieds, ses jeux étroits et ses
flûtes harmoniques, mais il annonce fortement les orgues symphoniques;
il constitue ainsi une charnière décisive dans l'évolution esthétique
de l'orgue à la fin du XIXème siècle.
L'élégante console est en fenêtre, entre le positif et le grand buffet.
Les 4 claviers (dans l'ordre Positif, Grand-Orgue, Bombarde et Récit)
ont chacun 56 touches (d'Ut à Sol) et le pédalier 30 notes (d'Ut à Fa).
Seul le positif est en mécanique directe, tandis que les autres
claviers disposent de l'assistance pneumatique par machines Barker. Les
tirants de registres, disposés de manière très classique de part et
d'autre de la fenêtre, sont de section ronde et à leur extrémité est
disposée une pastille de céramique avec le nom des jeux, ce qui donne
une petite touche XIXe siècle. Les pédales d'appel de jeux, d'octaves
et d'accouplement sont en métal, ainsi que la pédale d'orage située à
gauche du pédalier, l'expression du récit est à bascule.
L'intérieur du buffet est très ordonné et très soigné, l'espace y est
distribué généreusement, facilitant ainsi l'accès aux différentes
parties de l'instrument. On peut distinguer d'une part le buffet de
Callinet, et d'autre part, derrière ce dernier, l'extension faite par
Cavaillé-Coll jusqu'au mur ouest de la cathédrale, et qui comprend des
sommiers de pédale, les réservoirs primaires, le ventilateur et le
récit expressif. La position des sommiers, répartis côté Ut et côté Ut
#, est globalement classique: Grand-Orgue au centre, Pédale aux
extrémités (dans le buffet Callinet ainsi qu'à l'extérieur, le long du
mur occidental), Récit expressif surélevé, derrière les sommiers de
Grand-Orgue, et Positif accroché à la tribune. La mécanique est
disposée de manière très rationnelle, sauf peut-être la machine Barker
du Récit trop excentrée.
Les sonorités de l'orgue sont très belles, bien équilibrées, très
claires (certainement encore plus avant 1980), qu'il s'agisse des jeux
solistes ou bien des ensembles de jeux. Cependant la configuration de
la cathédrale, qui peut provoquer des décalages et de la réverbération
nuisibles à l'effet musical, incite l'organiste à faire très attention
à son jeu et à accorder une importance toute particulière à la
registration ainsi qu'à l'équilibre et à la dynamique des masses
sonores, qu'il s'agisse de la musique de Bach, de Couperin ou de
Franck. À apprécier surtout la douceur des flûtes (harmoniques ou non),
la clarté du plein-jeu de Positif, des anches et du fonds d'orgue, la
chaleur de la voix humaine et du basson au Récit, le caractère soliste
de la montre de 8', enfin, toutes les qualités sonores d'un orgue de
qualité.
Malheureusement, le temps fait irrémédiablement son œuvre, et le
prestigieux Cavaillé-Coll aurait maintenant besoin d'une véritable
restauration, au cours de laquelle il pourrait retrouver toute sa
splendeur avec son diapason d'antan, tel que le facteur l'avait pensé.
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