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Page créée le 19/02/2021
L’orgue Biagi (1599)
de la basilique St Jean de
Latran de Rome (Italie).
Orgues en France et dans le monde.
Pays :
Italie
Région :
Latium
Ville :
Rome
Local :
Basilica San Giovanni in Laterano
Facteur :
Biagi (Blasi)
Année :
1599
Passion, Découvertes, Partage....
Historique
Disposition
Carte
Cliquer
Photos
Autres caractéristiques :
27 jeux - 2 claviers manuels et pédalier
Transmission mécanique des claviers et des jeux
Tirasse permanente de la pédale au grand-orgue
Rossignol
Tiratutti
Diapason : La = 392 Hz
Tempérament mésotonique
L’archibasilique St Jean de Latran est le premier édifice chrétien jamais construit. C’est « la mère des églises de Rome et du
Monde ». Elle a été bâtie par l’empereur Constantin qui venait de se convertir en 313 et a été consacrée par le pape Sylvestre 1er
en 324. C’est l’une des quatre basiliques majeures de Rome et elle a été le siège de la papauté jusqu’au début du 14ème siècle.
Elle était en effet beaucoup plus grande que l’antique basilique vaticane dédiée à St Pierre et construite par le même empereur
Constantin. Le baptistère octogonal qui la jouxte au nord-ouest du chœur date de la même époque. L’histoire et la description de
ce monument sont si complexes qu’il y aura lieu de se référer à l’abondante documentation disponible. Disons quand même que
son plan basilical à plusieurs nefs et transept a inspiré les constructions des principaux édifices religieux
depuis lors. L’église était orientée de l’est vers l’ouest pour que le célébrant puisse regarder vers le soleil
levant en faisant face aux fidèles. La basilique a été à de nombreuses reprises endommagée par les
séismes, pillages ou les incendies, mais à chaque fois elle a été reconstruite ou restaurée. Presque
détruite par un séisme en 896, elle est reconstruite au 10ème siècle par le pape Serge III. Au 12ème et
au 13ème le cloitre est construit et l’abside reçoit ses mosaïques cosmatesques. Au 14ème siècle, alors
que les papes se trouvaient en Avignon, l’église est endommagée par plusieurs incendies. La basilique
est alors restaurée par l’architecte Giovanni Stefani à qui l’on doit le magnifique plafond à caissons de
bois. Dans la seconde moitié du 17ème siècle, une importante restauration de la basilique dans sa forme actuelle est confiée par
le pape Innocent X à l’architecte Francesco Borromini. En 1734, la façade monumentale en travertin est construite par l’architecte
Alessandro Galilei. Dans les années 1880, sous le pontificat de Léon XIII, le chœur a été agrandi par un déplacement de l’abside
d’une vingtaine de mètres. La basilique St Jean est aujourd’hui le siège du diocèse de Rome dont l’évêque n’est autre que le
pape. Enfin, des liens étroits unissent la basilique à la France. En reconnaissance des donations et revenus accordés à la
basilique par les rois de France, ceux-ci ont été depuis Henri IV désignés comme « premiers et uniques chanoines honoraires ».
Cette distinction s’est transmise jusqu’à ce jour aux présidents de la République française.
Cette très grande basilique ne compte pas moins de cinq orgues dont l’orgue historique du transept nord décrit sur cette page.
La basilique possédait dès le 16ème siècle deux instruments placés en vis-à-vis sur chaque façade du transept.
Le grand-orgue du transept nord a été construit entre 1597 et 1599 par le facteur Luca BIAGI (ou BLASI) de Pérouse (Ombrie –
Italie). Le buffet a été dessiné par l’architecte et sculpteur romain Giacomo della Porta et réalisé par Giovan Battista Montano de
Milan (Italie). Il est placé sur une tribune haute de 15m, soutenue par deux colonnes corinthiennes en marbre jaune, qui a été
construite par Giovanni Giacomo Paracca.
L’orgue comportait quinze jeux sur un clavier et un petit pédalier en tirasse. C’était pour l’époque un grand instrument, avec des
fonds de 24’ et une anche de 16’, ce qui était très novateur. Le tuyau C de 24’ au ton de 390 Hz faisait 10m de hauteur, ce qui
était exceptionnel à cette époque. La console était tournée vers le maître-autel, ce qui était également nouveau. L’orgue fut joué
au début du 17ème siècle par Girolamo Frescobaldi.
En 1675 et 1676, le facteur romain Giuseppe TESTA a restauré l’instrument et a rajouté sur la tribune un petit positif relié à la
console de l’orgue par un mécanisme. Cet instrument fut touché par Georg Friedrich HANDEL en janvier 1707.
En 1731, l’orgue est restauré par les facteurs Ugo Annibale TRAERI de Bologne et Celestino TESTA de Rome. Le positif de 1676
est placé à la base du buffet de l’orgue et une nouvelle console en fenêtre de 2 claviers et pédalier est construite. Le nombre de
soufflets cunéiformes passe de six à huit et les sommiers sont restaurés.
En 1747, l’orgue est restauré et agrandi par les facteurs Lorenzo et Giovanni Antonio ALARI de Rome qui partagent le Positif en
deux divisions, renouvellent les jeux de ce Positif et ajoutent quelques jeux au grand-orgue.
En 1817, le facteur romain Filippo PRIORI est intervenu sur l’orgue.
En 1852, une nouvelle intervention a été effectuée par le facteur Pier Luigi SABATINI. L’instrument a été agrandi avec des jeux
plus romantiques et la soufflerie a été placée dans une pièce attenante. Mais à Noël 1852, l’instrument a été vandalisé, le rendant
muet pour de longues années.
En 1934, le facteur Francesco MORETTINI de Pérouse (Ombrie – Italie) a effectué une restauration contestée de l’orgue. De
nombreux tuyaux d’origine ont été remplacés par des tuyaux neufs de piètre qualité. Le diapason a été rehaussé à 440 Hz par la
coupe des tuyaux. Des jeux nouveaux ont été placés sur des sommiers à transmission pneumatique.
A la suite de cette restauration pour le moins malheureuse, l’orgue n’a plus été joué.
De 1984 à 1989, le facteur Barthélémy FORMENTELLI, facteur né en France de parents italiens et installé près de Vérone (Italie)
a effectué une restauration complète de l’orgue dans sa disposition originale et en conservant la plupart des ajouts des 17ème et
18ème siècle.
L’orgue ne possède pas de ventilateur électrique. Les quatre soufflets cunéiformes sont actionnés manuellement par des poulies
et des cordes, le tout étant relayé avec un mécanisme de traction électrique.
En juillet 1993, la basilique et ses orgues ont été endommagés par les attentats à l’explosif perpétrés par la Casa Nostra. La
restauration entreprise à la suite de ces évènements par FORMENTELLI s’est achevée en 1995.
FORMENTELLI a effectué un relevage de ce vénérable instrument en 2002 et 2003.
La console de cet orgue présente une disposition très particulière :
Le clavier inférieur, qui correspond au Positif de 1731/1747, a une étendue normale de 54 notes Do1-Fa5 (C-f’’’). Les 5 notes inférieures
Fa0-Si1 (F0-B), muettes, ne sont présentes que pour faire le pendant du clavier supérieur.
Le clavier supérieur, celui de l’orgue BIAGI de 1599, présente deux particularités : une première octave semi-courte et
des feintes brisées. Il a une étendue de 59 notes, soit F0-Fa5 (F0-f’’’), sans le F#0 et sans le G#0. Il possède en plus 7
feintes brisées pour jouer les Ré# et les Sol# sur les octaves supérieures, à partir du Sol#1 jusqu’au Sol#4. Ceci parce
les facteurs de l’époque, excellents harmonistes, savaient qu’avec le tempérament mésotonique le Ré# n’est pas de la
même hauteur que le Mib et qu’il en est de même pour le Sol# et le Lab… Ce clavier de BIAGI comporte donc en tout 66 notes.
Voir :