Orgues en France
et dans le monde.
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Historique Photos
Nantes (44)
Cathédrale St Pierre et St Paul
Clicquot, 1784
Composition :
| Grand
Orgue | Positif | Récit | Bombarde | Pédalier |
| | | | | |
| Montre
16 | Montre 8 | Quintaton 16 | Violoncelle 8 | Soubasse 32 |
| Bourdon 16 | Salicional 8 | Principal 8 | Cormet V | Principal 16 (emp.) |
| Montre 8 | Bourdon 8 | Flûte
8 | Bombarde 16 | Soubasse 16 |
| Principal 8 | Prestant 4 | Bourdon 8 | Trompette 8 | Flûte 16 |
| Diapason 8 | Flûte Douce 4 | Gambe
8 | Clairon 4 | Principal 8 |
| Bourdon 8 | Nazard 2 2/3 | Voix Céleste 8 | Hautbois 8 | Basse 8 (extension) |
| Flûte
Harmonique 8 | Doublette 2 | Prestant 4 | | Principal 4 |
| Grosse
Qte 5 1/3 | Tierce 1 3/5 | Flûte 4 | | Flûte 4 |
| Prestant
4 | Larigot 1 1/3 | Nazard 2 2/3 | | Soubasse 16 |
| Flûte 4 | Piccolo 1 | Doublette 2 | | Principal 2 |
| Gr.
Tierce 3 1/5 | Cornet V | Quarte 2 | | Plein Jeu IV |
| Quinte
Flûte 2 2/3 | Fourniture IV | Tierce 1 3/5 | | Bomb. Acous. 32 |
| Doublette
2 | Trompette 8 | Plein Jeu IV | | Bombarde 16 |
| Quarte
2 | Clairon 4 | Cymbale IV | | Trompette 8 |
| Tierce
1 3/5 | Cromorne 8 | Bomb. Acous. 16 | | Clairon 4 |
| Cornet
V | | Trompette 8 | | |
| G.
Fourniture II-IV | | Clairon 4 | | |
| Fourniture
IV | | Basson-Hautbois
8 | | |
| Cymbale
IV | | Voix Humaine 8 | | |
| 1ère
Trompette 8 | | | | |
| 2ème
Trompette 8 | | | | |
| Clairon
4 | | | | |
Autres caractéristiques :
74 jeux - 4 claviers manuels de 61 notes et pédalier 32 notes
Transmission pneumatique
Tirasses et copulas classiques
Pédale de crescendo
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Les documents précis témoignent de la présence d'un orgue dans la
Cathédrale Saint-Pierre de Nantes dès le XVème siècle, époque à
laquelle l'édifice est érigé. L'orgue à l'origine de celui que nous
connaissons aujourd'hui est l'œuvre de Jacques GIRARDET et date de
1619. La composition exacte de l'orgue de Girardet n'est pas facile à
déduire d'après le texte du devis de 1619. L'étendue de notes pose
problème (Ut à Ut avec le premier Ut# ou avec ravalements), les deux
Nasards du grand orgue sont-ils Nasard 2 2/3 et Quarte 2 s'alliant avec
le Nasard ou deux Nasards de forme et de tailles différentes ?
En tout cas, on doit écarter le Gros Nasard 5 1/3 que l'on ne trouve en
Bretagne qu'avec Clicquot. La Tierce est en étain, alors que les jeux
flûtés sont en plomb. Doit-elle servir au Plein Jeu ? Autant de points
encore mystérieux. Il aurait été intéressant de connaître le premier
devis de Girardet et la nature des modifications demandées par le
chanoine Bienvenu. On peut en conclure cependant que la Cathédrale de
Nantes voulait un orgue à la dernière mode et n'hésitait pas à payer
1000 livres de plus pour cela" (Michel COCHERIL).
En 1744, "COLLAR, facteur d'orgues à Paris" procède au relevage de
l'instrument avec un ouvrier. Le travail dure 9 mois et le Chapitre
paie 54 livres au logeur "pour le loyer du lit et du linge". Adrien
LÉPINE est appelé en 1767 pour diverses réparations et la pose d'un
5ème clavier avec un jeu de Bombarde pour la somme de 3 300 livres.
L'année suivante, ce même facteur augmente l'orgue de plusieurs jeux :
Grosse Tierce, Grosse Fourniture, Basson, Hautbois et Trompette du
Récit.
En 1768, une extension du buffet s'avère nécessaire ; elle est réalisée
par l'adjonction de deux tourelles latérales soutenues par des
atlantes.
En 1780, le Chapitre est alerté par l'organiste Denis JOUBERT de
l'urgence de travaux à entreprendre. C'est François-Henri CLICQUOT,
"Facteur du Roy" qui est désigné. Le prix réclamé (20 000 livres
payables en 4 ans) laisse supposer qu'il s'agit en fait d'une
reconstruction. CLICQUOT livre en 1784 un instrument de 52 jeux
répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier de 32 notes avec grand
ravalement au fa. Sur l'écusson du tuyau milieu de la plate face
gauche, on pouvait lire : "CLICQUOT, facteur du Roi, a refait cet orgue
à neuf en 1784".A la Révolution, Denis JOUBERT sauve l'orgue neuf de la
vente ou de la destruction en le faisant participer aux fêtes
révolutionnaires qui se déroulent à la Cathédrale.
En 1833, une décision du Chapitre confia à GEIGER, un facteur de
Nantes, le soin de relever le Grand Orgue. Mais on ne fit qu'un travail
incomplet, puisqu'on omit d'améliorer la soufflerie.
Le 8 octobre 1849, un rapport sur l'orgue est minutieusement détaillé
par M. HAMEL, délégué du Ministre des Cultes. C'était l'époque où l'on
construisait le chœur de la Cathédrale resté inachevé. Il fut terminé
en 1893. Vers 1850, l'organiste MINARD se fait plus pressant encore.
Mais il faut attendre 1868 pour voir l'instrument restauré par MERKLIN,
facteur qui a été préféré à CAVAILLÉ-COLL (1866) en raison d'un devis
moins élevé. Malgré quelques modifications, l'orgue de Clicquot est
conservé, Son travail consistera : au remplacement de la soufflerie et
du pédalier à la française par un pédalier à l'allemande de 32 notes,
aux modifications de jeux suivantes :
Positif : Salicional 8 à la place du Plein Jeu.
Flûte octaviante 4 à la place de la Tierce.
Grand Orgue : Flûte Harmonique 8 et Gambe 8 à la place de Nasard, Grosse Tierce et Tierce.
Récit : Ajout d'un Bourdon 8.
Au terme de ces travaux, l'instrument restait dépourvu de pédales
d'accouplement, tirasses, etc. D'après le devis, les Bourdons restaient
à calottes soudées.
L'Abbé Marcel COURTONNE, nommé titulaire en 1922, écrivait en tête de
sa plaquette "l'Orgue de la Cathédrale de Nantes" (septembre 1924) :
"Si l'on doit pieusement conserver ce qui fait l'originalité et
l'intérêt d'un tel instrument, on peut, on doit même y apporter les
perfectionnements de notre époque". C'est donc à sa demande que de
nouveaux travaux sont entrepris sur le Grand Orgue par GLOTON,
successeur de DEBIERRE. Une console pneumatique de 4 claviers remplace
l'ancienne console de 5 claviers en fenêtre. La mise en place d'un
Récit expressif et l'enrichissement de la palette sonore par l'ajout de
14 jeux permettent l'interprétation de la littérature romantique et
symphonique.
Le 15 juin 1944, l'orgue subit des dégâts à la suite d'un violent
bombardement sur Nantes. Un dommage de guerre affecté à l'instrument
permet d'envisager une restauration.
Un projet ambitieux de Joseph BEUCHET (porter l'orgue de 53 à 89 jeux,
en deux tranches de travaux) est accepté. Mais des travaux sur les
voûtes de la nef repoussent l'inauguration de l'instrument au 21
novembre 1971. Gaston LITAIZE, Rapporteur officiel donne le
traditionnel récital. L'harmonisation de l'orgue a été confiée à ELAIN
pour les fonds et à DOUDARD pour les anches.
L'orgue actuel possède 74 jeux réels sur 4 claviers manuels de 61 notes
et l'incendie des combles de la Cathédrale en 1972 ne causa pas de
graves préjudices à l'instrument qui fut simplement nettoyé lors de la
réouverture de la Cathédrale et ré-accordé par l'harmoniste de la
Maison BEUCHET-DEBIERRE, Claude THIBAUD.
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