Entrez dans le monde magique des orgues.
Page créée le 03/03/2008
Mise à jour le 05/08/2020
Le grand-orgue Clicquot (1784)
de la cathédrale St Pierre
de Nantes (Loire-Atlantique)
Pays :
France
Région :
Pays de la Loire
Départ :
Loire-Atlantique
Ville :
Nantes
Local :
Cathédrale St Pierre & St Paul
Facteur :
Clicquot / Beuchet
Année :
1784 / 1971 / 2020
Passion, Découvertes, Partage....
Historique
Disposition
Carte
Photos
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Les documents précis témoignent de la présence d'un orgue dans la Cathédrale Saint-Pierre de Nantes dès sa construction au
milieu du 15ème siècle.
En 1531, un facteur du nom de Grégoire AMBROSY reçoit la commande d’un orgue neuf. Cet orgue est déplacé sur le jubé en
1555 et reçoit un jeu de Cornet.
En 1619 et 1620, l'orgue à l'origine de celui que nous connaissons aujourd'hui a été construit par le facteur Jacques GIRARDET
d’Angers (Maine-et-Loire). La composition de cet orgue nous est parvenue dans le contrat signé le 11 septembre 1619 dont ci-joint
la reproduction. L’instrument comportait 27 jeux sur 2 claviers manuels de 49 notes et pédalier de 30 notes.
En 1744, le facteur parisien Nicolas COLLAR procède au relevage de l'instrument.
En 1767, Adrien PICARD L’ÉPINE, installé à Paris depuis 1758, est appelé pour diverses réparations et la pose d'un 5ème clavier
avec un jeu de Bombarde. L'année suivante, ce même facteur augmente l'orgue de plusieurs jeux : Grosse Tierce, Grosse
Fourniture, Basson, Hautbois et Trompette du Récit. Une extension du buffet s'avère nécessaire ; elle est réalisée par l'adjonction
de deux tourelles latérales soutenues par des atlantes.
En 1780, le Chapitre est alerté par l'organiste Denis Joubert de l'urgence de travaux à entreprendre. C'est le célèbre facteur
parisien François-Henri CLICQUOT, facteur du Roy et beau-frère de PICARD L’ÉPINE qui est désigné. Le prix réclamé (20 000
livres payables en 4 ans) laisse supposer qu'il s'agit en fait d'une reconstruction. CLICQUOT livre en 1784 un instrument de 49 jeux
répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier de 32 notes avec grand ravalement au fa. Sur l'écusson du tuyau milieu de la plate-
face gauche, on pouvait lire : "Clicquot, facteur du Roi, a refait cet orgue à neuf en 1784". A la Révolution, Denis Joubert sauve
l'orgue neuf de la vente ou de la destruction en le faisant participer aux fêtes révolutionnaires qui se déroulent à la Cathédrale.
Il faudra attendre 1868 pour voir l'instrument enfin restauré par le facteur Joseph MERKLIN de Paris (MERKLIN-SCHÜTZE), facteur
qui a été préféré à CAVAILLÉ-COLL en raison d'un devis moins élevé. Malgré quelques modifications, l'orgue de CLICQUOT est
conservé, Le travail de MERKLIN consistera au remplacement de la soufflerie et du pédalier à la française par un pédalier à
l'allemande de 32 notes et aux modifications de jeux suivantes : Au Positif, remplacement du Plein-Jeu et de la Tierce par un
Salicional 8’ et une Flûte octaviante 4’; au Grand-orgue remplacement du Nasard et de la Grosse Tierce par une Flûte Harmonique
8’ et une Gambe 8’; au Récit, ajout d'un Bourdon 8’.
De 1927 à 1933, à la demande de l’abbé Marcel Courtonne, titulaire depuis 1922, une restauration est confiée à Georges
GLOTON, successeur de DEBIERRE. La traction mécanique des claviers et des jeux est remplacée par une nouvelle transmission
pneumatique. Une console détachée de 4 claviers remplace l'ancienne console de 5 claviers en fenêtre. La mise en place d'un
Récit expressif et l'enrichissement de la palette sonore par l'ajout de 14 jeux permettent l'interprétation de la littérature romantique
et symphonique, tout en préservant la disposition originale de l’orgue. Le récital d’inauguration est assuré par Louis Vierne.
Le 15 juin 1944, l'orgue subit des dégâts à la suite d'un violent bombardement sur Nantes. Un dommage de guerre affecté à
l'instrument permet d'envisager une restauration.
En 1955, un projet ambitieux de Joseph BEUCHET (porter l'orgue de 53 à 89 jeux, en deux tranches de travaux) est accepté. Mais
des travaux sur les voûtes de la nef et sur la tribune en 1961 repoussent l’achèvement des travaux de dix ans, soit en 1971. L'orgue
possède alors 74 jeux réels sur 4 claviers manuels de 61 notes. Les transmissions des claviers et des jeux sont transformées en
électrique. Une nouvelle console à 5 claviers a été construite au pied du grand buffet. L'harmonisation de l'orgue a été confiée à
ELAIN pour les fonds et à DOUDARD pour les anches. Le concert inaugural en novembre 1971 est donné par Gaston Litaize.
L'incendie des combles de la Cathédrale en 1972 ne causa pas de graves préjudices à l'instrument et ce grâce à l’intervention
rapide et courageuse du facteur Joseph BEUCHET qui fit recouvrir l’orgue d’une bâche étanche. L’orgue fut simplement nettoyé lors
de la réouverture de la cathédrale et accordé par l'harmoniste de la maison BEUCHET-DEBIERRE, Claude THIBAUD.
Marie-Thérèse Jehan
HYMNAL de Felix Moreau (1922)
Autres caractéristiques :
74 jeux - 4 claviers manuels de 61 notes et pédalier 32 notes
Transmission électrique des claviers et des jeux
Accouplements : I/II - III/II - IV/II - III/I - IV/I - IV/III
Tirasses : I/P - II/P - III/P - IV/P
Combinateur électronique Pétrique (2005)
Séquenceur
Crescendo programmable
Tutti
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L’entretien de l’instrument était assuré depuis le début des années 2000 par le facteur nantais Nicolas TOUSSAINT.
En 2005, un combinateur électronique a été posé par Joël Pétrique, imposant quelques modifications à la console.
Le samedi matin 18 juillet 2020, un incendie d’origine criminelle a détruit entièrement le grand-orgue. 400
ans d’histoire tout juste, réduits en cendres en moins de deux heures.
On ne peut que souhaiter que les décideurs en charge de la reconstruction redonneront à cette magnifique
cathédrale chargée d’histoire un instrument digne de l’orgue disparu.
Peter Seheult joue Louis Vierne
Symphonie N° 1 en Ré Majeur
Marie-Thérèse Jehan (1980)
Augustin Barié – Marche
Luca Massaglia joue J. S. Bach
Prelude in C minor BWV 546
L’actuelle cathédrale de Nantes est bâtie à l’emplacement de trois précédents édifices catholiques.
D’abord une basilique érigée au 4ème siècle, puis une première cathédrale à trois nefs avec une tour
carrée surmontée d’une lanterne en dôme au 6ème siècle et une deuxième cathédrale romane construite
au 12ème siècle. La cathédrale gothique que nous connaissons aujourd’hui a été érigée au 15ème siècle
sous l’impulsion du duc Jean V de Bretagne qui en a posé la première pierre en avril 1434. Le portail de la
façade est achevé en 1481 et le grand vitrail occidental d’Anne de Bretagne est posé en 1498. La nef et
ses collatéraux ainsi que les tours de la façade sont achevés au début du 16ème siècle mais il faudra
attendre le 17ème siècle pour l’achèvement de la voûte, du transept sud et des arcs boutants. La
cathédrale est fermée à la révolution et sert d’arsenal et d’écurie. La tour sud est surmontée d’une tour de
guet en bois. En 1800 la façade sud est endommagée par l’explosion d’une poudrière dans le château
des ducs tout proche. Le culte est rétabli après le concordat et le bâtiment est alors restauré. Au 19ème
siècle, la démolition des remparts permet l’achèvement du chevet et du bras nord du transept. Le chœur
roman et l’ancienne tour de la croisée du transept sont abattus entre 1876 et 1886. La cathédrale enfin
achevée est inaugurée en 1891. Et malgré ces 457 années de travaux, l’édifice présente une
homogénéité architecturale remarquable. L’édifice est classé aux Monuments Historiques depuis 1862.
En juin 1944, les bombardements alliés causent d’importants dégâts à l’abside et à la sacristie. Les
travaux de restauration s’achèvent en janvier 1972 lorsqu’un incendie accidentel embrase toute la
charpente. Les travaux de restauration dureront jusqu’en 2013 avec la reconstruction du chœur. En juillet
2020, un nouvel incendie, cette fois volontaire, détruit entièrement le grand-orgue ainsi que la console de
l’orgue de chœur. Avec l’incendie du grand-orgue, le vitrail de la façade qui comportait encore des
éléments originaux de 1498 a été totalement détruit.