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Page créée le 04/06/2008   Mise à jour le 07/10/2016 Le grand-orgue Scherrer (1750) de la cathédrale Notre-Dame- du-Réal d’Embrun (05).
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Orgues en France et dans le monde.
Pays : France Région :  Provence-Alpes-Côte d’Azur Départ. : Hautes-Alpes Ville : Embrun Local : Ancienne Cathédrale Notre-Dame-du Réal Facteur : Eustache / Scherrer Année : 1636 / 1750
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La cathédrale Notre-Dame-du-Real est une ancienne cathédrale. Et si l’on peut s’étonner de voir dans cette petite localité une cathédrale, il faut remonter le fil du temps… St Marcellin fonda l’évêché d’Embrun en 365 et y construisit une première église. Une cathédrale fut érigée entre 810 et 826, détruite par les Sarrasins en 916 et restaurée vers 1010. La cathédrale actuelle a été construite entre 1170 et 1220. Le diocèse d’Embrun restera le plus grand diocèse de la région pendant six siècles, jusqu’à la révolution. Et ceci sans doute en raison de l’emplacement stratégique de la cité sur la route du Montgenèvre reliant l’Italie à l’Espagne. , En raison de l’époque de la construction, l’édifice mêle les styles romans et gothiques. On y retrouve également l’influence lombarde dont étaient d’ailleurs certainement venus ses bâtisseurs. Cette influence lombarde se retrouve notamment dans la tour carrée avec son clocher à pyramidons et le chevet de style roman. La nef et ses deux bas-côtés de style gothique se distinguent par le mélange des pierres noires et blanches. Les chapelles du côté sud, qui abritent aujourd’hui le trésor de la cathédrale, ont été édifiées au 14ème siècle.
L’un des éléments les plus remarquables de la cathédrale est son porche nord, dit porche du Réal, sorte de baldaquin supporté par des colonnades en marbre rose posées à l’avant sur deux lions et à l’arrière sur deux atlantes. Le porche abritait au moyen-âge une fresque miraculeuse représentant les Rois Mages autour de l’Enfant Jésus, fresque détruite par les huguenots en 1585. L’édifice a été restauré au cours du 17ème siècle. Le jubé fut remplacé par la grille en fer forgé qui entoure le chœur en 1726. L’évêché fut supprimé après le Concordat en 1802. Une nouvelle campagne de restauration eut lieu en 1843 et 1844. Le clocher fut reconstruit entre 1858 et 1867 après avoir été frappé par la foudre. Une nouvelle restauration a été effectuée par l’architecte Chauvel en 1932.
L’orgue remarquable, suspendu en nid d’hirondelle sur le premier pilier nord de la nef, remonte à un premier instrument qui fut offert, dit-on, par le Roi Louis XI en remerciement pour les miracles accomplis par la Vierge du Réal. Construit en 1463 ou 1464, on n’en connait pas le facteur ni sa composition. Le buffet gothique était entièrement polychromé avec des couleurs vives et des sculptures dorées. Ce buffet existe toujours, sa partie supérieure se trouve depuis 1750 cachée par la façade de SCHERRER. En 1601, Pierre MARCHAND d’Avignon, facteur d’origine flamande, très actif dans la région de 1580 à 1632, reconstruisit un orgue de neuf jeux dans le buffet gothique de 1463. Il conserva les claviers d’une étendue réduite de 41 notes. Les sommiers étaient à ressort. 60% de la tuyauterie de cette époque ou antérieure sont encore présents dans l’orgue actuel ! Un jeu de Cornet a été rajouté un peu plus tard, peut-être par MARCHAND. En 1632 et 1656, les frères Dominique et André EUSTACHE, facteurs et sculpteurs de Marseille, ont restauré l’instrument, en préservant tout le matériel sonore de MARCHAND. Ils ont ajouté quelques jeux au clavier principal porté à 49 notes et ont ajouté un Positif de dos de 6 jeux sur 49 notes ainsi qu’une division de pédale de 12 notes avec un jeu de Flûte 8’. L’orgue comportait alors 21 jeux sur deux claviers et pédalier. En 1728, un facteur du nom de Pierre VEJUX ajoute un clavier d’Echo avec un dessus de CORNET VI sur un sommier de 25 notes. En 1750, le facteur suisse Samson SCHERRER (Genève) a reconstruit l’instrument dans sa disposition sonore actuelle. Le buffet principal a été habillé d’un décor classique pour cacher le buffet gothique. Les tuyaux de façade ont été reconstruits. Il a recomposé le grand-orgue avec une Montre 16’ mais n’a rajouté que très peu de tuyaux. SCHERRER a construit un nouveau Positif de dos. Il a reconstruit les trois sommiers en noyer massif encore présents aujourd’hui. Il a utilisé les éléments de l’ancien Positif de dos pour en faire un petit orgue de deux claviers (aujourd’hui placé dans la chapelle Ste Anne). En 1897, le facteur Théodore PUGET de Toulouse a restauré l’orgue et refait une grande partie de la mécanique. Il a conservé la quasi totalité de la tuyauterie du 17ème et du 18ème siècle, tout en mélangeant les tuyaux… En 1908, la partie instrumentale de l’orgue a été classée aux Monuments Historiques. En 1956, Victor GONZALEZ de Paris a restauré l’instrument en respectant la disposition antérieure. L’harmonisation est reprise dans un style néo-classique et les plein-jeux recomposés. Des extensions de Bourdon sont introduites à la pédale en 16, 8 et 4’ par des transmissions électriques. En 2000, le facteur Pascal QUOIRIN de St Didier (Vaucluse) a procédé au démontage et à l’étude complète de l’orgue (ainsi que de l’orgue de la Chapelle Ste Anne). Voir le lien ci-dessous. De 2002 à 2007, le facteur a entièrement restauré l’orgue et l’a reconstruit dans sa disposition du 18ème siècle. Le buffet de SCHERRER a été conservé, même si le facteur lors du démontage a pu reconstituer sur plan le buffet gothique original, toujours présent (en majeure partie) sous la façade de SCHERRER. La cathédrale a ainsi recouvré l’un de ses principaux bijoux historiques, présent depuis cinq siècles et demi et qui a conservé une très grande majorité de son matériel sonore de 1750 ou antérieur ainsi que ses trois sommiers de 1750 et le buffet de 1464… On ne peut que saluer l’imposant et exemplaire travail du facteur Pascal QUOIRIN.
Autres caractéristiques : 26 jeux - 3 claviers manuels et pédalier Transmission mécanique des claviers et des jeux Accouplement : I/II Tirasse : I/P