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Page créée le 23/10/2009 Mise à jour le 28/01/2021 Grand-orgue Boisseau/Cattiaux (1995) de la Chapelle Royale de Versailles (78)
Pays : France Région : Île-de-France Départ : Yvelines Ville : Versailles Local : Chapelle Royale Facteur : Boisseau/Cattiaux Année : 1995
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De 1663 à 1710, le château de Versailles aura connu cinq chapelles érigées en différents lieux. L’actuelle chapelle royale est la cinquième et dernière. C’est le projet du Roi Louis XIV, mené par son architecte Jules Hardouin-Mansart. Les travaux dureront de 1687 à 1710, avec un arrêt du chantier entre 1690 et 1699. Après la mort de Mansart en 1708, c’est le roi lui-même et l’élève et beau-frère de Mansart, Robert de Cotte, qui mènent le chantier à son terme. La chapelle est érigée entre le Grand Appartement du Roi et l’aile nord, visible à la droite de l’entrée principale du château par la Place d’Armes. L’édifice est conçu sur le style des églises palatines, à trois niveaux. Le rez de chaussée se distingue par ses piliers massifs carrés dont les arcs en plein cintre romans soutiennent le premier étage. La tribune occidentale du premier étage qui fait face au chœur était réservée au Roi. Le plafond uni représentant la Sainte-Trinité est soutenu par les puissantes colonnes corinthiennes du premier étage. La structure de l’église n’est pas sans rappeler la Sainte-Chapelle érigée par Saint-Louis vers 1240 et auquel elle est dédiée. Prévue pour être de la même hauteur que le château, l’église finalement sera édifiée pour dominer les autres bâtiments, son faitage s’élevant à 43 mètres de hauteur. Un lanternon avec sa croix surmonte de 12 mètres la toiture du côté chœur. Le premier étage est surmonté à l’extérieur de 28 statues monumentales réalisées en 1705. Entre 1708 et 1710, la chapelle reçut des fresques et des décors exceptionnels, réalisés par les meilleurs artistes de l’époque. La chapelle a été consacrée en juin 1710 par le cardinal de Noailles, archevêque de Paris. Pendant tout le 18ème siècle, jusqu’à la révolution, la Chapelle Royale de Versailles sera le haut-lieu de la musique baroque et classique française. L’édifice est resté dans son état d’origine, c’est sans doute le mieux conservé du château. L’extérieur de la chapelle vient de faire l’objet d’une grande restauration entre 2017 et 2020. L'orgue de la Chapelle Royale a été construit en 1710 et 1711 par les facteurs parisiens Robert CLICQUOT et Julien TRIBUOT. Cette commande faisait suite à celle d’un premier orgue commandé en 1689 au prédécesseur et beau-frère de CLICQUOT, Etienne ENOCQ, pour la troisième chapelle du château (actuelle salle de garde). L’orgue construit par ENOCQ ne fut jamais installé. Il est difficile de déterminer quels éléments de l’orgue d’ENOCQ furent utilisés par CLICQUOT. Le buffet est réalisé par le sculpteur Jules Degoullons d’après les esquisses du sculpteur parisien Philippe Bertrand. A noter la place particulière qu’occupe cet instrument, au premier étage au-dessus du maître-autel. Ceci pour laisser libre la tribune occidentale occupée par le Roi, auquel l’orgue fait face. Cet emplacement imposait la forme ramassée et élevée du buffet unique, sans Positif de dos, forme inhabituelle pour cette époque. L’orgue fut inauguré en juin 1710 par François COUPERIN. L'instrument avait alors 35 jeux sur 4 claviers et pédalier. En 1736, Louis-Alexandre CLICQUOT refait les sommiers de Grand-orgue et de Pédale et ajoute (peut-être) un jeu à la pédale. En 1762, François-Henri CLICQUOT effectue un relevage, restaure les sommiers dégradés par l’humidité et reconstruit la Trompette 8’ du Récit. A la révolution, l’orgue échappe de peu à la vente, grâce à l’action d’un ancien musicien Jean-Louis Bêche et du facteur Antoine- Jean SOMER, fils de Nicolas SOMER, à qui l’on doit l’orgue du Dauphin. Divers documents de l’époque semblent indiquer une modification de la disposition et un nombre de jeux moins important dans l’orgue à la fin du 18ème siècle. Il ne serait alors resté que 29 jeux dont 3 à Pédale. En 1817, les facteurs parisiens François et Paul DALLERY remplacent le Plein Jeu du Grand-orgue par un dessus de Flûte et ajoutent une Flûte au récit. Ils reconstruisent les tuyaux de la Montre de façade. En 1850, l’entretien de l’instrument, assuré depuis 1817 par les DALLERY, est confié au facteur parisien Aristide CAVAILLÉ-COLL. En 1872 et 1873, Aristide CAVAILLÉ-COLL démonte l’instrument et le reconstruit dans ses ateliers dans un style romantique, ne conservant que quatre jeux des CLICQUOT, mais en sauvegardant le buffet. L’orgue comprend alors 23 jeux sur deux claviers et pédalier. Une console neuve retournée est construite. Le nouvel orgue est inauguré en février 1873 par un récital de Camille Saint- Saëns et de Charles-Marie Widor. En 1882, le buffet de l’orgue est classé aux Monuments Historiques. Vers 1930, l’orgue s’est dégradé et ne peut plus quasiment être joué. Se joue alors une bataille entre Charles Widor qui soutient les projets de Charles MUTIN, successeur de CAVAILLE, et le directeur général des Beaux-Arts, Patrice Bonnet, soucieux d’un retour à l’orgue des CLICQUOT. C’est ce dernier qui obtiendra raison. En 1936 et 1937, le facteur Victor GONZALEZ de Châtillon (près de Paris), reconstruit l'instrument dans le style de CLICQUOT, Il ne s’agissait toutefois pas d’une reconstruction totalement historique, au sens où nous l’entendons aujourd’hui. L’orgue est inauguré en juillet 1937 par l’organiste et compositeur Joseph Bonnet. L'ancien orgue CAVAILLÉ a été transféré d’abord en 1937 au séminaire de Châteaugiron (Ille-et-Vilaine) puis à l'église St Martin de Rennes (Ille-et-Vilaine) en 1974. Il comportait encore les sommiers et quelques tuyaux du 18ème siècle. En 1994 et 1995, une nouvelle reconstruction historique dans la disposition de 1710 (avec quelques ajouts de 1736 et 1762), est effectuée par les facteurs Jean-Loup BOISSEAU et Bertrand CATTIAUX de Béthines (Vienne). La tuyauterie a été reconstituée sur le modèle des quelques tuyaux originaux conservés et sur le modèle de l'orgue CLICQUOT (1739) de l'église St Jacques de HOUDAN. La façade de DALLERY a été gardée pour le musée du Château et une nouvelle façade a été reconstruite à l'identique. La console neuve a été reconstruite au modèle de l’originale, avec des claviers de 50 notes et un pédalier de 30 notes à la française (marches courtes). A noter à la Pédale le ravalement d’anche au LA0 joué sur le 1er Ut# L’orgue de GONZALEZ a été démonté puis restauré et remonté à l'église du St Sacrement de Laroque d'Olmes (Ariège) en 2005, par la Manufacture Languedocienne de Grandes Orgues de Lodève (Hérault). L’orgue BOISSEAU/CATTIAUX a été inauguré en novembre 1995 par Michel Chapuis. En 2010, Bertrand CATTIAUX a effectué un relevage complet de l’instrument. Cette dernière reconstruction historique est un modèle du genre.
Autres caractéristiques : 38 jeux (37 registres) - 4 claviers manuels et pédalier à la française Transmission mécanique des claviers et des jeux Accouplement : I/II - III/II à tiroirs Tirasse : II/P Tremblant fort et doux Diapason : La = 415 Hz Tempérament inégal Corrette à 3 tierces pures
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Sites à consulter :
Les 4 organistes de la Chapelle Royale
Michel Chapuis Notes personnelles (2004)
Jean-Baptiste Robin Louis-Claude Daquin
Bertrand Cattiaux présente son orgue
Présentation de l’orgue par J.P Gousset
Michel Chapuis Inauguration (1995)