Entrez dans le monde magique des orgues.
Page créée le 25/10/2014
Mise à jour le 10/12/2018
L’orgue Clicquot (1783) de
l’église St Pierre & St Paul
de Souvigny (Allier).
Orgues en France et dans le monde.
Pays :
France
Région :
Auvergne-Rhône-Alpes
Départ. :
Allier
Ville :
Souvigny
Local :
Eglise St Pierre & St Paul
Facteur :
Clicquot
Année :
1783
Passion, Découvertes, Partage....
Historique
Disposition
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Photos
Le monastère de Souvigny a été créé en 920 par les moines bénédictins de Cluny, six ans seulement
après la fondation de la maison-mère. C’est ainsi que Souvigny fait partie des cinq « Filles de Cluny »
(prieurés majeurs). La mort et l’inhumation à Souvigny du 4ème abbé de Cluny, St Mayeul, en 994 furent
suivies d’un grand mouvement de pèlerinages. L’édifice actuel fut construit dans la première moitié du
11ème siècle, à une époque où le monastère connaissait un rayonnement grandissant. St Odilon,
successeur de St Mayeul à la tête de Cluny, mourut également à Souvigny et y fut enterré en 1049. (C’est
à St Odilon que l’on doit l’instauration de la Fête des Morts du 2 novembre). L’église de style roman avait
une nef unique subdivisée en trois vaisseaux, d’abord charpentée puis voûtée peu de temps après.
L’église fut consacrée en 1063. La façade occidentale fut reconstruite dans la seconde moitié du 11ème
siècle, avec ses deux tours encadrant la chapelle St Michel située au-dessus du portail. L’édifice fut
agrandi au cours du 12ème siècle. Deux bas-côtés furent ajoutés, formant ainsi cinq nefs, et le chœur fut
déplacé vers l’est pour permettre la construction d’un deuxième transept parallèle au premier. La Chapelle
Vieille fut érigée au sud en 1376 par le duc Louis II de Bourbon où il sera inhumé plus tard ainsi que son
épouse, Anne Dauphine d’Auvergne. Au milieu du 15ème siècle, l’édifice qui s’était dégradé, fut restauré
dans le style gothique, lui donnant l’apparence que nous lui voyons aujourd’hui. Entre 1773 et 1775, une
nouvelle sacristie fut construite au sud du chœur, à l’emplacement de l’ancienne Chapelle des Avents
dont certains pensent qu’elle était peut-être la première église donnée par les Bourbons aux moines de
Cluny en 920. Cette nouvelle sacristie de style baroque est couverte d’une coupole ovale et ses murs sont
recouverts par des boiseries richement sculptées. A la Révolution, alors qu’il y avait encore quinze moines
à Souvigny, le prieuré et le monastère furent vendus comme biens nationaux. Le prieuré fut fort
heureusement converti en église paroissiale. L’église prieurale est classée aux Monuments Historiques
depuis 1840. Depuis 2001, après une campagne de fouilles archéologiques, une restauration d’envergure
de l’édifice a été entamée.
Autres caractéristiques :
28 jeux - 3 claviers manuels et pédalier à la française
Transmission mécanique des claviers et des jeux
Pédalier avec ravalement au FA0 sans FA#0
Accouplement : I/II à tiroir
Tremblants : doux, fort
Diapason : La= 440 Hz - Tempérament inégal
En sus des innombrables richesses qu’abrite l’église St Pierre et St Paul, on ne peut que remarquer le grand-orgue situé en
tribune au fond de la nef. Cet instrument construit par le célèbre facteur parisien François-Henri CLICQUOT en 1783 est l’un des
deux seuls témoins encore existants dans leur état quasi original de ce génial facteur (avec le grand-orgue de la cathédrale de
Poitiers). L’orgue est situé à l’emplacement de l’ancienne chapelle St Michel.
Des parchemins retrouvés dans les sommiers par Hartmann en 1963, indiquent que l’orgue a été construit dans les ateliers de
CLICQUOT en 1782 et installé et mis en fonction dans le prieuré en 1783. Les armoiries sur le panneau de l’ange musicien
(tourelle centrale), laissent à penser que cet instrument fut donné à l’église par le « prieur claustral », Dom La Croix. (Prieur
claustral : adjoint du prieur, lui-même dépendant de l’abbé du monastère).
Cet instrument, au contraire de bien d’autres, a très vite été considéré comme un instrument de grande valeur historique. Il fut
remarqué et cité par Alexandre DUMAS lors de son passage à Souvigny en 1834.
En 1841, la maison DAUBLAINE ET CALLINET effectue un relevage.
En 1880, un devis de MERKLIN pour restaurer l’instrument reste sans suite.
En 1887, le facteur GOYADIN de Dourdan, ancien ouvrier de CAVAILLE-COLL, a effectué des travaux. Le diapason a été
haussé d’un ton en coupant la tuyauterie et des réservoirs à double plis ont remplacé les soufflets cunéiformes.
En 1900, Charles MUTIN constate le parfait état de l’instrument, de même que Bernard GAVOTY en 1935.
Le buffet de l’orgue a été classé aux Monuments Historiques en 1947.
Une soufflerie électrique est enfin installée, en 1960…
En 1963, le facteur Philippe HARTMANN de Raynans (Jura) effectue un relevage de l’orgue, découvrant les parchemins cités
plus haut.
En 1975, la partie instrumentale est classée aux Monuments Historiques.
En 1977, HARTMANN rétablit un tremblant doux et reconstruit les soufflets cunéiformes.
L’orgue est quasiment dans son état original et nous transmet plus de deux siècles plus tard les incroyables subtilités sonores
des jeux conçus par son créateur.
Après avoir été entretenu par HARTMANN, puis par la maison AUBERTIN de Courtefontaine (Jura), l’instrument est depuis 2013
aux bons soins du facteur Michel JURINE de Rontalon (Rhône).
Tous les automnes, l’orgue du prieuré est au centre d’un Festival de Musique Baroque.
En 2018, l’Association des Amis de l’Orgue Clicquot de Souvigny a été créée avec pour objet de mettre en valeur ce vénérable
instrument et de rassembler les fonds nécessaires à sa restauration.
Merci à Jean-Luc Perrot, co-titulaire et successeur d’Henri Delorme, président de l’AOCS, pour sa communication.
Jean-Luc Perrot,
joue J.F Dandrieu
Odile Bailleux
joue J. Boyvin