Orgues en France
et dans le monde.
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Historique Photos
Toul (54)
Ancienne Cathédrale St Etienne
Schwenkedel, 1963
Composition :
| I.
Positif de dos |
II. Grand-Orgue |
III. Récit
expressif |
IV.
Écho |
Pédale |
| |
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|
|
|
| Montre 8' |
Montre 16' |
Quintaton 16' |
Bourdon en bois 8' |
Principal 32' |
| Bourdon 8' |
Montre 16' |
Flûte à cheminée 8' |
Flûte à cheminée 4' |
Principal 16' |
| Prestant 4' |
Bourdon conique 8' |
Dulciane 8' |
Principal 2' |
Soubasse 16' |
| Flûte 4' |
Flûte 8' |
Voix céleste 8' |
Flûte 2' |
Principal 8' |
| Nazard 2 2/3' |
Prestant 4' |
Octave 4' |
Tierce 1 3/5' |
Flûte à fuseau 8' |
| Doublette 2' |
Flûte à cheminée 4' |
Doublette 2' |
Sifflet 1' |
Principal 4' |
| Tierce 1 3/5' |
Doublette 2' |
Cornet V |
Cymbale III |
Flûte 4' |
| Larigot 1 1/3' |
Quarte 2' |
Carillon III |
Ranquette 16' |
Bourdon 2' |
| Fourniture IV |
Flûte 1' |
Plein-Jeu IV-V |
Voix humaine 8' |
Rauschpfeiffe III |
| Cymbale III |
Sesquialtera II |
Trompette 8' |
Chalumeau 4' |
Grosse mixture V |
| Trompette 8' |
Fourniture V-VI |
Basson-Hautbois 8' |
|
Bombarde 16' |
| Cromorne 8' |
Cymbale IV |
Clairon 4' |
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Trompette 8' |
| Clairon 4' |
Bombarde 16' |
|
|
Douçaine 8' |
| |
Trompette 8' |
|
|
Clairon 4' |
| |
Clairon 4' |
|
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|
Autres caractéristiques :
63 jeux - 4 claviers manuels de 56 notes et pédalier 32 notes
Traction mécanique des claviers / Mechanical key action
Traction électro-pneumatique des jeux
Accouplements : POS/GO, REC/GO
Tirasses : POS/PED, GO/PED, REC/PED, ECHO/PED
Combinaisons libres : 5
Tutti
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L'installation du premier orgue de la cathédrale remonte à 1356 sous
l'épiscopat de l'évêque Bertrand de la Tour d'Auvergne. Commandé au
sieur Huart de Vaucouleurs, il est installé l'année suivante. Vu qu'à
ce moment, les travées occidentales de la nef ne sont pas encore
terminées, l'orgue est installé dans la chapelle du transept nord. Il
demeurera à cet endroit jusqu'en 1534.
En janvier 1413, les chanoines décident de reconstruire l'orgue et en
confient le mandat au maître Pierre, de Paris, au coût de 90 écus.
L'orgue est terminé le 17 mai 1414.
Le 15 juillet 1460, les chanoines commandent au maître Saint-Esprit, de
Besançon, de fournir de l'étain à Jehan de Recestain, afin qu'il puisse
reconstruire l'orgue. Cet instrument est inauguré le 23 avril 1462. De
1511 à 1513, un nouvel instrument est construit et installé par
Jacquemin Jacquot. Cet instrument, réparé en 1542, est donné, en 1545,
à l'église paroissiale Saint-Jean-du-Cloître.
De 1533 à 1534, un nouveau grand orgue est construit et installé
au-dessus de la porte occidentale. Celui-ci devait être de même taille
que l'ancien puisque le facteur a reçu un montant de 200 écus d'or pour
son travail. Malheureusement, les archives n'ont pas conservé le nom de
ce facteur.
L'instrument est réparé en 1596 par Florent et Nicolas Hocquet. De
nouvelles réparations sont exécutées en 1661. Restauré en 1677, cet
orgue est enlevé au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle pour
faire place à un nouvel instrument.
En 1740, les chanoines décident d'ériger un grand instrument qui soit
digne du magnifique édifice et pour ce faire, ils s'adressent à
plusieurs facteurs: François Thierry, Charles Cachet et Johann Andreas
Silbermann. Thierry décline l'offre se disant incapable personnellement
de s'occuper du projet. Il invoque l'éloignement de ses ateliers et ses
nombreuses responsabilités en cours. Sans doute pour les mêmes raisons,
on ne fit pas appel à Christophe Moucherel qui est occupé avec le grand
orgue de la cathédrale Saint-Just, de Narbonne. Son frère, Claude
Moucherel meurt le 29 décembre 1744 avant que le chapitre n'ait rendu
sa décision.
En 1746, un devis pour un grand huit pieds de 44 jeux sur 4 claviers et
pédalier leur est présenté par Charles Cachet, de Langres. Cette
démarche reste sans suites. Vers 1749, Johann Andreas Silbermann est
averti par Dom Georges Franck, bénédictin de l'abbaye de Munster
(Haut-Rhin), que les chanoines one réservé la somme de 30 000 livres
pour la construction d'un orgue neuf. Silbermann aurait envoyé un
dessin d'orgue de 16 pieds, mais ses délais ont peut-être découragé les
chanoines. Le facteur était en effet très occupé, notamment à la
réalisation de son chef-d'oeuvre du Temple-Neuf à Strasbourg.
Ce n'est qu'en 1750 que le chapitre se décida enfin à faire construire
un grand instrument. Au même moment, un jeune facteur, Nicolas Dupont,
termine un grand orgue, commandé par le roi Stanislas, pour la nouvelle
église Saint-Jacques de Lunéville. Le chapitre envoie des experts à
Lunévile pour examiner l'instrument; ils en reviennent enchantés et, à
la réunion du 16 juillet 1751, ils soumettent leur rapport louangeant
la fabrication solide et l'excellente sonorité de l'instrument. Après
plusieurs réunions du comité chargé des plans et des spécifications,
les chanoines accordent, le 22 juillet 1751, le contrat à Nicolas
Dupont pour la somme de 28,650 livres d'argent de Paris. Le fait que
Dupont ait été l'élève de François Thierry à Paris influa sans doute le
choix des chanoines.
Le 1er septembre 1751, l'architecte Charpy, de Toul, est chargé de
construire une vaste tribune au-dessus de l'entrée principale pour
recevoir l'instrument et ce, au coût de 5,200 livres d'argent de
Lorraine avec une prime de 120 livres de France. La tribune, complétée
le 14 juillet 1752, est un véritable chef-d'oeuvre qui remplit
totalement la première travée de la nef. La tribune est fermée par une
magnifique balustrade de pierre de près de 4 pieds de hauteur et percée
au centre pour recevoir le buffet du Positif.
Un buffet aux dimensions inhabituelles est ensuite installé au coût de
1,200 livres de Lorraine. Sa construction est confiée à trois artistes
de Toul: le sculpteur Athanase Lacourt, et les maîtres charpentiers
Gennevaux et Labonté. L'imposante structure se compose principalement
de deux énormes tours reliées par une immense corniche semi-circulaire.
Au centre, trois tours plus petites sont disposées de façon à cacher le
moins possible la rosace. Le buffet du Positif possède trois tours dont
la plus haute est placée au centre.
L'instrument possède quatre claviers et 41 jeux. Il est inspecté les 6
et 7 juin 1755 par le facteur Karl Joseph Riepp, de Dijon, et par
François Saignelay, organiste de la cathédrale de Metz. La réception
officielle a lieu le 14 juin 1755. Cet instrument est l'un des plus
beaux et des plus complets de France. Nicolas Dupont revint en 1766
pour réviser entièrement son ouvrage, notamment la soufflerie.
Le premier titulaire, Jean-Baptiste Nôtre (1732-1807), est nommé le 31
octobre 1754. Il est l'auteur d'un Livre d'orgue manuscrit qui contient
8 suites du Premier au Huitième Ton écrites pour orgue sans emploi de
la pédale et peuvent aussi être jouées sur des instruments comme le
piano ou le clavecin. Son successeur jusqu'à la Révolution est Benoît,
l'un de ses élèves.
L'instrument semble avoir traversé sans encombre la Révolution. À la
réouverture de l'église, le dernier des moines bénédictins de
Saint-Mansuy, Dom Anotine Jourdez, fait restaurer l'orgue et assume le
poste d'orgue jusqu'au 30 septembre 1828. Son successeur, Albarca,
d'origine espagnole, est le fils de l'organiste de la cathédrale de
Nancy.
En 1841, le chapitre confie la restauration de l'orgue au facteur
Joseph Curvillier, un élève de Dupont et de Vautrin. Il porte l'étendue
des claviers principaux de 50 notes à 53 notes. Il remplace la Tierce
du Positif par une Flûte 4', ajoute un Hautbois 8' et un Bourdon 8' au
Récit, et une Flûte 16' et une Bombarde 16' à la pédale. Ces travaux
sont reçus le 15 juillet 1841 par Abarca, organiste de la cathédrale de
Nancy.
En 1870, au cours de la guerre germano-française, l'orgue et la rosace
de la façade occidentale sont considérablement endommagés par les
bombardements. En 1872, l'orgue est nettoyé et réparé par le facteur
Henri Jacquet, de Bar-le-Duc. Il remplace les 8 soufflets cunéiformes
par un réservoir unique et livre de nouveaux claviers. Au Grand-Orgue,
il pose un Salicional 8' et une Flûte harmonique 8' à la place des deux
Tierces. La Quarte de Nasard est baptisée Octave 2'. Au Positif, il
supprime la Cymbale et le Larigot, et installe une Gambe 8'. Enfin
l'Écho est supprimé.
Le même facteur livre, en 1872, un orgue de choeur, comprenant 4 jeux,
plus 2 demi-jeux, dans un buffet néo-gothique. Ce petit instrument
servait pour l'accompagnement, assisté par une Contrebasse à cordes
jusqu'en 1920, où le Bourdon 16' est rendu jouable à la pédale par la
maison Théodore Jacquot, de Rambervillers.
L'organiste Joseph-Marie Oury, nommé le 20 septembre 1878, supervise la
restauration de l'orgue en 1881. Les travaux sont effectués par le
facteur Jean Blesi, de Nancy: il met en place un Récit expressif de 10
jeux, une machine Barker est posée au Grand-Orgue, à la pédale, il
ajoute une Soubasse 16', une Quinte 10 2/3' et un Violoncelle 8', sur
des sommiers à pistons. Les projets de Joseph Oury étant plus
ambitieux, la fabrique doit freiner ses ardeurs par manque d'argent.
L'orgue modernisé est inauguré le 3 octobre 1880 par Joseph Oury,
Auguste Joly et l'abbé Mansuy.
De nouveaux dommages de guerre sont réparés en 1920 par Théodore
Jacquot, qui, au cours d'une restauration complète de l'instrument,
ajoute une machine Barker pour le Récit et un ventilateur électrique.
Lorsqu'une nouvelle restauration fut envisagée en 1934, c'est
Edmond-Alexandre Roethiger qui en est chargé. Effectués en 1935, les
travaux se limitent en fait à une reconstruction de la mécanique et de
la soufflerie. Les languettes de jeux d'anches sont changées, mais la
composition reste celle de 1880.
Le 20 juin 1940, lors d'un duel d'artillerie aérienne, la charpente de
l'édifice est incendiée et le feu se communique à l'instrument le
détruisant complètement.
Vers 1960, l'orgue de choeur est remis en état et transformé par Curt
Schwenkedel et Philippe Hartmann, en attendant la reconstruction du
grand orgue. Ce petit instrument est ensuite vendu en 1983 à
Saulxures-les-Nancy.
Après plusieurs années de travaux, un instrument neuf est commandé à Curt Schwenkedel, de Strasbourg, dès mai 1960.
Comme la tribune n'a été restaurée qu'en mai 1962 et le montage ne put commencer qu'en février 1963.
Le nouvel instrument fut inauguré le 23 juin 1963 par Gaston Litaize.
Construire un orgue de plus de 60 jeux et 4 claviers en traction
mécanique était alors une oeuvre de pionnier, et cet instrument marqua
une évolution vers une esthétique plus néo-baroque que néo-classique.
Le buffet est dessiné par Georges Lhôte en accord avec l'architecte des
Monuments Historiques. Bien qu'on ait l'impression d'avoir affaire à un
orgue sans buffet, les tuyaux de façade n'étant pas surmontés de
couronnements, chaque plan sonore, y compris la pédale, est abrité par
un caisson qui n'est ouvert que vers l'avant et dont le plafond se
trouve sous la ligne de crête des tuyaux de façade. Les tuyaux de
façade sont en zinc électrolytique pour les plus grands, en étain pour
ceux du milieu au grand-orgue et ceux du Positif de dos, et en cuivre
pour ceux du Grand-Orgue qui cachent les jalousies du récit, en hauteur
et au second plan.
En 1987-1988, un relevage complet est effectué par Gérard Jourdain qui,
à la demande de Jean Bizot, rend le quatrième clavier expressif et
ajoute un tremblant au Grand-Orgue. Par la suite, l'instrument est de
moins joué car la cathédrale est de moins en moins fréquentée.
En 2002, pour remettre l'instrument en marche, le facteur Jean-Baptiste
Gaupillat doit patiemment nettoyer l'instrument de tonnes de poussières
et de couches épaisses de fientes de pigeons puis procéder à une
restauration complète de la tuyauterie.
La réception des travaux a eu lieu le 2 juin 2002 lors d'un concert donné par Marie-Claire Alain.
Seuls des filets de protection (contre la gent volatile qui trouve
toujours le moyen de pénétrer) sont encore là pour témoigner des affres
du passé.
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