Page créée le 19/04/2026
Grand-orgue Verdalonga (1798)
de la cathédrale Sainte-Marie
de Tolède (Castille-La Manche)
Orgues en France et dans le monde.
Pays :
Espagne
Région :
Castille-La Manche
Ville :
Toledo
Local :
Catedral de Santa-Maria
(Orgue de l’Empereur)
Facteur :
Gaytan / Verdalonga
Année :
1549 / 1798
Historique
Disposition
Carte
Photos
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La construction de cette imposante cathédrale a débuté en 1226, sous le règne du roi Ferdinand III de Castille et León, à
l’emplacement d’une première église du 6ème siècle, transformée par les musulmans en mosquée et elle-même transformée en
cathédrale primatiale dédiée à la Vierge en 1088 lors de la Reconquista. A la fin du 13ème siècle la cathédrale avait acquis son
aspect extérieur tel que l’on peut le voir aujourd’hui, dans le style gothique français. L’édifice long de 120m comprend
cinq nefs voûtées dont deux bas-côtés extérieurs, un transept non-saillant et le chœur dans une grande abside semi-
circulaire avec un double déambulatoire bordé de chapelles. La façade occidentale a été achevée au 15ème siècle et
elle comprend la grande tour à gauche, trois portails d’accès dont au centre la Porte du Pardon et une tour inachevée
sur la droite couverte d’un dôme octogonal et d’une lanterne et qui renferme la chapelle mozarabe. Cette façade a été
restaurée, avec des influences néo-classiques, par l’architecte Durango entre 1775 et 1787. D’autres portes permettent
l’accès à la cathédrale : la porte des Lions, ou Porte de la Joie, sur la façade sud du transept, construite entre 1460 et
1466 et superbement décorée dans le style hispano-flamand; la porte dite « simple », de plain-pied, sur la même rue et
construite en 1800 dans le style néoclassique; la porte de l’Horloge du 14ème siècle sur la façade du transept nord; les portails de
Santa Catalina et de la Présentation du 16ème siècle qui donnent accès au cloître du 14ème siècle qui borde la cathédrale sur sa
façade nord. La cathédrale abrite un nombre impressionnant de chapelles, de retables, de statues et d’œuvres d’art qu’il serait
présomptueux de décrire ici mais qui méritent largement une visite. Parmi ces trésors, citons la voûte transparente rococo de
Narciso Tomé, l’ostensoir en or de Jaume Almerique dans une tour en argent et la sacristie qui abrite en autres des œuvres du
Greco, du Caravage ou de Goya. La cathédrale fait partie de l’ensemble de la Ville historique de Tolède classée au Patrimoine
Mondial de l’UNESCO depuis 1986.
Cette cathédrale n’abrite pas moins de sept orgues en état de fonctionnement dans la nef, trois grands orgues, un Positif et trois
orgues portatifs…plus trois orgues dans les chapelles San Pedro, Reyes Nuevos et Sagrario.
L’orgue de l’Empereur objet de cette page est historiquement le plus ancien. Il porte ce nom car il a été construit sur la façade sud
du transept à l’époque où l’empereur Charles Quint faisait son entrée dans la cathédrale par la Porte des Lions.
En 1543, le facteur Gonzálo HERNÁNDEZ de Cordoue a entamé sa construction puis après son décès l’orgue a été achevé par
Juan GAYTÁN de Tolède en 1549. L’une des nombreuses particularités de cet instrument est son buffet en pierre conçu par
l’architecte Alonso de Covarrubias.
L’orgue a été entièrement reconstruit vers 1798 par le facteur José VERDALONGA, qui avait achevé l’orgue du « Coro », côté
évangile. C’est l’orgue que nous connaissons aujourd’hui. Il comporte 36 jeux (54 demi-jeux) sur deux claviers manuels divisés de
53 notes et un pédalier de 12 pédales doubles.
L’instrument n’a jamais été modifié. Seul un relevage a été effectué en 1897 par le facteur Pedro ROQUÉS de Saragosse.
Il ne fut que peu utilisé surtout au 20ème siècle, ce qui explique son parfait état de conservation, même s’il a souffert de l’usure du
temps, de l’empoussiérage et de la déformation de certains tuyaux.
En 1967, la manufacture ORGANERIA ESPAÑOLA S.A. de Azpeitia (País Vasco), sous la direction de Ramón González de
AMEZÚA, a entièrement restauré l’orgue.
Dans son rapport de restauration, AMEZÚA souligne le caractère exceptionnel de l’instrument qui ne comporterait que peu
d’éléments de l’orgue de 1549. L’installation de ce grand-orgue de 36 jeux dans un espace restreint a nécessité beaucoup
d’ingéniosité et de savoir-faire de son concepteur.
L’ensemble des éléments originaux ont été conservés et restaurés, à l’exception du mécanisme d’action de la soufflerie qui prenait
une place excessive. Ce dispositif de type balançoire a été stocké pour être conservé. Les sommiers étaient en parfait état. La
mécanique des claviers a été minutieusement restaurée pour lui redonner toute sa précision. La console était également en parfait
état, et ce grâce à l’utilisation très épisodique de l’instrument. Les tuyaux étaient en bon état général, à l’exception des tuyaux de
chamade et des gros tuyaux de Contras, déformés ou affaissés. Ces tuyaux ont été redressés. La tuyauterie a été restaurée et les
anches ont été démontées et restaurées.
La disposition du Positif est singulière en raison du nombre élevé de ses chamades, sans doute parce que l’espace restreint du
buffet ne permettait pas d’y loger les anches et aussi du caractère solennel que l’on a voulu lui donner.
A la Pédale, il faut noter que le Contras 32’ et les deux Contras 16’ ne comportent chacun que deux tuyaux, pour douze notes :
VERDALONGA a inventé avec plus d’un siècle d’avance les tuyaux polyphones qui grâce à des clapets et des ouvertures donnent
six hauteurs de son différentes par tuyau… Pour les mêmes raisons que pour le Positif, plusieurs jeux de Pédale sont en chamade.
Également remarquable, la disposition du pédalier qui grâce à ses doubles pédales permet de jouer soit les jeux seuls du pédalier,
soit les mêmes jeux en accouplement avec le Grand-orgue. (Voir la photo ci-dessus)
La qualité de sa facture, l’ingéniosité de sa conception et la qualité et la force de ses sonorités, donnent à cet orgue un caractère
véritablement exceptionnel et justifient largement l’intérêt qui lui est aujourd’hui porté.
Cet instrument est utilisé pour de fréquents récitals et notamment pour la « Bataille des Orgues » de la cathédrale Sainte-Marie
chaque année.
Autres caractéristiques :
36 jeux - 2 claviers manuels divisés et pédalier
Transmission mécanique des claviers et des jeux
Diapason : La = 415 Hz
Tempérament mésotonique
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