Entrez dans le monde magique des orgues.
Page créée le 27/07/2008   Mise à jour le 05/10/2016 Le grand-orgue Silbermann (1741) de l’église luthérienne St Thomas de Strasbourg (67).
Index par pays Index par pays A propos A propos Accueil Accueil Sources et liens Sources et liens Facteurs d’orgues Facteurs d’orgues Contact Contact
Orgues en France et dans le monde.
Pays : France Région :  Alsace Départ. : Bas-Rhin Ville : Strasbourg Local : Eglise luthérienne St Thomas Facteur : J.A Silbermann Année : 1741
Passion,     Découvertes,     Partage....
Historique
Disposition
Carte
Cliquer
Haut de page Haut de page Retour France alpha Retour France alpha
Photos
Retour France Dept. Retour France Dept.
Autres caractéristiques :  38 jeux - 3 claviers manuels de 49 notes et pédalier 27 notes Transmission mécanique des claviers et des jeux Mecanique suspendue pour les claviers Accouplements : I/II à tiroir - III/II Tirasses : II/P - III/P Tremblant doux I/II et tremblant doux III Diapason : La = 392 Hz - Tempérament égal
Il existait vraisemblablement à cet emplacement un sanctuaire chrétien dédié à St Thomas dès le 4ème siècle. En 820, une église, toujours dédiée à St Thomas fut construite par l’évêque Adeloch. Le sarcophage de ce dernier, construit au début du 12ème siècle et toujours conservé dans l’église est un chef-d’œuvre de la sculpture romane. Cette ancienne église fut détruite lors de l’incendie de la ville en 1007, reconstruite, puis de nouveau incendiée par la foudre en 1144. La construction de l’église actuelle, commencée en 1196 par l’imposante tour-porche de style roman, durera plus de trois cents ans pour s’achever en 1521 par la chapelle des Saints Evangélistes de style gothique tardif.
L’édifice est une église-halle à cinq nefs d’égale hauteur avec un transept gothique surmonté d’une coupole située dans la tour-clocher hexagonale de la croisée du transept. Le chœur est encadré par deux chapelles latérales gothiques. Dès 1524 l’église St Thomas abandonna le catholicisme pour adopter le rite luthérien, ce qui lui a valu le qualificatif de « Cathédrale du protestantisme en Alsace ». A noter des fresques du 13ème siècle et des verrières remarquables dont la rosace derrière le grand-orgue.
Cet instrument historique a été construit de 1737 à 1741 par Jean-André SILBERMANN. Jean-André était le fils d’André, le fondateur de la dynastie installé à Strasbourg et le neveu de Gottfried installé en Saxe et créateur de nombreux instruments en Allemagne ou en Suisse. L’église possédait des orgues depuis le 14ème siècle. L’instrument de SILBERMANN remplaçait un orgue datant de 1515 et construit par Hans SCHENTZER. Conformément à son habitude, SILBERMANN ne conserva rien de l’ancien instrument. Le buffet dessiné par SILBERMANN est l’œuvre de RIEDINGER. La tourelle trilobée du grand-orgue est caractéristiques des réalisations de Jean-André SILBERMANN. La console en fenêtre remplacée en 1979 a été conservée et exposée dans l’église. A l’origine, l’instrument comptait 31 jeux sur trois claviers dont un dessus d’Echo de trois jeux et pédalier. C’était l’une des plus belles réalisations de Jean-André. Ce dernier accompagna d’ailleurs W.A MOZART qui vint y jouer en 1778 et loua la réalisation pour sa qualité sonore.
En 1790, Conrad SAUER, contremaître de Josias SILBERMANN, le fils de Jean-André, rajouta un dessus de Trompette à l’Echo. En 1836, Martin WETZEL, élève de SAUER et installé à Strasbourg, effectua d’importantes modifications à la demande de l’organiste Théophile STERN : au Grand-orgue la Tierce et la Cymbale sont remplacées par une Flûte 4’ et un Salicional 8’, au Positif la Tierce et la Fourniture sont remplacées par un Cor de Daim 4’ et un Quintadon 8’ et le clavier d’Echo est remplacé par un clavier de Récit comprenant huit jeux. En 1860, Martin WETZEL a remplacé le Nasard du Positif par une Flûte harmonique de 4’, le Nasard du grand-orgue par une Flûte traversière de 8’ et la Quinte 5 1/3’ de la pédale par un Violoncelle 8’. En 1908, DALSTEIN-HAERPFER de Boulay en Moselle effectue une restauration importante de l’orgue. Grâce à l’intervention d’Albert SCHWEITZER, très proche de la paroisse St Thomas, l’instrument échappa à la pneumatisation et à la romantisation souhaitée par certains et eut droit à une restauration exemplaire qui préfigure la réforme alsacienne de l’orgue. Le diapason est toutefois rehaussé à 435 Hz. Le Quintadon de WETZEL est remplacé par une Cymbale III, la pédale est étendue à 27 notes et une tirasse est rajoutée. En 1927, Georges SCHWENKEDEL de Strasbourg effectue des travaux et notamment la pneumatisation de la transmission. Toutefois la disposition originale du grand-orgue et de Positif sont à peu près restituées. En 1938, Georges SCHWENKEDEL transforme le petit Récit de WETZEL en un Récit expressif de 20 jeux. En 1943, le même SCHWENKEDEL effectue des réparations et rajoute une Flûte de 16’ et un Posaune à la pédale. En 1956, Ernest MULHEISEN de Strasbourg électrifie la traction du grand-orgue, du Positif et de la pédale. Le récit garde sa traction pneumatique. L’harmonisation n’a plus grand-chose à voir avec celle de SILBERMANN et le buffet de 30 jeux en comporte alors 58…dont 17 d’origine. En 1964 a été créée l’Association des Amis de l’Orgue Silbermann de St Thomas, avec pour vocation d’aboutir à la restauration de l’instrument historique. Albert SCHWEITZER en fut membre honoraire jusqu’à son décès en 1965. En 1971, la partie instrumentale de l’orgue a été classée aux Monuments Historiques. En 1973 c’est le buffet et la balustrade de tribune de RIEDINGER qui ont été classés. Entre 1977 et 1979, à partir du reliquat historique non négligeable (900 tuyaux environ), Alfred KERN a réalisé une restauration majeure de l’orgue de SILBERMANN, lui restituant sa disposition et son harmonisation originales. Seule concession, le dessus d’Echo d’origine a fait place à une division d’Echo de 49 notes avec 10 jeux. La console de SILBERMANN a été remplacée par une console neuve faite sur son modèle, l’originale étant exposée dans l’église. En 2008 et 2009, le facteur Quentin BLUMENROEDER de Pfaffenhoffen (Bas-Rhin) a effectué un relevage de l’orgue. Une soufflerie neuve avec deux grands soufflets cunéiformes a été réalisée. L’harmonisation des jeux d’anches a été reprise par Jean- Marie TRICOTEAUX de Praden (Suisse). On peut penser qu’après la remarquable restauration de KERN et le relevage de 2009 l’orgue de St Thomas sonne d’une façon très proche de celle de 1741. Il s’agit là d’un instrument tout à fait exceptionnel, témoin remarquable de la facture alsacienne du 18ème siècle.
La console de 1741 Les derniers Les derniers