Orgues en France et dans le monde.

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St Savin  (65)                                       

Eglise abbatiale


Anonyme, 1567 - Sals, 1998


Composition :

Clavier 
 
Montre 8' ( basses & dessus)
Prestant 4'
Douzième 2 2/3'
Flûte bouchée 2'
Dix-neuvième 1 1/3'
Vingt-deuxième 1'
Régale 16' ' (en bambou)

Autres caractéristiques :
7 jeux - 1 clavier manuel divisé



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Historique :



L'instrument anonyme de Saint-Savin fut, pendant quatre siècles, le seul orgue de tout le Lavedan et demeure l'un des plus anciens de France.

C'est sous l'administration de François de Foix Candale, Abbé de 1543 et 1593, que fut construit cet orgue, comme le laisse entendre l'inscription peinte au-dessus du clavier: « Hoc organu(m) factu(m) fuit ad honor(em) totius cursae celestis an(no) 1557 » (« Cet orgue a été élevé en l'honneur de toute la cour céleste, en l'an 1557 »).

Précieux vestige d'un monastère d'abord florissant, puis abandonné et enfin transformé en paroisse, l'instrument fit l'objet d'un relevage par Antoine Riballier, en 1618.

Si l'on connaît le nom de plusieurs de ses organistes pendant le XVIIe siècle, on ignore son histoire pendant le XVIIIe siècle. Abandonné sous la Révolution, il fut alors pillé de sa tuyauterie.

Le soubassement du buffet est habillé de panneaux couverts de peintures du plus haut intérêt, consistant en des marbres en trompe-l'oeil, des fleurs, des violons, musettes, hautbois et violes, des partitions musicales aux feuillets ouverts, des personnages de l'Ancien Testament (Adam, Ève, le serpent, David, les prophètes Jérémie, Isaïe et Daniel, les sibylles Hellespont, Tibur et Agrippa) et du Nouveau Testament (Saint Pierre et Saint Paul). À gauche et à droite du clavier, sont peints l'Agneau de Dieu et des motifs grotesques.

Enfin l'orgue comprend des accessoires visuels et sonores que peut actionner l'organiste: des étoiles, des masques à mâchoires et yeux articulés, un rossignol, un tremblant.

Il faudra attendre les années 1970 pour que Xavier Darasse et Jean-Pierre Decavèle (respectivement Rapporteur auprès de la Commission Supérieure des Orgues Historiques et Technicien-Conseil auprès du Ministère de la Culture) lancent le projet d'une restauration. En 1994, la D.R.A.C. de Toulouse décide une restauration « à l'identique » de cet instrument quasi mythique.

D'origine, subsistaient le buffet, les sommiers, les faux-sommiers, les registres « à l'italienne » (transversaux et non tirés), deux soufflets cunéiformes, des morceaux de claviers, de rares fragments de tuyaux, des traces d'étiquettes de registres et de passage de mécanique, des diamètres de trous, inscriptions de notes, etc.: suffisamment pour reconstituer l'ensemble dans sa physionomie primitive.

Ce travail de restauration a été mené à bien par Alain Sals et Charles Henry, facteurs d'orgues à Entrechaux pour la partie instrumentale, par l'entreprise G. Simian de Saint-Gret pour la tribune et enfin par Pierre Belin et Françoise Bernon pour les peintures.

L'étendue du clavier est particulière: de Fa1 à La4 (sans premiers Fa# et Sol#, ni dernier Sol#).

La mécanique est directe, « en éventail », sans abrégé. Les huit jeux sont dans l'esprit du « ripieno » italien.

Le diapason est au La 365 (soit une tierce mineure plus bas que le ton moderne).
Le tempérament est mésotonique, ce qui exclut de jouer des musiques comportant trop d'altérations mais favorise merveilleusement une assez abondante littérature européenne pour un clavier en provenance d'Italie, des Pays-Bas, de l'Espagne, de Portugal, de l'Allemagne, de la France, etc.



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Photos :

St Savin Eglise

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