Orgues en France
et dans le monde.
Retour France Alpha Retour Départements Retour tous pays
Historique Photos
St Quirin (57)
Eglise priorale
J.A. Silbermann, 1746
Composition :
| I /
Grand-orgue | II / Echo | Pédale |
| | | |
| Bourdon 8' | Bourdon d'Echo 8' | Octavebasse 8' |
| Prestant 4' | Prestant d'Echo 4' | Trompette 8' |
| Flûte 4' | Cornet d'Echo III | |
| Nazard 3' | | |
| Doublette 2' | | |
| Tierce 1 3/5' | | |
| Cornet V | | |
| Fourniture III | | |
| Cymbale II | | |
| Cromorne 8' | | |
Autres caractéristiques :
15 jeux - 2 claviers manuels et pédalier
Transmission mécanique des claviers et des jeux
Tremblant doux
Tremblant fort
Haut de page
Après la
signature du contrat, en 1744, par Placide Schweighaueuser abbé de
Marmoutier, Jean-André SILBERMANN alors âgé de 29 ans commençait les
travaux en atelier. En fait il commença la construction de deux
instruments identiques, l'autre étant destiné à la paroisse de Guémar
(Ht-Rhin) (cet instrument se trouve aujourd'hui à Griesheim-sur-Souffel
(Bas-Rhin) : il est mutilé).
Le 15 juin 1746, le lourd attelage de Jean-André SILBERMANN, après une
nuit de repos à l'abbaye de Marmoutier, arriva vers 16 heures aux
portes de la nouvelle église priorale de Saint-Quirin. Aussitôt, avec
les aides proposés par le prieur, le matériel fut hissé à la tribune et
les travaux d'assemblage commencèrent...
Jean-André, aidé par son jeune frère Jean-Henri (18 ans), travaillait
de 5 heures du matin à 8 heures du soir, en marquant un arrêt d'une
heure à midi. Ainsi, il n'est pas étonnant que dès le 20 juin le buffet
se trouve en place et, le 30, les mécanismes de soufflerie et de
transmission des jeux ajustés. Le 1er juillet débute l'installation des
tuyaux et le 16, le délicat travail d'harmonisation est achevé.
Jean-André SILBERMANN note dans son calepin "Also Gottlob fertig worden
" (Terminé - Dieu merci).
Le Kammerorgel, auque1 le célèbre organier alsacien venait de donner
vie, était un orgue du type français : un 4 pieds avec cornet d'écho,
accordé au diapason italien, soit un ton plus bas que le diapason
actuel. Sa composition était de 15 jeux...
Malheureusement la suite est moins joyeuse pour les oeuvres de
SILBERMANN Père et Fils. Leurs oeuvres furent en effet, dans leur quasi
totalité, mutilées, transformées ou détruites, souvent à la demande
d'organistes gagnés par une mode nouvelle : le romantisme.
Pourtant à l'ancien prieuré bénédictin montagnard de Saint- Quirin,
subsistait encore un vieux "Kammerorgel" (orgue de chambre) de
Jean-André SILBERMANN, relativement bien conservé.
Certes, en 1904, François Staudt de Puttelange (Moselle) , suivant la
mode du temps, procéda au remplacement des jeux de cymbale et
fourniture par une gambe et une voix céleste et accorda l'instrument au
diapason moderne, ce qui nécessita une réduction de la longueur des
tuyaux.
En 1917, autre atteinte, les autorités militaires allemandes
réquisitionnèrent les cloches et les tuyaux de façade de l'orgue (le
jeu du prestant) pour besoin de guerre.
Enfin, en avril 1942, Frédéric HAERPFER de Boulay (Moselle) est chargé
d'une grande restauration. Basée sur de bonnes intentions, cette
restauration fit malheureusement plus de mal que de bien au joyau
baroque (plusieurs transformations, adjonction de jeux...).
Dès lors, l'orgue de Saint-Quirin servit à des concerts qui furent radiodiffusés par le "saarbrücker-Sender".
Sa Restauration :
Vers les années 60, l'orgue est à bout de souffle et une restauration
s'avère urgente. C'est à ce moment là qu'intervint le Lions-Club de
Sarrebourg, qui prit en charge une restauration historique respectueuse
de la facture de Jean-André SILBERMANN. Cette décision fit suite à une
expertise méticuleuse qui mit en évidence une proportion très élevée du
matériel d'origine (80 %)...
Aujourd'hui, l'orgue de St-Quirin a retrouvé son éclat primitif. Toutes
les modifications de 1942 furent éliminées et les pièces manquantes ou
jugées irréparables furent reproduites selon les méthodes usitées au
XVIIIème siècle. Le mécanisme et les jeux de la pédale furent
reconstruits selon le matériel d'origine encore existant sur l'orgue
jumeau de Griesheim-sur-Souffel.
Détail émouvant, les étiquettes des registres, dessinées de la main de
Jean-André SILBERMANN, furent découvertes sous les étiquettes modernes
puis soigneusement rafraîchies. Par sa méticulosité, la manufacture
d'orgues d'Alfred KERN de Strasbourg-Cronenbourg a réalisé un travail
de restauration admirable.
Cette renaissance exemplaire fut basée sur un projet de restauration
historique, de Marc SCHAEFER, après étude des notes manuscrites de
Jean-André SILBERMANN, ce qui nous permet d'affirmer que nous nous
trouvons en présence de l'unique instrument à l'état primitif donc
fidèle aux conceptions du grand organier alsacien.
Cette action de sauvegarde fut couronnée par le classement "Monument
Historique" de l'orgue, et donna lieu en 1970, à la suite d'un jumelage
avec les "Amis des Orgues SILBERMANN de Marmoutier", à la création des
Journées Musicales à la Priorale de Saint-Quirin.
Haut de page
Photos :

Haut de page Retour France Alpha Retour Départements Retour tous pays