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 Page créée le 26/06/2018   Orgue Echevarría (1702) de la cathédrale Sainte-Marie  de Segovia (Espagne)
Orgues en France et dans le monde.
Pays : Espagne Région :  Castille-et-Léon Ville : Segovia Local : Catedral de Santa-Maria (Orgue de l’Epître) Facteur : Echevarría P. Année : 1702
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Autres caractéristiques : 25 jeux - 1 clavier manuel 45 notes et pédalier 8 marches 1ère octave courte - Clavier divisé au c'/c#' Transmission mécanique des claviers et des jeux Diapason : La = 415 Hz Tempérament mésotonique
Une première cathédrale fut érigée à Ségovie dans les premiers temps de la chrétienté. Elle fut détruite en 526, sans doute lors de l’invasion des wisigoths. La seconde cathédrale fut érigée à la fin du 12ème siècle par le roi Alphonse VII et consacrée en 1228. Cette cathédrale romane se situait dans l’actuel jardin de l’Alcazar. Elle sera presqu’entièrement détruite en 1520 lors des guerres des communautés qui virent l’affrontement des « communeros » contre l’avènement de Charles Quint. La construction de l’actuelle cathédrale Ste Marie (Santa Iglesia Catedral de Nuestra Señora de la Asunción y de San Frutos) commence en 1525, au sud-ouest de la Plaza Mayor. L’architecte en est Juan Gil de Hontañon, remplacé après sa mort l’année suivante par son fils Rodrigo Gil. L’édifice de taille imposante est édifié dans le style gothique tardif et c’est sans doute l’une des dernières grandes cathédrales de ce style en Espagne. L’ancien cloitre de la cathédrale romane a été démonté et reconstruit le long de la façade sud. L’édifice est quasiment achevé à la mort de Rodrigo Gil de Hontañon en 1577. L’architecte Juan de Mugaguren prend sa suite et construit le dôme au-dessus de la croisée du transept. C’est à lui que l’on doit la porte néo-classique de San Frutos en 1615.  C’est également lui qui a placé le dôme qui coiffe la tour sur le côté sud de la façade occidentale, en remplacement du clocher en bois d’acajou qui fut abattu par la foudre en 1614. L’édifice en forme de croix latine mesure plus de 105 mètres de long, 50 mètre de large et 33 mètres de haut. Il se compose d’une triple nef avec des chapelles latérales, d’un transept et d’une abside semi-circulaire avec un déambulatoire et ses sept chapelles rayonnantes. Les arcs-boutants de la nef et du chœur sont dominés par d’élégants pinacles. Ses dimensions et son élégance ont valu à la cathédrale de Ségovie le surnom de « Dame des Cathédrales ». Elle a été consacrée en 1768. Toutes les études sur la cathédrale montrent que la musique y a toujours trouvé une place de premier ordre. Il est fait mention d’un instrument dans l’ancienne cathédrale romane dès 1322… En 1473, de nouvelles grandes orgues sont payées par le roi de Castille-et-Léon Henri IV et vraisemblablement construites par le facteur Johan CORTEJO. Le facteur Machin de GUEVARRA, contremaître de CORTEJO, réalisera quelques années plus tard un ou plusieurs orgues portatifs. Ces instruments subirent des dégradations lors des événements de 1520 et furent démontés et placés en sureté au couvent de Santa Clara (Cuéliar, près de Ségovie). En 1559 ces instruments furent restaurés et transférés dans le chœur de la nouvelle cathédrale dont les travaux étaient relativement avancés. Ce transfert fut réalisé par le facteur Manuel MIGUEL. On sait qu’au cours du 16ème et du 17ème siècle les orgues de la cathédrale furent très régulièrement entretenus. En 1684, le chapitre confia l’entretien au frère José de ECHEVARRÍA, fondateur de l’école baroque ibérique depuis le milieu du 17ème siècle. Cette relation avec la famille ECHEVARRÍA durera jusqu’en 1847. En 1700, le chapitre passa commande d’un grand orgue côté épitre à Pedro de Liborna ECHEVARRÍA (coté Epître = côté droit quand on regarde l’abside). C’est l’instrument que nous admirons encore aujourd’hui et qui fut mis en service en août 1702. Le buffet en tous points magnifique est l’œuvre du maître Francisco Zerrato. Un relevage a été effectué en 1753 et les soufflets ont été remplacés. Ce sont les soufflets actuels. En 1766, Santiago Casado a réalisé les dorures du buffet qui était resté jusqu’alors à l’état brut. En 1769, Pedro Manuel de Liborna ECHEVARRÍA et José de Liborna ECHEVARRÍA, fils et petit-fils du constructeur, réalisent l’orgue du côté évangile et s’engagent à entretenir l’orgue de l’épitre. Ce qui sera fait en 1773 et 1779. En 1795 le facteur Manuel SANZ remplace le clavier de 1702 par un clavier neuf. En 1799, José de ECHEVARRÍA restaure l’instrument sans toucher à sa disposition. En 1847, José de Marigómez de ECHEVARRÍA effectue un relevage et rehausse le diapason pour l’accorder avec l’orgue de l’évangile. Puis l’orgue a été de moins en moins entretenu et laissé quelque peu de côté. Ce qui l’a sans doute sauvé de toute intervention malheureuse. Ce n’est qu’en 1965 que l’organiste français Francis CHAPELET a réalisé une étude de l’instrument et mis en valeur sa grande valeur artistique et historique. En 1966, la maison ORGANERIA ESPAÑOLA a effectué des travaux de relevage et d’accord. La transmission des claviers a été reconstruite et une soufflerie électrique enfin placée. Il faut remarquer que la qualité remarquable de la facture de 1702 a permis à cet instrument de traverser plus de trois siècles sans altération importante. On notera également qu’en dehors de quelques modifications mineures, l’instrument a conservé la quasi-totalité de son matériel mécanique et sonore d’origine. Ce qui en fait un témoin exceptionnel de la facture de la fin du 17ème siècle. Dans les années 2000, la Fondation du Patrimoine Historique de Castille-et-Léon a réalisé une étude complète des orgues de la cathédrale mais aussi de son histoire musicale. C’est elle qui a initié la restauration historique de l’orgue de l’épître confiée à la maison des frères DESMOTTES de Landete (Cuenca-Espagne) en 2009 et qui vient en 2018 de confier la restauration de l’orgue de l’évangile à la maison Joaquín LOIS de Tordesillas (Valladolid - Espagne). Entre 2009 et 2011, la maison DESMOTTES a effectué une restauration complète de l’instrument de l’épître dans sa disposition originale. La maison DESMOTTES a entièrement désossé l’instrument et a inventorié et classé toutes ses pièces et sa tuyauterie. La mécanique des claviers a été reconstruite au modèle de l’originale. Les sommiers et les quatre soufflets cunéiformes ont été entièrement restaurés. Toute la tuyauterie a été nettoyée et restaurée au diapason d’origine. Le buffet a été soigneusement restauré par la maison Restaurograma Hispania de Ségovie. L’instrument magnifiquement restauré a été inauguré en septembre 2011. L’« Association des Amis de l’Orgue de Ségovie » organise de nombreux concerts d’orgue dans la cathédrale, participant ainsi à la renommée de ces deux instruments d’exception. Extrait de l’étude de la Fondation du Patrimoine Historique de Castille-et-Léon (en espagnol) :
Les deux orgues. L'orgue de l'épître est à droite Façade arrière dans le collatéral sud-ouest Octave courte
Octave courte
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