Orgues en France
et dans le monde.
Retour France Alpha Retour Départements Retour tous pays
Historique Photos
Quimper (29)
Cathédrale St Corentin
Dallam, 1643 - Cavaillé-Coll, 1846 - Danion-Gonzalez, 1971
Composition :
| II.
Grand-Orgue |
IV.
Récit expressif |
I. Positif |
III. Bombarde |
Pédale |
|
|
|
|
|
| Montre
16' |
Flûte
harmonique 8' |
Montre 8' |
Grand Cornet V |
Bourdon 32' |
| Bourdon
16' |
Bourdon 8' |
Dessus de flûte 8' |
Bombarde 16' |
Soubasse 16' |
| Montre
8' |
Gambe 8' |
Bourdon 8' |
1ere Trompette
8' |
Flûte 16' |
| Bourdon
8' |
Voix céleste 8' |
Prestant 4' |
2e Trompette 8' |
Flûte 8' |
| Flûte
harmonique 8' |
Flûte
octaviante 4' |
Flûte 4' |
Voix humaine 8' |
Flûte 4' |
| Viole
de gambe 8' |
Octavin 2' |
Nazard 2 2/3' |
Clairon 4' |
Bombarde 16' |
| Prestant
4' |
Flageolet 1' |
Doublette 2' |
Tremolo |
Basson 16' |
| Flûte
4' |
Cornet IV |
Tierce 1 3/5' |
|
Trompette 8' |
| Grande
Tierce 3 1/5' |
Basson 16' |
Larigot 1 1/3' |
|
Clairon 4' |
| Nazard
2 2/3' |
Hautbois 8' |
Fourniture III |
|
|
| Doublette
2' |
Trompette 8' |
Cymbale III |
|
|
| Quarte
2' |
Voix humaine 8' |
Trompette 8' |
|
|
| Tierce
1 3/5' |
Clairon 4' |
Cromorne 8' |
|
|
| Fourniture
V |
|
Tremblant |
|
|
| Cymbale
IV |
|
|
|
|
| Chamade
8' |
|
|
|
|
Autres caractéristiques :
56 jeux - 4 claviers manuels de 56 notes et pédalier 30 notes
Traction mécanique des claviers et des jeux
Accouplements : BOM/REC, BOM/GO, POS/GO, REC/GO
Tirasses : POS/PED, GO/PED, REC/PED, BOM/PED
Appel : Chamade
Haut de page
Le premier orgue connu de la cathédrale fut offert
par Mgr. Bertrand de Rosmadec et commandé, en 1524, au facteur Hervé
Guyllemin. Cet instrument est utilisé pendant le XVIe siècle et se
trouve probablement à bout de souffle quand Robert DALLAM émigre
d'Angleterre en 1642 ou 1643. Dans une note non datée, celui-ci parle
de la commande qu'il a réalisée pour 5 300 livres du grand-orgue de la
cathédrale. Cet instrument devait comporter 25 ou 26 jeux répartis sur
3 claviers et pédalier. Il place cet instrument au fond de la grande
nef, dans le buffet que nous admirons encore aujourd'hui et servira
lui-même d'organiste pendant quelques années.
Une première restauration date de 1672.
En 1701, on fit venir des facteurs d'une autre ville. La seule trace de
leur passage est une pittoresque note d'auberge. Leur travail ne dut
pas être remarquablement exécuté puisqu'en 1702, c'est l'organiste
lui-même, Guiomar, facteur à ses heures, qui fait une réparation assez
délicate. Le même Guiomar retravaille en 1703 et son mémoire nous
mentionne un cromorne et une voix humaine ignorés en 1838 par
Cavaillé-Coll, dans son premier devis. Il faut croire que le palliatif
des révisions par Guiomar ne fut pas satisfaisant puisqu'en 1704, le
chapitre appelle Le Brun, de Nantes, pour faire un relevage de tout
l'orgue.
En 1747, Lesclop est chargé de critiquer le mémoire présenté par le
facteur parisien, Marcellin Tribuot. Lesclop, entre autres observations
judicieuses, parle d'un ravalement, opération qui permettrait de gagner
des notes aux extrémités de l'échelle sonore, d'une trompette et d'un
clairon ainsi que d'un 4 pieds et d'un nazard à la pédale. Toutes les
remarques de Lesclop sont à noter car elles intéressent tant la facture
que l'interprétation.
Pillé pendant la révolution, l'orgue fut révisé, en 1795-6, par
François Marquer qui y ajouta de nombreux tuyaux provenant de l'orgue
des Jacobins de Morlaix. L'instrument fit l'objet d'une autre
restauration en 1816 par Mobeche.
En 1838, les chanoines de Quimper songent à restaurer complètement le
vieux Dallam et pensent aussitôt au jeune et déjà remarquable facteur,
Aristide Cavaillé-Coll. Son devis est fort respectueux du vieil
instrument qu'il se contente de vouloir ranimer. Il est cependant déçu
par la trop grande faiblesse de la pédale, à son avis, et désire lui
adjoindre une flûte de 16 et une bombarde. Il songe aussi à ajouter une
bombarde au grand-orgue, à remplacer le hautbois du Positif. Enfin, il
veut transformer l'Écho en le plaçant dans une boîte expressive à
volets et en y ajoutant une trompette et un cor anglais. Si ces travaux
s'étaient réalisés, nous aurions eu un orgue parfaitement «
néo-classique » au sens du XXe siècle, mélangeant le détail, la
finesse, la puissance et l'expression. Bien sûr, malgré son respect des
jeux anciens, le facteur romantique pense déjà expression et puissance
mais garde l'équilibre ancien d'un grand plein-jeu.
Faute de ressources, le projet n'a pas de suite et c'est seulement en
1846 que l'on réouvre le dossier de l'orgue de Quimper. Cavaillé-Coll a
progressivement changé son esthétique et, en 1846, il redonne un
nouveau devis tout à fait différent d'esprit de celui de 1836. Il faut
ajouter, et Cavaillé-Coll ne s'en prive pas, qu'en 8 ans, l'orgue s'est
détérioré et qu'il doit faire un plus gros travail. S'il transforme
l'univers sonore et supprimer beaucoup de jeux de détail, le facteur
garde une grande luminosité à l'ensemble avec les nombreux rangs de
mixtures qu'il conserve. Finalement ce projet est réalisé avec l'aide
de Heyer et Burchtroff et l'orgue de Cavaillé-Coll est reçu avec
quelques réserves en 1848 par Hamel, expert délégué par le Ministère
des Cultes. L'instrument comportait 40 jeux répartis sur 3 claviers de
54 notes et un pédalier de 25 notes.
En 1900, une restauration nouvelle et plus regrettable eut lieu. On
supprima la tribune de Dallam pour placer, sous l'orgue, une lourde
construction en granit de style gothique. Les facteurs, les frères
Wolff, furent chargés de l'instrument lui-même. Ils vidèrent le positif
conservé par Cavaillé-Coll et le transportèrent dans l'orgue. Ils
firent enfin des remaniements à la composition de Cavaillé-Coll qu'ils
alourdirent encore en supprimant, par ce déplacement du premier
clavier, ce qui pouvait subsister de l'équilibre primitif. La console
est indépendante et placée dans ce qui était le positif. À cette
occasion, le nombre de jeux est porté à 50. L'instrument révisé est
inauguré par Louis Vierne.
Vers 1958, le facteur Jean Hermann démonta complètement l'orgue et
commença un travail d'électrification de l'instrument accompagnée d'une
augmentation qui devait porter le nombre de jeux à 70. Malheureusement,
les devis ne comprenaient pas la remise en place du positif. Le facteur
mourut en laissant son ouvrage inachevé. Celui-ci fut repris tout
d'abord par Roethinger qui continua dans la même direction lorsque son
établissement fit faillite.
C'est finalement la maison Danion-Gonzalez qui fut appelée à achever
ces travaux, selon une étude de Marcel Dupré. Pareille finition d'un
matériel maintes fois revu, sur un plan souvent bouleversé par les
différents facteurs, était fort délicate. Achevé début décembre,
l'orgue fut inauguré le 12 décembre 1971, en la fête de saint Corentin,
par Gaston Litaize.
La silhouette actuelle de l'ensemble est transformée en partie et
alourdie par la suppression de la tribune primitive formée de grandes
colonnes de bois. Il n'en reste aujourd'hui qu'un frise ornée de
rinceaux et un balcon à balustres en bois fort élégants.
Actuellement, quelques bourdons, des pieds d'anches et le Cromorne
datent environ du XVIIe siècle et pourraient être sortis, comme le
buffet, des mains de Robert Dallam. Une grande partie du matériel est
de Cavaillé-Coll. Pour le reste, il provient des trois derniers
facteurs qui ont travaillé sur l'instrument. Ajoutons que le plan de
l'orgue est très défectueux et que sa belle sonorité est tout à la
gloire des harmonistes et du matériel. En effet, on trouve en façade à
gauche le Positif, à droite le Grand-Orgue. Au fond de la tribune - la
partie arrière du buffet étant détruite - a pris place la boîte du
Récit, alors que les tuyaux de Pédale sont accrochés de part et
d'autre, certains fort loin les uns des autres. Seule l'électricité
peut autoriser pareille dispersion. La traction mécanique, de par sa
logique naturelle qu'elle imposait, donnait des plans qui devaient
beaucoup moins tracasser les harmonistes!
Une restauration, effectuée de 1993 à 2003 par la maison Giroud-Nonnet,
a permis de réhabiliter le buffet ancien avec son positif de dos en
revenant à un instrument à traction mécanique où domine l'influence de
Cavaillé-Coll.
Haut de page
Photos :


Haut de page Retour France Alpha Retour Départements Retour tous pays