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Page créée le 22/04/2008 Mise à jour le 30/03/2017 Le grand-orgue Clicquot (1791) de la cathédrale St Pierre de Poitiers (86).
Orgues en France et dans le monde.
Pays : France Région :  Poitou-Charentes Départ. : Vienne Ville : Poitiers Local : Cathédrale Saint-Pierre Facteur : Clicquot Année : 1791
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La première cathédrale de Poitiers remonte à l’évêque Hilaire de Poitiers au 4ème siècle. Cet édifice fut reconstruit en 839, puis remanié à plusieurs reprises avant d’être détruit par un incendie en 1018 puis à nouveau rebâti. Cette cathédrale antique a disparu. Vers 1155, la construction de la cathédrale St Pierre actuelle a débuté, sans doute sous l’impulsion d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II Plantagenêt. La construction a duré plus de deux cents ans puisque la cathédrale ne fut consacrée qu’en 1379. L’édifice de style gothique « Plantagenêt » (ou angevin), se compose d’une imposante façade, d’une triple nef de type église- halle, d’un transept et d’un chœur qui se termine par un chevet plat qui renferme trois absides semi-circulaires. La façade achevée au 13ème siècle, avec sa rosace et ses trois portails sculptés, rappelle le style gothique d’Ile de France. Cette imposante cathédrale s’étend sur 100m de longueur pour 50m de largeur au transept et pour une hauteur de voûte de 30m. La toiture couvre l’édifice sur plus de 5.500m2. Une tour et un clocher furent édifiés au 13ème siècle à la croisée du transept. La tour sera démantelée en 1737. Les deux tours qui encadrent la façade ont été achevées au 16ème siècle. Lors des guerres de religion la cathédrale fut pillée par les Huguenots en 1562. Le chevet porte encore les impacts de boulets tirés par les troupes de l’amiral de Coligny en 1569. Dans les années 1770 la charpente fut reconstruite et la tribune du grand-orgue fut édifiée en 1777 par l’architecte local Vetault. En 1912, le pape Pie X a élevé la cathédrale au rang de basilique mineure. A noter certains vitraux exceptionnels, dont celui de la crucifixion au-dessus de l’autel, qui date du 12ème siècle et est sans doute l’un des plus vieux vitraux du monde chrétien. A noter également les magnifiques stalles gothiques en bois qui datent du 13ème siècle ainsi que des peintures murales découvertes dans le transept sud à la fin du 20ème siècle et qui remontent aux origines de la cathédrale, soit au 12ème siècle… On sait la présence d’un orgue dans la cathédrale en 1363… Vers 1460, un nouvel instrument fut construit par un religieux bénédictin, Pierre de MONTFORT. Cet instrument sera détruit par les huguenots en 1562. De 1611 à 1613, le facteur Crespin CARLIER de Rouen construisit un nouvel orgue de 30 jeux sur deux claviers et pédalier. Il est reçu par Jehan TITELOUZE, compositeur célèbre et organiste de la cathédrale de Rouen. L’instrument qui était alors considéré comme l’un des plus beaux du Royaume, sera malheureusement détruit par un incendie en 1681, incendie provoqué par le brasero qui éclairait l’organiste et les souffleurs. Le grand-orgue actuel fut commandé par le chapitre en 1787 au facteur François-Henri CLICQUOT de Paris. Ce magnifique instrument de 44 jeux sur quatre claviers et pédalier est son dernier chef-d’œuvre. Le buffet dessiné par lui et son fils fut réalisé par des ébénistes poitevins, Favre et Berton. François-Henri décéda en mai 1790 et son ouvrage fut achevé par son fils Claude- François en mars 1791. La révolution déjà en marche avait épargné l’instrument… Grâce aux travaux de Jean-Albert VILLARD, titulaire de 1949 à 2000 et secrétaire de l’Association François-Henri Clicquot créée en 1949, on en sait un peu plus sur l’histoire de cet orgue exceptionnel. En 1813, Pierre-François  DALLERY, filleul de CLICQUOT, remit en état la soufflerie. En 1821 DALLERY déplaça la 2ème Trompette du grand-orgue. En 1835, le facteur bordelais Nicolas HENRY effectua un relevage de l’instrument. En 1838, la dépose de la grande rosace soumit l’orgue aux intempéries pendant de longues années. La qualité de la construction et la qualité des matériaux employés lui permirent de résister. En 1871, la maison de Joseph MERKLIN de Paris remplaça les 8 soufflets cunéiformes par deux réservoirs à plis parallèles et remplaça le pédalier à la française par un pédalier à l’allemande. La tuyauterie a été touchée pour accorder l’instrument au tempérament modéré. Grâce au manque de moyens du chapitre, l’instrument échappa à la modernisation et notamment à un projet présenté par Aristide CAVAILLE-COLL en 1882. En 1926, la soufflerie est électrifiée par Jean BINETTI, facteur installé à Poitiers. A partir de 1927, c’est la famille BOISSEAU de Poitiers qui prend en charge l’entretien du vénérable instrument, resté miraculeusement dans sa disposition historique. En 1954, le pédalier est reconstruit. En 1967, BOISSEAU effectue un réglage de la mécanique puis en 1969 il effectue un nettoyage des jeux d’anches. En 1976, il replace la 2ème Trompette déplacée par DALLERY en 1821. De 1988 à 1994, Jean-Loup BOISSEAU et Robert CATTIAUX effectue une restauration complète de l’orgue. Cette restauration est d’abord un relevage, la quasi intégralité de la mécanique et de la tuyauterie étant restée d’origine. La soufflerie est reconstituée avec neuf soufflets cunéiformes. Un accord général est réalisé au ton ancien et avec un tempérament mésotonique à quatre tierces pures. En 2010, Jean-Loup BOISSEAU a réalisé un gros entretien de l’orgue et a rétabli le pédalier à la française, comme à l’origine. L’instrument que l’on entend aujourd’hui a une valeur tout à fait exceptionnelle. C’est un CLICQUOT à l’état brut, avec les mêmes sonorités et le même brillant que le chapitre et les paroissiens pouvaient écouter en 1791. La qualité de ses timbres et la qualité de sa facture ont rendu à juste titre cet instrument célèbre dans le monde entier. Voir le site de l’Association François-Henri Clicquot.
Autres caractéristiques : 44 jeux - 4 claviers manuels et pédalier à la française Transmission mécanique des claviers et des jeux Accouplement : I/II à tiroir Tremblant mixte à vent perdu Diapason : La = 392 Hz Tempérament inégal à 4 tierces pures
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