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Page créée le 18/06/2008 Mise à jour le 12/11/2025 Le grand-orgue Cavaillé-Coll (1857) de la Cathédrale Saint- Jean-Baptiste de Perpignan (Occitanie)
Orgues en France et dans le monde.
Pays : France Région : Occitanie Dépt : Pyrénées-Orientales Ville : Perpignan Local : Cathédrale Saint-Jean-Baptiste Facteur : Cavaillé-Coll Année : 1857
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La première pierre de l’église St Jean-Baptiste fut posée en 1324 par le roi Sanche de Majorque, en remplacement de l’ancienne église St Jean-le-Vieux. L’édifice ne sera achevé et consacré qu’en 1509, soit 185 ans plus tard, et ceci à cause de l’effondrement du royaume de Majorque en 1344 puis de l’apparition de la peste en 1348…Prévue avec trois nefs, les plans furent modifiés vers 1420 pour adopter le style gothique méridional classique à nef unique, avec un transept et une vaste abside à sept pans. Des chapelles latérales tiennent lieu de bas-côtés. Sur la façade sud se trouve le « Campo Santo », cloitre funéraire St Jean, le plus vieux de ce type en France. Il date du tout début du 14ème siècle. Au nord de l’abside est adossée l’ancienne église romane St Jean-le-Vieux qui date du début du 11ème siècle. A noter dans les chapelles qui entourent le chevet les trois magnifiques retables de St Pierre, de la Vierge à la Magrana et St Jean-Baptiste. L’église a été élevée au rang de cathédrale en 1601 lorsque le diocèse de Perpignan remplaça l’ancien diocèse D’Elne (Pyrénées Orientales). La tour de l’horloge et le porche d’entrée datent de la première moitié du 18ème siècle. La cathédrale dispose d’un carillon de 46 cloches installé en 1878 dans le clocher attenant de St Jean le Vieux. L’édifice est classé aux Monuments Historiques depuis 1906. Le buffet d’orgue accroché en nid d’hirondelle au milieu de la nef date de la fin du 15ème siècle, entre 1497 et 1504, ce qui en fait l’un des plus vieux du pays. Son style gothique flamboyant hispanique nous oriente vers l’œuvre d’un facteur catalan. Les volets peints hauts de 17m qui l’ornaient sont datés de 1504, date de la mise en service de l’orgue. Ils ont été déposés en 1842 et sont conservés dans la chapelle de la porte de Bethléem. L’orgue avait à l’origine 20 jeux sur deux claviers et pédalier. Vers 1550, un Positif de dos est ajouté. En 1682, André EUSTACHE et son fils Jean de Marseille (Bouches-du-Rhône), restaurent l’instrument alors qu’ils construisent le grand-orgue de la nouvelle église St Matthieu dans la même ville. En 1688 et 1689, l’orgue est reconstruit avec 28 jeux sur trois claviers et pédalier par le facteur Jean DE JOYEUSE, installé alors à Carcassonne (Aude). En 1743 et 1744, le facteur Christophe MOUCHEREL, à qui l’on doit l’orgue de la cathédrale d’Albi, effectue un relevage. En 1786, le facteur Jean PUJOL de Montauban (Tarn-et-Garonne) ajoute quatre jeux. En 1842, le facteur Frédéric JUNGK de Toulouse, un ancien de la maison DAUBLAINE-CALLINET, effectue des travaux et une modification dans le style romantique avec l’adjonction de jeux de fonds. Il fut peut-être aidé dans ces travaux par l’abbé LARROQUE de Paris. Mais cette reconstruction ne donna sans doute pas satisfaction puisqu’un devis de reconstruction fut demandé en 1850 au facteur parisien CAVAILLÉ-COLL. Entre 1854 et 1857, Aristide CAVAILLÉ-COLL a entièrement reconstruit l’instrument dans le buffet historique, dont le Positif de dos n’a pas été conservé. CAVAILLÉ réalise un grand instrument symphonique de 58 jeux dont 33 jeux de l’ancien orgue et les sommiers ont été conservés. Il reconstruit notamment la grande montre de 24 pieds dont les anciens tuyaux en bois étaient recouverts de feuilles d’étain. La disposition est originale puisque les divisions de Grand-orgue et de Bombarde sont au même niveau et se complètent. Il en est de même pour les divisions de Récit et de Positif au niveau supérieur. L’orgue dispose en fait de deux plans sonores, chacun relié à une machine Barker commune. La division de pédale est située à l’étage inférieur avec le Grand-orgue et la Bombarde. Une nouvelle console en fenêtre à quatre claviers est réalisée de même qu’une nouvelle soufflerie distribuant les pressions différentes à chaque division. La disposition des claviers est originale avec la Bombarde en 1er, le G.O en second, le Positif en 3ème et enfin le Récit. Le nouvel orgue a été inauguré par Louis James-Alfred LEFEBURE-WELY, titulaire des grandes orgues de La Madeleine à Paris, à l’occasion des fêtes de Noël 1857. Le buffet a été classé aux Monuments Historiques au titre d’objet en février 1899. En 1928, la tête du Maure qui est suspendue au « cul-de-lampe » (soubassement de la tribune de l’orgue), fut offerte à la cathédrale. En 1929 et 1930, la maison PUGET de Toulouse, alors dirigée par Maurice PUGET, effectue un relevage de l’instrument et ajoute 14 jeux en extension. Un boitier expressif est placé autour du Positif. Ce qui a pour conséquence de rendre inaudible le Récit… En juillet 1988, la partie instrumentale du grand-orgue a été classé aux Monuments Historiques au titre d’objet. De 1989 à 1993, une restauration importante de l’orgue a été effectuée par la maison RENAUD-MENORET de Nantes (Loire- Atlantique). La disposition originale de CAVAILLÉ-COLL de 1857 a été restituée intégralement et tous les ajouts de PUGET supprimés. Les claviers de Bombarde et de Grand-orgue ont été étendus de deux notes à l’aigu par l’utilisation de gravures laissées libres en 1857. Un sommier complémentaire de 5 notes à la pédale a été ajouté. L’entretien ultérieur a été confié au facteur Claude BERGER de Clermont-l’Hérault (Hérault), qui a réalisé de nombreux travaux d’entretien et de relevage (notamment en 2003) de cet instrument. Entre 2021 et 2025, l’instrument a fait l’objet d’une nouvelle restauration effectuée par le facteur Pierre-Adrien PLET de Macey (Aude), sous la supervision de l’expert Roland Galtier. Les travaux ont notamment porté sur une restauration minutieuse de la mécanique, des sommiers et de l’alimentation en vent, le nettoyage intégral et la remise en état de la tuyauterie et une réharmonisation de l’orgue. L’orgue restauré a été béni le 24 juin 2025 et inauguré par un récital de Michel Bouvard le 28 septembre 2025. Les célèbres volets peints qui ornaient le buffet historique en 1504 et qui étaient entreposés dans la chapelle de Bethléem sont en cours de restauration. Considérés comme les plus grands volets d’orgue d’Europe, ils seront après restauration exposés au Musée Rigaud de Perpignan puis replacés sur le buffet. La couleur symphonique voulue par CAVAILLÉ, associée aux jeux du 18ème qui ont été conservés, donnent à cet instrument une sonorité toute particulière et pour tout dire assez exceptionnelle. Pour avoir une description complète et documentée de l’orgue, suivez ce lien vers le site de la Cathédrale, dont la page sur les orgues a été réalisée par le titulaire, Jean-Pierre BASTON. Un grand merci à Jean-Pierre BASTON pour sa communication.
Autres caractéristiques : 58 jeux - 4 claviers manuels et pédalier Trasmission mécanique des claviers et des jeux 2 machines Barker Accouplements : II/II (16,8') - I/II - III/II - IV/III (16,8') Tirasses : II/P - III/P - IV/P Appel d'anches : I - II - III - IV - P Diapason : La = 435 Hz à 18° - Tempérament égal
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J.P Baston Éveil de l’orgue 2025
Photo : Pako Valera Photo : les pyrenees orientales.com Photo : inventaire-des-orgues.fr Photo : les pyrenees orientales.com Photo : cathedraleperpignan.fr Photo : cathedraleperpignan.fr Photo : les pyrenees orientales.com
J.P Baston J.S Bach : BWV 565