Orgues en France et dans le monde.

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Paris 4è  (75)

Eglise St Merry
Orgue de tribune

Cliquot, 1781 - Cavaillé-Coll, 1857 - Gonzalez, 1947


Composition :

Grand-Orgue Positif Récit expressif: Echo Pédale
         
Montre 16' Montre 8' Principal 8' Flûte 8' Soubasse 32'
Bourdon 16' Bourdon 8' Dulciane 8' Flûte 4' Montre 16'
Montre 8' Prestant 4' Voix céleste 8' Quarte 2' Soubasse 16'
Bourdon 8' Flûte 4' Bourdon 8' Sesquialtera II rgs Contrebasse 16'
Flûte 8' Nasard 2' 2/3 Flûte 4' Cymbale II rgs Principal 8'
Flûte 4' Doublette 2' Viole 4' Hautbois 8' (dessus) Bourdon 8'
Nasard 2' 2/3 Tierce 1' 3/5 Octavin 2' Voix humaine 8' Flûte 8'
Doublette 2' Larigot 1' 1/3 Mixture V rgs   Principal 4'
Tierce 1' 3/5 Plein-jeu III rgs Plein-jeu IV rgs   Flûte 4'
Cornet V rgs Cymbale II rgs Cymbale III rgs   Flûte 2'
Fourniture IV rgs Trompette 8' Bombarde 16'   Fourniture V rgs
Cymbale III rgs Cromorne 8' Trompette 8'   Cornet II rgs
Bombarde 16' Clairon 4' Hautbois 8'   Bombarde 16'
Trompette 8'   Clairon 4'   Trompette 8'
Clairon 4'       Clairon 4'

Autres caractéristiques :
64 jeux - 4 claviers manuels de 56 notes et pédalier 30 notes
Traction mécanique des claviers
Traction pneumatique des jeux
Accouplements : POS/GO, REC/GO, ECHO/GO, REC/POS, ECHO/REC
Tirasses : GO/PED, POS/PED, REC/PED, ECHO/PED
Appels : PED, GO, POS, REC
Tremolo


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Historique :



Au milieu du 16ème siècle, l'église possédait un orgue posé sur une petite tribune au fond du croisillon sud du transept. En 1647, les facteurs Jean et François de Heman, transfèrent cet orgue dans un grand buffet au-dessus du portail. Cet instrument reçoit un positif dorsal et deux tourelles de 16' de part et d'autre du buffet. En 1651, il comporte alors 35 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier.

En 1664, Enoch refait les soufflets, adoucit les anches, ajoute une flûte de 4' au pédalier et dote l'instrument d'un quatrième demi-clavier pour un Cornet de Récit. En 1669, l'organiste Nicolas Lebègue passe marché à titre personnel avec Ducastel et Baillon: l'orgue est relevé, les claviers sont portés à 50 notes, et une Trompette de Récit est ajoutée.

Au début du XVIIIe siècle, le facteur Collard relève l'orgue, ajoute quelques jeux (dont un Clairon de Pédale) et la soufflerie est refaite une fois de plus. Vers 1755, les frères Slodtz, à qui on avait confié l'embellissement de l'église, agrandissent la tribune et modifient le positif.

À partir de 1763, c'est François-Henri Clicquot qui entretient l'orgue, puis entreprend une grande restauration, objet de deux marchés successifs: 7400 livres en 1778, puis 1200 livres en 1782. On ignore le détail du marché principal: sans aucun doute une grande reprise de la tuyauterie. Il semble qu'on ait laissé l'ancien sommier qui ne sera changé qu'après la mort de Clicquot par son fils Claude-François, en 1791.

Pendant la période révolutionnaire, l'instrument échappe au pillage mais souffre du salpêtre entreposé dans l'église.

En 1796, l'organiste Desprez fait réparer le buffet.

En 1799, quelques temps avant sa mort, Claude-François Clicquot le remet en état.

En 1816, Dallery relève l'orgue; il constate la disparition des Pleins-Jeux, et les restitue.

Entre 1854 et 1857, Cavaille-Coll effectue une reconstitution de l'instrument en gardant la majorité de la tuyauterie ancienne grâce à l'intervention de Camille Saint-Saëns, alors titulaire qui y composa sa fameuse Symphonie avec orgue sur cet instrument.

Après l'électrification de la soufflerie en 1917, la maison Abbey effectue un relevage partiel en 1922.

Entre 1946 et 1947, l'orgue est remanié par la maison Gonzalez sous la direction de son titulaire, Norbert Dufourcq. De nombreux jeux sont ajoutés à l'instrument.

Depuis 1969, l'orgue a souffert de l'installation du chauffage à air pulsé, des travaux et de la poussière. Une restauration est attendue et souhaitée par tous les fidèles et amateurs d'orgue à Saint-Merry.

En 1999, l'orgue a bénéficié de travaux réalisés par la Manufacture Vosgienne de Grandes Orgues avec les concours de la Ville de Paris et l’aide de l’association Orgues et Musiques. Ces travaux portaient sur la soufflerie et sur la machine Barker.

Ces orgues comptent parmi les plus belles et les plus réputées de Paris. Les grandes heures de l'histoire de l'orgue français ont eu lieu autour de cette tribune prestigieuse. De grands compositeurs (Lebègue, Dandrieu, Saint-Saëns notamment), des organologues ou musicologues (Norbert Dufourcq) et grands interprètes (Marie-Claire Alain, Gaston Litaize, André Marchal, Antoine Reboulot, Daniel Roth entre autres) ont illustré l'instrument par leurs enregistrements (premières intégrales ou essentiel de l'œuvre de Bach, Couperin, Boëly et Lebègue).

Si les deux instruments (grand-orgue et orgue de chœur) participent, tant comme solistes que pour accompagner le chant des fidèles aux offices dominicaux ainsi qu'aux mariages et enterrements; leur mauvais état actuel autorise insuffisamment leur jeu lors de concerts, alors qu'un public nombreux venait de toute l'Europe pour assister aux récitals d'orgue à Saint-Merry entre 1947 à 1970.

À l'initiative de la mairie de Paris, au printemps 1999, la machine Barker (organe de transmission des notes, des claviers aux tuyaux) et la soufflerie du grand orgue ont été restaurés. Ces travaux s'élevaient à plus de 110.000 F, dont 20% environ ont été financés par l'association Orgues et Musiques. À l'automne 2000, l'association a financé (38.000 F) une nouvelle prise d'air dans l'église, la réfection des tuyaux de bombarde qui s'affaissaient, le relevage des jeux de pédalier situés dans les parties latérales du buffet.
Par ailleurs, la ville de Paris a financé (18.000 F) le changement des équerres (organe de transmission entre les claviers et les tuyaux), la fixation des calottes des bourdons, un travail sur les tuyauteries affaissées du jeu de hautbois, le changement des écrous Barker. Tous ces travaux ont été effectués sous la supervision de Bernard Dargassies de la Manufacture Vosgienne de Grandes Orgues, qui est un partenaire fidèle et dévoué de cet instrument d'exception.

Les travaux effectués restent insuffisants, même s'ils permettent de maintenir l'instrument dans un état fonctionnel suffisant pour les offices, et d'envisager quelques animations et concerts. Il ne s'agit que d'une première tranche, et l'organiste doit encore faire face aux problèmes suivants:
o    Le tirage de nombreux registres est défectueux; les six combinaisons générales ajustables, les deux combinaisons poussoirs de tutti et l'annulateur général des registrations sont hors service depuis de nombreuses années.
o    En raison d'une absence de relevage (dépoussiérage complet des tuyaux, révision et vérification des différentes structures...), de grands tuyaux très abîmés s'affaissent et commencent à s'écraser.

Le buffet est l'oeuvre du maître menuisier Germain Pilon qui l'a réalisé en 1647. Michel-Ange Slodtz exécute la tribune qui repose sur quatre piliers de bois à chapiteaux ioniques.
Au grand Orgue, l'ensemble de l'ornementation d'origine a été conservé: cariatides ailées soutenant les tambours des grandes tourelles latérales, couronnant des tourelles à bandeau plein sculpté et corniche à denticules, dômes à écailles (ceux du Grand-Orgue ont perdu leur pot-à-feu), têtes d'angelots au couronnement des tourelles.
Seul le positif a été modifié par les frères Slodtz en 1755, à l'occasion de l'agrandissement de la tribune: les plates-faces sont désormais couronnées par des tentures à lambrequins et à pompons. Un gros tore sculpté court au pied de la montre, portant en son centre une tête de lion tenant dans sa gueule une grosse tourelle ronde, ornée d'une guirlande de fruits et de feuillages qui rejoint les culs-de-lampe des tourelles latérales.

Parce que le grand-orgue de Saint Merry représente l'un des plus grands instruments néoclassiques, l'un des derniers témoins non détruits de cette esthétique, peut-être le plus connu et le plus réussi, il convient d'y apporter le plus grand soin, de promouvoir et mettre en valeur ce bel instrument situé dans une église centrale, parmi les plus visitées du cœur de la capitale, toute proche du Centre Georges-Pompidou et de l'Hôtel de Ville.

Pierre Astor
organiste titulaire



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Photos :

Paris St Merry

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