Page créée le 10/04/2008
Mise à jour le 19/03/2020
Le grand-orgue Haerpfer-Erman
(1973) de l’église St Germain-
des-Prés de Paris (75)
Pays :
France
Région :
Ile-de-France
Départ. :
Paris
Ville :
Paris (6
è
)
Local :
Eglise St Germain-des-Prés
Facteur :
Haerpfer-Erman
Année :
1973
Historique
Disposition
Carte
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Photos
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Autres caractéristiques :
56 jeux - 4 claviers de 56 notes et pédalier 30 notes.
Transmissions mécaniques des claviers et des jeux
Accouplements : I/II - III/II - IV/II
Tirasses : I/P - II/P - III/P - IV/P
Appels d'anches : I - III - IV - P
Appel mixture pédale
L’ancienne abbaye royale de St Germain-des-Prés, fondée au milieu du 6ème siècle, a eu jusqu’à la révolution
une influence considérable, tant sur le plan religieux que social et intellectuel. La première abbatiale fut consacrée
en 558 par l’évêque de Paris, Saint-Germain, dont elle a conservé le nom. Elle est alors utilisée comme nécropole
royale au 6ème et 7ème siècle. Elle fut endommagée par un violent incendie en 861 et restaurée en 869.
L’abbatiale a été reconstruite au début du 11ème siècle et de cette époque datent l’embase de la tour, la nef et le
transept. L’abbaye est rattachée à la règle bénédictine de Cluny en 1024. Au 12ème siècle le chœur est
reconstruit dans le style gothique primitif, voûté d’ogives, avec un déambulatoire et des chapelles rayonnantes. Au
début du 17ème siècle l’abbaye devint le siège de la congrégation de Saint-Maur. A la Révolution, l’abbaye fut
fermée et les bâtiments vendus comme bien national. Les tombeaux mérovingiens furent détruits, de même que la
châsse en vermeil de St Germain. L’abbaye est rendue au culte en 1803 et devient simple église paroissiale. En
1607 et 1608 un porche de style classique est construit à l’avant de la façade. Entre 1644 et 1646, la nef, les bas-
côtés et le transept sont voûtés d’ogive, dans le style gothique primitif du chœur. Entre 1820 et 1830, l’église qui
menace de s’écrouler, fait l’objet d’une importante campagne de restauration menée par l’architecte Etienne
Godde. Les piliers de la nef et leurs soubassements sont notamment reconstruits et les clochers sont arrasés au-
dessus du second étage. Le chœur et les chapelles sont également restaurés. Entre 1848 et 1853, la tour
occidentale et son clocher sont reconstruits. L’église a été classée aux Monuments Historiques en 1862 et les
vestiges mérovingiens ont été inscrits en 1953. Ce monument retrace une grande partie de l’histoire de la capitale.
Il a été à de très nombreuses reprises remanié et reconstruit, ce qui en altère l’homogénéité. Mais la richesse de
son histoire et des éléments de décors qui la composent, donnent à cette église une valeur exceptionnelle.
Odile Bayeux
Maîtres espagnols du 17ème siècle
Odile Bayeux joue
Frescobaldi
On sait que l’abbatiale a reçu un orgue neuf en 1474. On n’en connait ni le constructeur ni la composition.
En 1662, le facteur Pierre THIERRY de Paris a débuté la construction d’un nouvel instrument sur une tribune neuve. Le buffet est
réalisé par le maître-menuisier Pierre de Farcy. Après le décès de Pierre THIERRY en 1665, l’orgue sera achevé par son fils
Alexandre en 1667. Il comportait 36 jeux sur quatre claviers et pédalier. En voir la description sur ce site très documenté.
De 1694 à 1696, le facteur Jean BROCARD, frère du tiers-ordre, effectue des travaux et place deux jeux neufs au Récit, qui
jusqu’alors ne comprenait que des emprunts du grand-orgue.
En 1722, François THIERRY, neveu d’Alexandre, effectue des travaux et reconstruit les jeux de BROCARD.
Après la fermeture de l’abbatiale en 1792, l’orgue est démonté et stocké chez le facteur parisien Claude-François CLICQUOT, le
fils de François-Henri. En 1801 et 1802, CLICQUOT et son associé Pierre DALLERY remontent l’instrument dans l’église Saint-
Eustache de Paris. Malheureusement, cet instrument sera détruit en décembre 1844 par un incendie déclenché accidentellement
par le facteur Charles BARKER.
En 1805, la paroisse Saint-Germain fait l’acquisition de l’orgue de l’abbaye Saint-Victor, ancien haut-lieu de la vie intellectuelle
médiévale, située à l’emplacement de l’actuelle université de Jussieu, fermée en 1790 et qui sera démolie en 1811.
Cet instrument de 16 pieds avait été construit en 1679 par le facteur Alexandre THIERRY, dans un buffet du maître-menuisier
Etienne Carrel. Nicolas Lebègue, célèbre organiste et compositeur, avait présidé à l’élaboration du projet.
En 1772, l’instrument a été modifié par Henri-François CLICQUOT, à la demande du nouveau titulaire, l’organiste Jean-Jacques
Beauvarlet-Charpentier, le célèbre compositeur.
En 1792, après la fermeture de l’abbaye Saint-Victor, l’orgue fut démonté par les facteurs parisiens Louis SOMER et
CHEVALLIER et entreposé au nouveau Conservatoire des Arts et Métiers (Paris 3ème).
Entre 1804 et 1810, l’instrument a été remonté par les facteurs Antoine et Louis SOMER. Le buffet a été reconstruit pour s’adapter
à la tribune de St Germain et à la voûte basse. C’est le grand-buffet que nous voyons encore aujourd’hui. La partie instrumentale
de THIERRY et CLICQUOT fut globalement préservée.
Entre 1823 et 1829, Louis CALLINET, installé à Paris depuis 1820 et associé d’Antoine SOMER, effectue un relevage de l’orgue et
ajoute quelques jeux dont une Bombarde 16’ au Grand-orgue, mais sans dénaturer l’instrument.
En 1869, le facteur Jean-Baptiste STOLTZ de Paris, reconstruit entièrement l’orgue dans le grand buffet, sans Positif de dos. La
tribune fut reconstruite par l’architecte BALTARD. L’orgue de style symphonique était réparti sur trois claviers et pédalier. Le Positif
était placé à l’arrière du Récit expressif neuf, le rendant lui-même expressif.
Le nouvel instrument ne dut sa réputation non pas à sa disposition ni à sa sonorité relativement lourde, mais à l’excellence de son
titulaire André Marchal qui tint la console de 1915 à 1945.
En 1922 puis en 1927, le facteur parisien Joseph GUTSCHENRITTER, successeur de MERKLIN, modifia, à la demande d’André
Marchal, la disposition dans un style un peu plus néo-classique.
Entre 1970 et 1973, la maison HAERPFER-ERMAN de Boulay (Moselle) a reconstruit l’orgue dans la disposition que l’on connait
aujourd’hui, sous la supervision d’André Isoir, nommé titulaire en 1973. Un Positif de dos neuf a été reconstruit.
Le style du nouvel orgue, qui réutilise une bonne partie du matériel sonore ancien, est un style baroque français. Mais la présence
d’un grand Récit expressif permet l’interprétation d’un large répertoire. Le Grand-orgue est réparti sur deux divisions, l’une de
Plenum et l’autre de Grand-jeu (Bombarde).
La qualité du matériel sonore, neuf et ancien, la qualité de la disposition et de l’harmonisation, alliées à une mécanique précise et
légère, font de ce nouvel orgue un instrument exceptionnel.
En 2004 et 2005 l’instrument a été entièrement révisé par le facteur Yves FOSSAERT de Mondreville (Seine-et-Marne).