Entrez dans le monde magique des orgues.
Page créée le 05/04/2008 Mise à jour le 07/02/2019 L’orgue Van den Heuvel (1989) de l’église St Eustache de Paris 1er (75).
Orgues en France et dans le monde.
Pays : France Région :  Ile de France Départ. : Seine Ville : Paris (1er) Local : Eglise Saint-Eustache Facteur : Van den Heuvel Année : 1989
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Historique
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Jean-Baptiste Robin      Jean Guillou       Nariné Simonian            Concert    Jean Guillou Jean Guillou       Les 2 titulaires  François Olivier joue Ch. Tournemire  Badinerie JS Bach      Toccata J. Guillou         St Eustache Présentation - 1989 Toccata Bach    présentent l’orgue Toccata de Widor
Autres caractéristiques : 101 jeux - 5 claviers de 61 notes et pédalier de 32 notes. Transmissions mécaniques des claviers et des jeux à la tribune Transmission électromécanique des claviers et des jeux dans la nef Machines Barker : III - IV - V et commutable pour II Accouplements : III/I - IV/I - V/I - I/II - III/II - IV/II (16,8') - V/II (8,4') - IV/III - V/III - V/IV Accouplements : II/II 16' - III/III 16' - IV/IV 16' - V/V 16' Tirasses : I/P - II/P - III/P (8,4') - IV/P (16,8,4') - V/P - 20 x 500 combinaisons par combinateur Heuss et capture MIDI (2010) Crescendo Tutti
Photo : Jean Guillou à la console de tribune La console mobile de la nef
La première église en ce lieu était une chapelle dédiée à Sainte-Agnès, au début du 13ème siècle. Cette église ensuite dédiée à Saint-Eustache fut remaniée et agrandie à plusieurs reprises jusqu’au 16ème siècle. La première pierre de l’église actuelle fut posée en 1532. Les travaux s’achèveront en 1633 et l’église est consacrée en 1637. L’édifice est de style gothique, quoique construit en pleine Renaissance. Il se compose d’une grande nef avec deux doubles collatéraux, un transept non saillant, un grand chœur entouré d’un double déambulatoire dans une abside semi-circulaire donnant sur la chapelle de la Vierge. Les dimensions de cette imposante église sont comparables à celles de Notre- Dame. Quoiqu’un peu moins longue et moins large elle possède une hauteur sous voûte supérieure. L’abside décorée dans le style renaissance est éclairée par neuf magnifiques vitraux réalisés par Antoine Soulignac en 1631. Dans la nef, on remarque un spectaculaire « banc d’œuvre » de Pierre Lepautre en 1720, face à la chaire de Victor Pyanet dessinée par Victor Baltard (19ème siècle). La façade occidentale a été reconstruite à partir de 1754 sur les plans de l’architecte Mansart. Sur les deux tours prévues, seule celle du nord fut achevée. L’église a été restaurée entre 1846 et 1854 par Mansart. La façade du transept sud a été restaurée en 2016 et 2017. A noter le cadran solaire qui culmine à 30 sur cette façade sud, ainsi qu’une méridienne située sur le pilier gauche du portail sud et qui indique tous les quarts-d’heure entre 11h et 13h.
L’église Saint-Eustache possède une tradition musicale très ancienne. Des orgues y étaient présents depuis le 16ème siècle. Jean-Baptiste LULLY s’est marié en 1661 en cette église et les cérémonies funèbres de Jean-Philippe RAMEAU et de la mère de MOZART y furent célébrées. BERLIOZ y dirigea la première audition de son Te Deum (1855) de même que Franz LIZT dirigea la première en France de sa Messe de Gran en 1866. Si on ne sait pas grand-chose du 1er instrument du 16ème siècle, on en sait plus sur son remplaçant. Il s’agissait de l’ancien orgue de l’église Saint-Germain-des-Prés (6ème), instrument construit en 1681 par Pierre et Alexandre THIERRY de Paris. Cet orgue fut restauré entre 1772 et 1774 par François-Henri CLICQUOT et Pierre DALLERY. L’orgue fut démonté en 1798 par CLICQUOT puis remonté de 1798 à 1802 par le même facteur dans l’église Saint-Eustache. En 1844, Charles BARKER, contremaître de la maison parisienne DAUBLAINE-CALLINET restaure le vieil instrument. Mais peu de temps après son inauguration, Charles BARKER alors qu’il procède à un accord de l’instrument, y met accidentellement le feu. L’orgue est détruit, ce qui entrainera la fragilisation de la maison DAUBLAINE-DUCROQUET, rachetée en 1845 par Pierre- Alexandre DUCROQUET. De 1849 à 1854, la maison DUCROQUET reconstruit un instrument neuf dans le buffet majestueux actuel dessiné par Victor Baltard. Ce sont Charles VERSCHNEIDER et Charles BARKER qui sont chargés des travaux. L’instrument comptait alors 67 jeux sur quatre claviers et pédalier. L’orgue qui a beaucoup souffert des manifestations de la Commune en 1871, est reconstruit en 1879 par le facteur Joseph MERKLIN, alors installé à Paris et à Lyon. En 1920 et 1930, le facteur alsacien RINKENBACH puis le facteur parisien Victor GONZALEZ ont restauré et agrandi l’instrument. D’autres interventions plus ou moins heureuses dans les années 1960 et 1970 auront raison du bon fonctionnement de l’orgue qui devient muet en 1977. En 1985, la ville de Paris lance un appel d’offre pour la reconstruction de l’instrument. Le marché est attribué au facteur hollandais Jan Van DEN HEUVEL, grand spécialiste des instruments symphoniques français et notamment de la facture de CAVAILLÉ-COLL. Le nouveau grand-orgue est construit entre 1986 et 1989. Seul le buffet et les tuyaux de Montre de 1854 sont conservés. L’orgue a été monté dans les ateliers de Dordrecht puis installé dans le buffet historique en 1989. Il a été inauguré en septembre 1989 par son illustre titulaire de l’époque, Jean Guillou (1930-2019). Van Den HEUVEL a réalisé un orgue monumental de 101 jeux sur cinq claviers et pédalier, à la dimension des instruments de St Sulpice ou de Notre-Dame. La disposition a été inspirée par Jean Guillou et Jean-Louis Coignet, expert de la Ville de Paris. Le style de base est celui d’un grand orgue symphonique, mais la richesse de sa composition permet l’interprétation de tous les répertoires. La structure de l’orgue est harmonieusement distribuée sur plusieurs niveaux : dans la nef : la console mobile; au niveau de la tribune : la console attachée au buffet, deux ventilateurs dans des boîtes insonorisées, trois réservoirs, la salle des machines Barker, et le positif de dos; au premier étage : le grand orgue, la pédale, les Tubas du grand chœur, un ventilateur dans une boîte insonorisée et huit réservoirs; au deuxième étage : le récit, le grand chœur, deux ventilateurs dans des boîtes insonorisées et six réservoirs; au troisième étage : le solo et ses chamades, un ventilateur dans une boîte insonorisée et six réservoirs. Des escaliers de bois facilitent l'accès à toutes les sections de l'instrument. Les portes d'entrée à la tribune ont été complètement refaites en acajou par les frères Van den HEUVEL qui ont aussi restauré le buffet autour de la console ainsi que le panneau de dos du positif qui avait disparu. Dans cette très riche composition, on peut relever un grand plein jeu basé sur le 32 pieds au grand orgue, le plein jeu harmonique II-VIII rangs au grand chœur, les cinq rangs de chamades au solo, alimentées par de l'air à pressions croissantes des basses vers l'aigu, la série de Flûtes Harmoniques (8, 4, 2 2/3, 2, 1 3/5, 1’) au solo, qui est une innovation de Jean Guillou, et on pourrait citer beaucoup d’autres particularités. A noter la Contre-Bombarde 32' de la pédale offerte par les frères Van den HEUVEL faisant de cet instrument le seul au monde à disposer de trois jeux d'anches de 32 pieds. L’alimentation en vent est assurée par six ventilateurs électriques et 23 réservoirs, distribuant l’air aux quelque 8000 tuyaux de l’orgue, et avec des pressions différenciées. La transmissions des jeux et des claviers est mécanique à la console de tribune. La division de Positif est directe, celle du Grand- orgue directe peut être à la demande assistée d’une machine Barker, les divisions de Récit, Grand-chœur, Solo et Pédale sont assistées par des machines Barker. La console mobile de la nef est reliée à la console principale par une liaison numérique et une reprise électromécanique. Cet orgue a connu d’illustres titulaires comme Beauvarlet-Charpentier de 1815 à 1834, Edouard Batiste de 1854 à 1876, Joseph Bonnet de 1906 à 1944, André Marchal de 1945 à 1963, Jean Guillou de 1963 à 2014. En 2010, la maison Van den HEUVEL a effectué un relevage de son orgue et modernisé la transmission électrique et l’électronique associée. De nouveaux accouplements ont été ajoutés et le combinateur HEUSS dernière génération permet maintenant 10.000 combinaisons, stockables sur clé USB (seulement sur la console électronique de la nef). Paris dispose ainsi d’un instrument hors du commun, qui est au centre de l’activité artistique de l’église dans laquelle sont donnés de nombreux concerts et récitals. Et il fait le bonheur de ses deux titulaires, Thomas Ospital et Baptiste-Florian Marle-Ouvrard en poste depuis 2015. En hommage à Jean GUILLOU, titulaire pendant plus de cinquante ans et disparu en janvier 2019. Voir l’orgue de chœur 
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