Orgues en France et dans le monde.

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Paris 9è  (75)

Eglise St Eugène - Ste Cécile

Merklin-Schutze, 1856



Composition :

Grand-Orgue Positif Récit expressif Pédale
       
Bourdon 16' Dulciana 8' Bourdon 8' Contrebasse 16'
Principal 8' Bourdon 8' Flûte harmonique 8' Soubasse 16'
Montre 8' Prestant 4' Dolce 8' Flûte 8'
Flûte ouverte 8' Octavin 2' Viole de gambe 8' Flûte 4'
Corne de chamois 8' Bombarde 16' Flûte harmonique 4' Bombarde 16'
Flûte octaviante 4' Trompette 8' Salicional 4' Trompette 8'
Prestant-doublette 4-2' Clairon 4' Cornet II/IV rgs Clairon 4'
Plein-jeu IV rgs   Cor anglais 16'  
    Trompette 8'  
    Voix humaine 8'  

Autres caractéristiques :
33 jeux - 3 claviers manuels de 54 notes et pédalier 30 notes
Traction mécanique (avec machine Barker au Récit)
Accouplements : POS/GO, GO/REC, POS/REC
Tirasses : POS, GO, REC
Appels d'anches : GO, POS, REC, PED
Tremblant: Récit
Partie instrumentale classée « monument historique »


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Historique :


Le grand orgue a été construit par la société en commandite J. Merklin-Schutze & Cie., en 1854-55. Cette entreprise, alors totalement inconnue en France, était installée à Ixelles-lez-Bruxelles (banlieue sud-est de Bruxelles, près de la Porte de Namur) en Belgique.
Son directeur, le badois Joseph Merklin (1819-1905), venait cependant de réaliser une opération commerciale assez étonnante: depuis le 12 janvier 1855, son entreprise était devenue propriétaire de l'ancienne maison Daublaine-Callinet de Paris.

Le caractère publicitaire et mondain de l'Exposition Universelle de Paris, inaugurée le 15 mai 1855, incite Joseph Merklin à présenter l'instrument dans la section belge. C'est également l'occasion pour la société J. Merklin-Schutze & Cie. de s'imposer en France et d'informer la clientèle de sa fusion avec la maison Daublaine-Callinet. Les objectifs fixés sont atteints, un très grand nombre d'organistes et de musiciens jouent et entendent l'instrument; la société J. Merklin-Schutze & Cie. obtient une médaille de première classe, la grande médaille d'honneur revenant à la Maison Cavaillé-Coll, et son directeur Joseph Merklin reçoit la décoration de Chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique.

Lorsque l'Exposition Universelle ferme ses portes le 15 novembre 1855, l'instrument est provisoirement démonté dans l'attente de l'inauguration de la nouvelle église Saint-Eugène.

Dès le début de 1856, les employés de la "maison Merklin" se mettent aussitôt au travail. L'instrument terminé est inauguré le 9 mai 1856, par Georges Schmitt, organiste de l'église Saint-Sulpice, Renaud de Vilbac, organiste titulaire de la paroisse, Monsieur Wakenthaler, et plusieurs élèves de l'École Niedermeyer.

Le 14 mai, Pierre-Louis Dietsch, François-Joseph Fétis, Adrien De La Fage, Louis Niedermeyer et Joseph D'Ortigue procèdent à l'expertise; le rapport, rédigé par Adrien De La Fage, est aussitôt édité chez Henri Plon.

Tous les sommiers de l'instrument sont à pistons, y compris les sommiers de la Pédale. C'est une nouvelle génération de sommiers qui se caractérise par une alimentation individuelle des tuyaux ainsi, chaque tuyau possède sa propre soupape. Joseph Merklin avait appris la construction des "kegellade" auprès de Eberhard Friedrich Walcker à Ludwigsburg pendant sa période d'apprentissage. La traction de l'orgue est entièrement mécanique, le récit tire une machine Barker d'un modèle original et sur laquelle est branchée la machine d'accouplements. Voilà pourquoi les accouplements s'effectuent de bas en haut, le récit étant le clavier totalisateur.

Cette particularité n'avait pas échappé aux membres du Jury de l'Exposition Universelle, qui, par ailleurs, avaient clairement analysé le caractère novateur de l'instrument:

«L'orgue de Messieurs Merklin Schutze & Cie est une alliance des systèmes allemands et français perfectionnés. Bien que composé de trente-trois jeux, répartis sur les quatre divisions, sa puissance sonore est considétable parce qu'elle résulte du bon caractère des timbres et de la juste proportion établie entre eux.»

L'instrument n'est pas sans rappeler le grand orgue de la Cathédrale de Murcie en Espagne (63 jeux répartis sur quatre claviers et pédalier) dont il apparaît comme une «réduction». Enfin, le buffet, en osmose parfaite avec l'édifice qui l'entoure, a été dessiné par M. Boileau, architecte de l'église.

Puissent ces quelques lignes convaincre les organistes du caractère hautement historique de cet orgue tout à fait exceptionnel; il symbolise l'arrivée de Joseph Merklin en France et constitue un maillon essentiel, malheureusement rare, de l'histoire de la facture d'orgues en Europe au milieu du XIXè siècle.

Michel Jurine


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Photos :
    
Paris St Eugène


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