Orgues en France et dans le monde.

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Paris 5è  (75)

Eglise St Etienne du Mont

Le Pescheur, 1636



Composition :

Grand-orgue : Positif: Récit expressif : Echo expressif : Pédale :
Montre 16' Principal 8' Quintaton 16' Dulciane 16' Bourdon 32'
Bourdon 16' Bourdon 8' Principal italien 8' Principal 8' Bourdon 16'
Montre 8' Flûte creuse 8' Cor de nuit 8' Bourdon 8' Principal 16'
Principal 8' (?) Prestant 4' Gambe 8' Salicional 8' Flûte 16'
Bourdon 8' Flûte 4' Voix céleste 8' Unda maris 8' Grande quinte 10' 2/3
Flûte harmonique 8' Nasard 2' 2/3 Fugara 4' Principal 4' Bourdon 8'
Prestant 4' Doublette 2' Flûte 4' Flûte conique 4' Principal 8'
Flûte à cheminée 4' Tierce 1' 3/5 Nasard 2' 2/3 Doublette 2' Flûte 8'
Doublette 2' Larigot 1' 1/3 Octavin 2' Sesquialtera II rgs Grande tierce 6' 2/5
Grand cornet V rgs Septième 1' 1/7 Tierce 1' 3/5 Plein-jeu IV rgs Quinte ouverte 5' 1/3
Mixture II rgs Piccolo 1' Fourniture IV rgs Trompette 8' Grande septième 4' 4/7
Fourniture IV rgs Plein-jeu IV rgs Cymbale III rgs Hautbois 8' Principal 4'
Cymbale III rgs Trompette 8' Bombarde 16' Régale 8' Flûte 4'
Bombarde 16' Cromorne 8' Trompette 8' Trompette en chamade 8' Tierce 3' 1/5
Trompette 8' Chalumeau 4' Clarinette 8' Clairon 4' Nasard 2' 2/3
Clairon 4' Clairon 4' Basson-hautbois 8'   Flûte 2'
    Voix humaine 8'   Fourniture IV rgs
    Clairon 4'   Bombarde 16'
        Trompette 8'
        Clairon 4'
        Bassons 32', 16', 8', 4'

Autres caractéristiques :
89 jeux (83 réels) - 4 claviers manuels de 61 notes et pédalier de 32 notes.
Transmissions électriques. .
Accouplements tous claviers en 16'- 8'- 4'.
Tirasses: Grand-Orgue, Positif, Récit, Echo en 8', tirasse Positif et Récit en 4'.
Tremblants au Récit et à l'Echo.
Crescendo général. Combinaisons ajustables électroniques.
Buffet classé Monument Historique.


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Historique :


D’après les registres de la paroisse, un orgue était présent dès la seconde moitié du XVIe siècle. En 1624, le conseil de fabrique reconnaît la nécessité de faire construire un nouvel orgue et ce n’est qu’à la réunion du 15 décembre 1630 que la décision finale est prise et que la construction débute.
Le devis du buffet fut signé le 22 janvier 1631 et sa réalisation fut confiée à Jean Buron pour une somme de 4,000 livres. Ce n’est pas seulement un travail de menuiserie et de sculpture, c’est encore un véritable ouvrage d’architecture qu’exécuta Jean Buron qui devait mourir aussitôt son achèvement et sa mise en place, car c’est de la main de sa veuve, Geneviève Rebours, qu’est signée la quittance, datée du 13 février 1633. La qualité de la sculpture, l'équilibre des proportions en font le chef-d'oeuvre du maître de Germain Pilon. La figure du Christ ressuscité, en particulier, est certainement due au ciseau du génial disciple.

La construction du buffet étant achevée, le facteur Pierre le Pescheur commença l’installation et la mise en harmonie d’un instrument d’une trentaine de jeux avec une montre de 16’« bien étoffée » et un bourdon de 16’, quatre claviers de 48 notes et une pédale séparée de 32 notes. Le devis original de cet instrument n’a pas été retrouvé mais il a pu être reconstitué à partir de l’inventaire établi en 1760 par le facteur Nicolas Somer.
Pierre le Pescheur termina son travail vers le 15 juin 1636, date à laquelle le conseil de fabrique nomma les experts appelés à recevoir l’instrument. Le rapport, soumis le 26 juillet suivant, concluait que les orgues avaient été bien faites et octroyait une gratification de 200 livres au facteur.

En 1717, le facteur Julien Tribuot exécute des travaux identifiés par l’organiste Jean Buterne et qui concerne la réfection des cinq soufflets et l’adjonction de « pédales de flûtes » et ce, pour une somme de 1400 livres. Après 52 ans de présence, Buterne quitta son poste et fut remplacé par Claude-Nicolas Ingrain en 1726.

L’orgue fut gravement endommagé lors d’un incendie survenue pendant la nuit du 23 au 24 juillet 1760. Le facteur Nicolas Somer fut chargé de dresser un mémoire des réparation à faire et, c’est à partir de ce document, construit plus d’un siècle auparavant par le Pescheur, qu’il est possible de connaître sa composition.

Sommer offrait de refaire les quatre claviers manuels en portant à 50 le nombre de notes, d’ajouter une Grosse Tierce « un jeu très nécessaire » au Grand-Orgue, une Trompette et un Hautbois au Positif, et de refaire à neuf le sommier du Positif, la soufflerie et la mécanique, pour la somme de 8,525 livres. Son mémoire, revu par François-Henri Cliquot et Louis-Claude Daquin, fut réduit à la somme de 8,000 livres. Le contrat définitif fut signé le 22 septembre 1766 et Nicolas Somer commença les travaux en collaboration avec ses fils Louis et Antoine, mais il mourut le 21 juillet 1771 avant leur achèvement. Cliquot, prié d’évaluer les réparations effectuées, les estima à la somme de 5,200 livres et fut chargé, le 10 juillet 1772, de terminer les travaux pour une somme de 3,000 livres. Le célèbre facteur refit tous les jeux d’anches, mit un Hautbois au Positif, un autre au Récit à la place de la Trompette, et ajouta une Bombarde de 16’ à la Pédale.

Les travaux furent complétés le 18 juin 1777 et l’orgue fut reçu par Balbastre et Charpentier. Ingrain ayant quitté son poste le 21 avril 1769, il fut remplacé par Guillaume Lasceux qui occupera le poste jusqu’au 2 janvier 1819.

Réparé successivement par Pierre-François Dallery et John Abbey, l’ancien instrument des Le Pescheur et des Cliquot avait été, en 1873, entièrement remanié par Aristide Cavaillé-Coll qui avait ajouté une Bombarde de 16’ au clavier manuel, réduit à trois le nombre de claviers, et fourni un Récit de 42 notes entièrement neuf. La plupart des jeux anciens avaient été conservés, notamment tous ceux du Positif; au total, l’orgue comprend 39 jeux. À cette occasion, l’orgue fut inauguré avec le concours de César Franck. Dix ans plus tard, Cavaillé-Coll était encore revenu perfectionner son ouvrage.

En 1911, Théodore Puget, chargé du nettoyage de l’orgue, enrichit le Récit de la première octave au grave qui manquait, ajouta cinq pédales de combinaison et déplaça la soufflerie pour rendre la tribune plus spacieuse; enfin, le même facteur installa, en 1922, un ventilateur électrique.

Mais la transformation la plus radicale fut celle de Beuchet-Debierre terminée en 1956 sur les indications de Maurice Duruflé qui en est le titulaire depuis 1929: 90 jeux dont 56 à l'intérieur du buffet, Pédale à l'extérieur (flûtes et bourdons entre le tambour de la porte et la tribune), Écho dans la tour d'escalier menant initialement à l'orgue, Positif se prolongeant jusqu'à l'emplacement de la console en fenêtre, console électrique sur la galerie latérale nord.

L'ensemble est ré harmonisé par Gonzalez avec adjonction de deux jeux en 1975 et relevé par Bernard Dargessies en 1991.


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Photos :

Paris St Etienne du Mont
     
                            Paris St Etienne du Mont


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