Orgues en France et dans le monde.

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Paris 18è  (75)

Basilique du Sacré-Coeur

Cavaillé-Coll, 1898



Composition :

Grand-Orgue : Positif expressif: Récit expressif : Solo expressif : Pédale :
         
Montre 16' Quintaton 16' Bourdon 16' Bourdon 16' Flûte 32'
Gambe 16' Principal 8' Diapason 8' Diapason 8' Soubasse 32'
Bourdon 16' Salicional 8' Flûte traversière 8' Flûte harmonique 8' Flûte 16'
Montre 8' Flûte harmonique 8' Bourdon 8' Octave 4' Soubasse 16'
Salicional 8' Cor de nuit 8' Viole de gambe 8' Flûte octaviante 4' Violonbasse 16'
Flûte harmonique 8' Dulciane 4' Voix céleste 8' Octavin 2' Quinte 10' 2/3
Viole de gambe 8' Flûte 4' Octave 4' Fourniture II-V rgs Flûte 8'
Bourdon 8' Octavin 2' Flûte octaviante 4' Cornet VIII rgs Violoncelle 8'
Prestant 4' Carillon III rgs Doublette 2' Clarinette 16' Bourdon 8'
Viole 4' Cornet V rgs Plein jeu III-V rgs Cor anglais 8' Tierce 6' 2/5
Nasard 2' 2/3 Basson 16' Bombarde 16' Trompette 8' Quinte 5' 1/3
Doublette 2' Cromorne 8' Trompette harmonique 8' Tuba magna 16' (cham.) Septième 4' 4/7
Fourniture V rgs Voix humaine 8' Basson-hautbois 8' Tuba mirabilis 8' (cham.) Corno dolce 4'
Cymbale IV rgs Trompette 8' Clairon harmonique 4' Cor harmonique 4' (cham.) Bombarde 32'
Cornet V rgs       Bombarde 16'
Bombarde 16'       Basson 16'
Trompette 8'       Trompette 8'
Clairon 4'       Clairon 4'

Autres caractéristiques :
79 jeux - 4 claviers de 61 notes et pédalier de 32 notes.
Transmission mécanique avec machine Barker. .
Accouplement: Pos./G.O., Réc./G.O., Solo/G.O., Réc./Pos., Solo/Pos., Solo/Réc. Octaves graves: G.O., Pos., Réc., Solo. Octaves aiguës: Récit.
Tirasses: G.O., Pos., Réc. 8' 4', Solo. Trémolo au Pos., Réc., Solo. 1 comb. pour chaque clavier.
Appel du G.O. Appel des jeux de combinaison G.O., Pos., Réc., Péd. Appel de la chamade du Solo. Appel de la Flûte 32' et Bombarde 32'.
Partie instrumentale classée Monument Historique.


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Historique :


L'orgue du château d'Ilbarritz :

Le grand orgue de la basilique a d'abord été celui du baron Albert de l'Espée, wagnérien passionné, qui voulut un troisième orgue encore plus considérable que les deux premiers. Il ne commanda pas seulement le plus monumental orgue de salon d'Aristide Cavaillé-Coll, mais la plus grande de ses constructions (les orgues de Notre-Dame et de Saint-Sulpice étant des reconstructions). À la fin du XIXè siècle, où la folie apparaissait comme un trait de génie, les grandes aspirations, les rêves de grandeur et les exigences du baron rejoignaient ceux d'Aristide Cavaillé-Coll, mais la différence se révélait dans les moyens que possédaient l'un en flots débordants et l'autre au bord de la faillite.

Le baron Albert de l'Espée dépensa 100,000 francs pour ce chef-d'œuvre, couronnement de la carrière d'Aristide Cavaillé-Coll, une véritable Fantaisie-Idylle sonore d'un luxe fantastique pour son château, un vaisseau fantôme à côté de la mer à Ilbarritz. Situé sur la colline, le long de la côte atlantique, au sud de Biarritz, sur la route d'Espagne, le château, construit de 1894 à 1896 pour loger cet orgue monumental, était dû à l'architecte Gustave Huguemin. Celui-ci avait établi 1,200 plans en grand format, destinés à l'aménagement des 600,000 mètres carrés (0.2 mille carré ou 6,458,346 pi2) du domaine. Les premiers plans, datant de 1889 à 1890, mentionnent les dimensions de l'orgue, situé au cœur du château. Sans style particulier, l'intérieur était décoré de marbre et de chêne. D'après Christophe Luraschi, "la menuiserie seule fut payée 240,000 francs or. Le château, dans son ensemble, en coûta 5 millions. […] La pierre de taille utilisée dans les murs atteignait 1,500 mètres cubes (16,146 pi3), sans compter les 75 m (807 pi3) de marbre brut. La surface des terrasses babyloniennes entourant la demeure était d'un kilomètre carré (0.4 mille2 ou 10,763,910 pi2). Elles étaient toutes dallées tantôt de pierre, tantôt de céramiques de Paray-le-Monial, payées 22 francs or le mètre. Il n'y avait pas une seule vitre ordinaire dans toute la propriété. La surface des glaces de Saint-Gobain dépassait un carré de 650 mètres (2,132 pi) de côté. Derrière les vitres doubles, parfois triples, on ne percevait ni la plainte lugubre du vent marin, ni le bruit monotone des flots fougueux venant percuter le roc. La masse d'Ilbarritz était sensiblement supérieure à 20,000 mètres cubes (706,293 pi3). Les cinq étages du château ne mesuraient pas moins de 40 mètres (131 pi) de hauteur […] L'immense salle d'orgue du premier étage mesurait 22 mètres (72 pi) de long, 14 mètres (46 pi) de large et 17 mètres (56 pi) de haut, offrant 3,360 mètres cubes (118,657 pi3) d'espace acoustique et occupait le centre du château, avec ses cheminées de chêne massif hautes de six mètres, ses parquets à bâtons rompus, ses splendides plafonds à caissons […] "
Un escalier en bois sculpté qui desservait les cinq étages contribuait à une acoustique parfaite. Pour faire résonner au mieux les jeux de l'orgue, le baron avait consulté les plus grands acousticiens contemporains, dont Aristide Cavaillé-Coll.

Le baron commanda une copie du meilleur orgue de concert d'Aristide Cavaillé-Coll, celui de la grande salle de concert Albert Hall, de Sheffield, installé en 1873. L'orgue du baron de l'Espée fut le troisième plus grand orgue d'Aristide Cavaillé-Coll et le quatrième plus important de France: il comportait tous les perfectionnements jamais réalisés par le facteur: 70 jeux, 74 registres (4 jeux divisés en basses et dessus) mis en œuvre par 4 claviers manuels de 61 notes et un pédalier de 32 notes. La console en amphithéâtre (à l'instar de celles des orgues de Notre-Dame et de Saint-Sulpice) comportait le tirage de jeux à double effet et des moteurs pneumatiques actionnaient toutes les transmissions. Trois divisions étaient expressives, et l'instrument comptait 3 jeux ondulants, 3 jeux de 32 pieds à la Pédale et un grand chœur d'anches en chamade.

Transfert à Paris, à la Basilique du Sacré-Cœur

En 1903, le baron, désirant vendre son château, décida alors de revendre son orgue à Charles Mutin pour un prix qui nous est resté inconnu. Cet orgue monumental occupa les ateliers Cavaillé-Coll-Mutin à Paris jusqu'en 1913 lorsqu'il fut installé à la Basilique du Sacré-Cœur de Paris.

Trois ans avant la mort du baron de l'Espée, à Nuremberg, le rêve d'Aristide Cavaillé-Coll, qui ambitionnait la construction d'un orgue monumental pour le monde catholique, fut enfin réalisé! L'instrument fut alors logé dans un buffet dessiné par l'architecte Lucien Magne en 1914. L'ancien buffet resta parmi les marchandises en magasin, avenue du Maine.

L'orgue de la Basilique fut inauguré le 16 octobre 1919 par Charles-Marie Widor, Marcel Dupré et le titulaire, Abel Decaux.

Restauré par la Société Cavaillé-Coll en 1930-1931, il fut relevé par Jean Perroux en 1948.
La maison Beuchet-Debierre, de Nantes, le restaura en 1959-1960 et il fut classé "monument historique" en 1981.

Grâce à l'initiative du titulaire, Daniel Roth, la maison Jean Renaud, de Nantes, le restaura une troisième fois. Il fut inauguré au cours des offices de la fête de la Pentecôte, suivi d'un concert le lundi 27 mai 1985.



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Photos :

Paris Sacré Coeur

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