Orgues en France
et dans le monde.
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Historique Photos
Paris 1er (75)
Oratoire du Louvre
Gonzalez, 1962
Composition :
| Grand-Orgue
: |
Positif :
(*=expressif) |
Récit expressif
: |
Pédale : |
| |
|
|
|
| Montre
16' |
Diapason 8' |
Quintaton 16' |
Montre 16' |
| Bourdon
16' |
Flûte creuse 8'
* |
Principal 8' |
Soubasse 16' |
| Montre
8' |
Cor de nuit 8'
* |
Gemshorn 8' |
Contrebasse 16' |
| Bourdon
8' |
Principal 4' |
Flûte à fuseau
8' |
Grande quinte
10' 2/3 |
| Flûte
harmoniqe 8' |
Gemshorn 4' * |
Voix céleste 8' |
Principal 8' |
| Salicional
8' |
Nasard 2' 2/3 * |
Prestant 4' |
Bourdon 8' |
| Prestant
4' |
Quarte de
nasard 2' * |
Flûte ouverte
4' |
Octave basse 8' |
| Flûte
douce 4' |
Tierce 1' 3/5 * |
Nasard 2' 2/3 |
Quinte 5' 1/3 |
| Quinte
ouverte 2' 2/3 |
Larigot 1' 1/3
* |
Octavin 2' |
Principal 4' |
| Doublette
2' |
Piccolo 1' * |
Tierce 1' 3/5 |
Flûte 4' |
| Fourniture
IV rngs |
Fourniture III
rgs |
Fourniture IV
rgs |
Choral basse 2' |
| Cymbale
III rgs |
Cymbale II rgs |
Cymbale III rgs |
Fourniture IV
rgs |
| Cornet V
rgs |
Trompette 8' |
Tuba 16 |
Bombarde 16' |
| Bombarde
16' |
Cromorne 8' * |
Trompette 8' |
Basson 16' |
| Trompette
8' |
Soprano 4' |
Basson-hautbois
8' |
Trompette 8' |
| Clarinette
8' |
|
Voix humaine 8' |
Basson 8' |
| Clairon
4' |
|
Clairon 4' |
Clairon 4' |
| |
|
|
Basson 4' |
Autres caractéristiques :
67 jeux dont 58 réels - 3 claviers manuels de 61 notes et pédalier de 32 notes.
Transmissions électriques.
Tous accouplements en 16', 8', 4'.
Tirasses G.O., Pos., Récit. Trémolo au récit.
Appels d'anches.
Crescendo général. 5 combinaisons ajustables.
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L'église
des Pères de l'Oratoire, qui fut choisie tant de fois par les Académies
des Lettres et des Sciences pour y célébrer avec éclat la fête de
Saint-Louis, et par les Maîtres de musique de Paris pour leur messe
annuelle de Requiem, a dû posséder un orgue dès le premier tiers du
dix-septième siècle. Faut-il rappeler que la musique du roi s'y rendait
souvent, et que Louis XIII, cantor bénévole, Anne d'Autriche et Louis
XIV aimaient venir y faire leurs dévotions ? C'est dans l'église des
Pères"au beau chant" que, le 14 janvier 1635, un grand concert de
musique religieuse attirait les nonces Mazarin et Bolognetti; que les
maîtres de musique du roi, François Veillot, Thomas Gobert, et plus
tard du Bousset, firent exécuter leurs grands motets à basse continue;
c'est là encore que fut chanté le fameux Miserere de Lully pendant le
service célébré en grande pompe, le 4 mai 1672, à la mémoire du
Chancelier Séguier...
Si, en ce qui concerne les religieux, le souvenir est resté de
l'activité musicale des PP. François Bourgoing et Gaspard Bouhon, les
archives de l'Oratoire sont muettes en ce qui concerne les orgues et
les organistes, ce qui nous laisse à penser que le service ordinaire de
l'instrument liturgique fut toujours assuré par l'un des Pères de
l'Oratoire jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Le 15 janvier 1793, sur un décret de la Convention Nationale, l'église
déjà vidée de son mobilier fut aménagée en magasin pour les effets
d'équipement des armées; en 1811 enfin, un décret impérial affecta
l'édifice au culte réformé.
Depuis plusieurs années déjà, l'Eglise Réformée de la Seine avait la
jouissance provisoire de l'église Saint-Louis-du-Louvre; en 1790, un
membre du Consistoire, L. Féline, y avait fait installer à ses frais un
orgue qu'il avait, en 1805, encore fait réparer et améliorer à la
demande du titulaire Jean-Nicolas Lefroid de Méreaux, qui suivit son
instrument à l'église de l'Oratoire après qu'il eût été, en 1811, mis
en place sur la magnifique tribune de pierre qui s'y élève à
l'extrémité de la nef (cette spacieuse tribune qui occupe la première
travée de la nef est supportée par deux colonnes d'ordre corinthien et
clôturée par une balustrade qui se relie avec celles des autres
tribunes).
En 1825, le Consistoire obtint de la Ville de Paris une subvention de
1o.ooo francs pour aider au remplacement de cet orgue alors devenu
inutilisable à cause de sa vétusté. Une commission dont Chérubini et
Paër faisaient partie, fut formée l'année suivante; elle examina divers
projets soumis notamment par Grenié et Callinet, et décida finalement
l'exécution du devis présenté par Callinet et jean Somer. Ce devis se
montait primitivement à 17.160 francs pour un orgue de 26 jeux à3
claviers; un supplément de 1.500 francs fut voté pour pouvoir augmenter
encore de deux jeux l'instrument prévu. La composition en était la
suivante. Tous ces renseignements sont extraits des Archives du
consistoire de l'Eglise Réformée de Paris (Carton C. II-g). Nous
remercions M. Voigt de nous en avoir aimablement facilité l'accès.
Composition bizarrement équilibrée! 10 jeux d'anches sur 28 jeux, pas
de jeux de 2 pieds, ni de fournitures; le grand choeur devait sembler
bien lourd et bien grinçant.
En même temps, l'architecte Godde était chargé, moyennant 2267 francs,
de l'entreprise du buffet; il établit un meuble à, façade plate d'un
dessin fort simple et présentant une grande analogie avec le buffet du
grand orgue de l'église de la Sorbonne exécuté l'année précédente. Il
n'y a pas à l'Oratoire de positif apparent et le grand massif se
compose simplement de trois plates-faces garnies de tuyaux et séparées
par des pilastres soutenant un entablement dont la corniche est décorée
de denticules et de modillons. Les oves, feuilles d'eau, perles et
arabesques des modèles les plus classiques font partie de la
décoration.
La réception de l'instrument fut faite le 17 mai 1828 par J.-M. Beauvarlet-Charpentier et Louis Séjan.
Vers 1845, il fut question sur l'initiative de l'organiste Ernest
Meumann, successeur des de Méreaux, de remplacer l'orgue de Somer et
Callinet par un grand instrument-modèle de 32 pieds qui aurait compté
56 jeux. Meumann lui-même en avait dressé le plan; des devis avaient
été demandés à Cavaillé-Coil et à Daublaine, une commission constituée,
Danjou consulté; mais le projet grandiose ne pût jamais être mis à
exécution et tout ce travail aboutit, en somme, à une simple remise en
état de l'ancien instrument, entreprise confiée en 1852 à
Cavaillé-Coil.
Cette restauration prolongea l'existence de l'orgue de Somer et
Callinet pendant un demi-siècle, puisque ce fut seulement en 1898 que
fut décidé son complet renouvellement.
J.-N. Lefroid de Méreaux mourut le 6 février 1838; son fils Amédée
Méreaux, l'auteur bien connu de la précieuse collection "Les
clavecinistes de 1637 à 1790", lui avait succédé à l'orgue de
l'Oratoire.
Les travaux furent, cette fois, commandés à la maison Merklin :
l'ancien buffet était conservé, mais la disposition des claviers
primitivement placés derrière l'orgue devait être modifiée, et une
console moderne installée sur le devant de la tribune. L'instrument,
construit dans le système pneumatique tubulaire, compte 32 jeux:
Tous ceux qui ont fréquenté, ce demi-siècle, la belle
église classique de l'Oratoire, ont entendu un instrument de type
romantique, caché derrière son vieux et sombre buffet Restauration
(1828), sur la tribune accrochée au revers du portail principal. Il
s'agissait d'un Merklin de deux claviers (1898), riche de trente-deux
jeux d'un beau métal, mais d'une sonorité empâtée, sans grande vie, en
dépit des tours de force des organistes - Henriette Roget et
Marie-Louise Girod - qui étaient chargés de le jouer et qui
s'efforçaient d'en tirer des sonorités variées dans l'oeuvre de Bach ou
dans celle de nos contemporains. Il fut décidé, voilà dix ans, de
mettre un terme à la vie de ce vieux serviteur et de lui donner un
remplaçant. Ce dernier assimilerait, autant que faire se peut, le
matériel sonore de Merklin, puisque montre, jeux d'anches, bourdon
pouvaient encore prétendre à la vie, à une vie prolongée même.., et
renouvelée.
Une Commission se réunit à la Ville de Paris, qui groupait, outre les
organistes suscités et le signataire de ces lignes, MM. Alexandre
Cellier et Marcel Dupré, alors professeur d'orgue au Conservatoire
national, ainsi que les architectes en chef des Monuments Historiques,
MM. Prieur et Sallez. De nombreux avis furent émis, qui aboutirent à
la composition d'un grand orgue de soixante-sept jeux, d'un
agrandissement et d'une transformation de la tribune. Il fut décidé
notamment et je revendique ici une responsabilité entière de placer la
tuyauterie du second clavier, celui du Positif, dans les deux niches
latérales qui flanquaient la tribune, afin de dégager cette dernière et
d'y pouvoir loger les effectifs d'un grand choeur.
Les experts se mirent d'accord, de ce fait, pour demander un orgue de
traction électrique; dans le grand corps, habillé par une façade neuve
d'un étain majestueux et chantant, ont été placés les jeux de la
pédale, ceux du clavier principal, ceux du clavier expressif de Récit.
Scindé en deux corps, le Positif est inexpressif pour les principaux,
les pleins jeux, la trompette; expressif pour les bourdon, flûte,
cornet, cromorne...
La transformation de l'orgue a été confiée par les Services des
Beaux-Arts de la Ville de Paris aux Établissements Gonzalez (1961). Les
jeux anciens ont été utilisés au mieux, retouchés, réharmonisés,
rediapasonnés, et c'est ainsi que, dans ce grand corps de conception
néoclassique, on découvre un salicional, un gemshorn, une clarinette,
jeux qui ne figurent pas toujours dans les compositions actuelles. La
console meuble situé au centre de la tribune qui renferme les trois
claviers manuels et le pédalier, reste fort lisible et d'un maniement
très aisé. Deux combinaisons générales (d'autres viendront plus tard)
permettent de changer instantanément de registration.
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