Entrez dans le monde magique des orgues. Page créée le 07/02/2008 Mise à jour le 09/08/2010 L’orgue Thierry / Cavaillé-Coll       (1730/1868) de la Cathédrale Notre-Dame de Paris (75). Orgues en France et dans le monde. Pays : France Région :  Ile de France Départ. : 75 Ville : Paris (4ème) Local : Cathédrale Notre-Dame Facteur : Thierry/Clicquot/Cavaillé-Coll Année : 1730/1783/1868 Passion,     Découvertes,     Partage.... Historique Disposition
Carte Cliquer Photos L'orgue médiéval: 1403-1730 L'histoire des instruments de Notre-Dame de Paris commence vers 1250. Le premier instrument fut suspendu en nid d'hirondelle sous une fenêtre haute de la nef. Vers les années 1400, on décida de placer un second instrument sur une haute et étroite tribune de pierre au-dessus du grand portail ouest alors que l'ancien orgue continuait d'être utilisé. Ce nouvel instrument de Frédéric SCHAMBANTZ fut achevé le 25 octobre 1403. Une vaste restauration débute en 1473 qui durera cinquante ans. L'instrument connaît alors diverses modifications et améliorations et un grand nombre de tuyaux sont restaurés. En 1609, on ajoute un second clavier en supprimant, pour le placer, le pédalier et sa mécanique. L'instrument possède alors les trois sonorités normales: un plenum, une série de flûtes et une batterie d'anches, soit probablement un peu moins de 2000 tuyaux. Un troisième clavier est ajouté en 1620 et un quatrième, en 1672. Aujourd'hui il ne reste plus que douze tuyaux de l'orgue médiéval. L'orgue classique: 1730-1838 Lorsqu'en 1730 la décision est enfin prise d'acquérir un orgue neuf, la France est entrée dans le "siècle des lumières" et l'ébénisterie médiévale doit disparaître. Ces travaux sont confiés à François THIERRY. L'instrument fut entièrement repensé: les claviers neufs ont 50 notes, ut1 à ré5: aux quatre claviers classiques, on ajoute, en troisième position, un clavier de Bombarde, ce qui est encore une nouveauté. Le Grand-Orgue compte une Montre 32' et un Plein Jeu sur 4 registres. La batterie comporte une Bombarde et une seconde Trompette. Les divisions du Récit et de l'Écho sont comme d'habitude. La pédale est renforcée. Le grand buffet neuf, à la mode du temps et dans un style Louis XV non encore dégagé de la raideur du grand siècle, est placé beaucoup plus haut et cache une partie de la rosace ouest. Cet orgue sera utilisé pendant cinquante ans. En 1783, François-Henri CLICQUOT intervient. Pour disposer de plus de place dans le Positif, un nouveau buffet de style Louis XVI fut construit par CAILLOU. Tous les jeux de ce clavier furent refaits à neuf, sauf le Bourdon 8' et le Cornet, alors qu'un Bourdon 16' fut ajouté et une Flûte 8' vint prendre la place de celle de 4'. Au Grand-Orgue, la plupart des tuyaux en étain furent remplacés sans changement au plan sonore. Pour avoir une Flûte 8', on envisagea seulement de déboucher le Bourdon alors que les anches furent entièrement refaites. Une Trompette fut ajoutée au clavier de Bombarde. L'Écho fut reconstruit à la manière de CLICQUOT : Flûte, Bourdon, Trompette et Clairon. La pédale fut de nouveau renforcée. Quant au buffet, il fut agrandi jusqu'aux murailles par des panneaux de style Louis XVI surmontés de grands palmiers de bois. Pendant la Révolution, l'orgue fut utilisé pour des fêtes diverses mais, bien que menacé par des arrêtés révolutionnaires, l'instrument n'eut à souffrir que des années d'abandon comme ce fut le sort de la plupart des orgues en France. Il faut noter seulement la destruction à la hache des ornements qui rappelaient la monarchie et des fleurs de lys qui ornaient les mascarons à la base de deux des colonnes des buffets. Dès 1828, l'état général laissait beaucoup à désirer. Quelques années plus tard commençaient les travaux de restauration du bâtiment par Viollet-le-Duc et Lassus. La poussière dans les tuyaux, la fatigue d'une soufflerie trop dure, la pluie et le vent s'engouffrant dans les verrières en réfection amenèrent le dernier des Dallery, Louis-Paul à proposer une mise au point avec de modestes modernisations dans la soufflerie. L'orgue symphonique Comme les travaux d'architecture absorbaient encore tous les crédits, Viollet-le-Duc commanda un instrument digne d'une cathédrale, mais sans luxe ni vaines recherches et en utilisant, le plus possible, le matériel existant. Le projet d'un "instrument de premier ordre à quatre claviers et pédalier suffisant pour les dimensions de l'église" naquit en 1862. En juin 1864, les travaux de restauration débutèrent sous la direction d'Aristide CAVAILLE-COLL. Celui-ci regrette l'absence du Positif (supprimé par Viollet-le-Duc) et que la tribune ne puisse être abaissée. Il avance le grand buffet pour gagner de la profondeur et disposer les sommiers en étages. L'ensemble des jeux est appelé à former un tutti où tout est conçu pour se marier ensemble, donner une grande puissance et remplir l'immense vaisseau. De là, l'introduction des mixtures progressives et de mutations jusqu'aux septièmes avec étagement par clavier pour assurer une liaison intime entre les fonds et les anches et leur donner, en même temps, de l'éclat. Par l'adoption de vents séparés et de pressions différenciées entre les plans sonores et entre les basses et les dessus d'un même plan, il permet d'assurer une harmonie ascendante. Pour alléger la transmission mécanique, il fait appel, comme à Saint-Sulpice, à la machinerie de leviers pneumatiques imaginée par l'organier anglais Barker en 1839. L'orgue de Notre-Dame fut joué à Noël, hors-concours, dans le cadre de l'exposition universelle de 1867. Une commission internationale fut chargée de la réception officielle de l'instrument qui eût lieu en février 1868. Selon les registres du chapitre, la bénédiction de l'instrument a eu lieu le vendredi 6 mars à 7 heures du soir par l'archevêque de Paris, Mgr Georges Darboy. Celui-ci a béni le nouvel orgue de son siège, pendant qu'un vicaire , monté à la tribune, jetait l'eau bénite sur l'instrument. En 1904, Charles Mutin effectue un relevage. Louis Vierne, nommé en 1900, demande à ce que la Clarinette et la Dulciane du Récit soient remplacés par un Diapason 8', une Octave 4' et une Fourniture IV. Les basses harmoniques des Bombardes et des Trompettes du Récit sont remplacées par des tailles réelles. C'est un premier infléchissement néoclassique. L'orgue moderne En 1924, la soufflerie est électrifiée. En 1932, Joseph BEUCHET effectue un second relevage avec modification de jeux: à la Pédale, ajout d'un Violoncelle 16' et d'un Bourdon 8'; au Grand-Chœur, une Flûte 8'; au Récit, une Cymbale prit la place du Nasard qui passa au Positif à la place du Piccolo. Sous la direction de Pierre COCHEREAU, l'orgue subit, en 1963, les modifications suivantes (intervention de Jean HERMANN et Robert BOISSEAU): la pédale est portée à 30 jeux par l'addition d'une Petite pédale de 11 jeux; création d'un Plénum de 32' dans la tradition classique entraînant un réaménagement du Plein Jeu aux 5 claviers; création d'un Grand Choeur d'anches plus puissant et un peu "classisé"; création d'un petit Récit classique de 2 jeux; suppression des machines Barker, nouvelle console, transmission électrique, combinateur électronique. En 1989, le Ministère de la Culture décide d'entreprendre une restauration complète et une modernisation de la traction. Le contrat est attribué, en 1990, à Jean-Loup BOISSEAU et à son associé Bertrand CATTIAUX. La restauration de l'orgue de Notre-Dame a réuni deux mondes jusque-là étrangers l'un à l'autre: la facture d'orgue (Maisons BOISSEAU, EMERIAU, GIROUD) et l'informatique (Maison SYNAPTEL). D'une part, un artisanat de haut niveau, celui d'un pays dont le patrimoine organistique est très riche et où la politique de restauration des orgues anciens, poursuivie tant par l'État que par les municipalités, a permis de former des facteurs d'une compétence internationalement reconnue. D'autre part, le monde des ingénieurs, intégrateurs de systèmes informatiques dans l’aéronautique, l’astronautique ou les télécommunications. Près de 900 tuyaux de bois sont nettoyés à la brosse, au compresseur, repeints et reteintés; 7000 autres sont nettoyés par ultrasons dans un bain d'eau neuve; les Principaux du Grand Orgue et du Positif ont été repavillonnés; ajout de chamades 8' et 4' au Grand-Orgue ainsi que divers accessoires. Réfection de la console et de l'ensemble des transmissions par SYNAPTEL : gestion purement numérique grâce à sept ordinateurs. Avec ce système unique au monde, l'organiste peut mémoriser, travailler et restituer son interprétation. Il peut régler la valeur d'enfoncement de la touche qui correspond au seuil de déclenchement de la soupape. Il dispose d'un logiciel d'édition et de génération de combinaisons qui lui permet de créer, de modifier, de mémoriser, sur disquettes, une infinité de collection de combinaisons. Avec la passerelle MIDI, il peut, après avoir joué, s'écouter afin d'évaluer son jeu ou sa registration. Les organistes Parmi les plus célèbres organistes qui se sont succédés, on dénote, avec leur date de présence à la tribune: • Charles Raquet (1618-1640) - • Louis-Claude Dacquin (1755-1772) - • Armand-Louis Couperin (1760-1790) • Louis Vierne (1900-1937) - • Léonce de Saint-Martin (1937-1954) • Pierre Cochereau (1954-1984) • Les organistes actuels, depuis 1985, sont Olivier Latry, Philippe Lefebvre, et Jean-Pierre Leguay. Voir le site de Notre-Dame Autres caractéristiques : 113 jeux. - 5 claviers de 56 notes et pédalier de 30 notes. Transmission électro-mécanique des claviers et des jeux Accouplements : II/I, III/I, IV/I, V/I, III/II, IV/II, V/II, IV/III, V/III, V/IV Octave grave général des accouplements sur le G.O Tirasses : I/P - II/P - II Sup/P - III/P - III Sup/P - IV/P - IV Sup/P - V/P Inversion Grand-orgue/Positif Gestion numérique des jeux et accouplements Ph. Lefevre/Casadesus Ph. Lefevre Ph. Lefevre C. St Saens Symph N3 Vêpres à ND Improvisation P. Cochereau 1980 Ph. Lefevre O. Latry Improvisation présente l’orgue Improvisation Grand-orgue de la Cathédrale Notre-Dame de Paris