Orgues en France et dans le monde.

Retour France Alpha     Retour Départements     Retour tous pays                                                Historique          Photos

Paris 2è  (75)

Eglise Notre-Dame des Victoires

Lesclop, 1739 - Kern, 1964



Composition :

Positif : Grand-orgue : Récit expressif : Solo : Pédale :
         
Bourdon 8' Bourdon 16' Quintaton 16' Flûte à cheminée 8' Soubasse 16'
Montre 4' Montre 8' Principal 8' Flûte à fuseau 8' Principal 16'
Flûte à cheminée 4' Bourdon 8' Bourdon 8' Cornet III rgs Quinte 10' 2/3
Nasard 2' 2/3 Gros nasard 5' 1/3 Unda maris 8' Voix humaine 8' Flûte 8'
Doublette 2' Prestant 4' Prestant 4'   Prestant 4'
Tierce 1' 3/5 Grosse tierce 3' 1/5 Doublette 2'   Nachthorn 2'
Larigot 1' 1/3 Doublette 2' Sifflet 1'   Fourniture IV rgs
Cymbale III rgs Cornet V rgs Cymbale IV rgs   Bombarde 16'
Cromorne 8' Grosse fourniture II rgs Bombarde 16'   Trompette 8'
  Fourniture III rgs Trompette 8'   Clairon 4'
  Cymbale IV rgs Hautbois 8'   Chalumeau 4'
  Trompette 8' Clairon 4'    
  Clairon 4'      

Autres caractéristiques :
49 jeux - 4 claviers de 56 notes et pédalier de 30 notes.
Transmission mécanique des claviers et des jeux.
Accouplements: Pos./G.O., Récit/G.O., Pos./Récit.
Tirasses: Grand-Orgue, Positif, Récit. 3 tremblants: Pos., Récit, G.O.
Appel grosse fourniture et bourdon 16'. Appel Mixtures G.O. Appel Anches G.O., appel anches Pédale.
Buffet classé monument historique.


Haut de page


Historique :


C’est aux environs de 1732, croit-on, que l’usage des orgues y fut introduit. Mais c’est en 1739 que le maître-menuisier Louis Régnier construisit le splendide buffet actuel, à vrai dire un ensemble comportant le grand corps de l’instrument, le positif, toute la tribune galbée et la porte d’entrée sur la nef. Voilà donc un ensemble rare, peut-être unique par la cohésion de toutes ses parties, l’envergure de la conception, la qualité de ses sculptures, et qui compte « parmi les plus beaux qui se puissent voir en France » aux dires d’Aristide Cavaillé-Coll lui-même.

On pense donc que c’est précisément à cette époque que François-Henri Lesclop construisit le premier orgue de tribune, un 16 pieds avec 32 jeux et 4 claviers manuels déjà réputé « excellent et harmonieux ». On note qu’y fut organiste François Roberday, connu encore aujourd’hui pour ses « Fugues et Caprices », et qui fut aussi orfèvre du Roy, valet de chambre des Reines Anne d’Autriche et Marie-Thérèse, et probablement l’un de professeurs de Jean-Baptiste Lully. C’est alors que commencèrent de nombreux avatars, d’ailleurs difficiles à démêler en ce lieu où l’histoire fit naître et se succéder bien des évènements imprévus et très particuliers.

En 1851, Aristide Cavaillé-Coll effectue un petit relevage de l'instrument. En 1870, le facteur Charles Spackmann Barker reconstruit l'instrument en le réduisant à 30 jeux et 3 claviers manuels. Il remplace le Cromorne par une Clarinette, installe un pédalier à l’allemande mais laisse la console en fenêtre, ne prévoit aucune Mixture mais conserve une mécanique directe et qui, pour tout dire, construit un instrument de style romantique mais de structure encore tout à fait rattachée à la grande tradition française. Beaucoup plus tard, Alfred Kern conservera quelques tuyaux de Barker pour la beauté de leur sonorité.

En 1898, le facteur John Abbey supprime le positif dont la façade devient alors inutile, dresse une console séparée tournée vers l’autel, installe une machine pneumatique et répartit les gros jeux de pédale à l’extérieur de l’instrument sur le mur du fond de la nef, nouvelle disposition en éventail ouvert de part et d’autre du buffet, très spectaculaire en soi mais écrasant regrettablement la belle harmonie originale, et donnant un décalage sonore intempestif. Cette disposition fut visible jusqu’en 1973.

En 1973, le maître organier Alfred Kern, 10 ans après Saint-Séverin, reconstruit entièrement l’instrument, le rétablit dans son état royal d’origine (fasciné qu’il est par la splendeur du buffet), et choisit délibérément une esthétique classique française, à laquelle il ajoute quelques couleurs un peu allemandes, ainsi qu’un Récit assez fourni pour répondre à diverses nécessités. Il en résulte un instrument « Kern » valable d’abord par la qualité de ses timbres, mais aussi par l’étendue et la souplesse de ses possibilités. Le nombre de jeux passe de 33 à 49, le nombre des claviers de 3 à 4, la mécanique suspendue donne un toucher extrêmement agréable, le Récit reste expressif, l’accouplement du Positif sur le Récit s’avère d’une indiscutable utilité, et l’on peut dire aussi, comme certains, que c’est un orgue de style alsacien…

En 1995, Georges Walther et André Schaerer, de la maison Mulheisen, exécutèrent un démontage, un nettoyage et une révision complète de l'instrument.



Haut de page


Photos :

Paris Notre Dame des Victoires   

Paris Notre Dame des Victoires          Paris Notre Dame des Victoires  

Paris Notre Dame des Victoires


Haut de page    Retour France Alpha     Retour Départements     Retour tous pays