Orgues en France
et dans le monde.
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Historique Photos
Paris 4è (75)
Eglise Notre-Dame des Blancs Manteaux
Callinet, 1831 - Kern, 1968
Composition :
| Positif: |
Grand-orgue: |
Récit : |
Solo: |
Pédale : |
| 56 notes |
56 notes |
56 notes |
39 notes |
30 notes |
|
|
|
|
|
| Montre 8' |
Bourdon 16' |
Quintaton 8' |
Flûte à fuseau 8' |
Soubasse 16' |
| Bourdon 8' |
Bourdon 8' |
Flûte conique 8' |
Cornet V rgs |
Quinte 10' 1/3 |
| Prestant 4' |
Flûte à cheminée 8' |
Principal 4' |
Hautbois 8' |
Principal 8' |
| Flûte conique 4' |
Prestant 4' |
Flûte à fuseau 2' |
|
Principal 4' |
| Nasard 2' 2/3 |
Grosse tierce 3' 1/5 |
Sifflet 1' |
|
Cor de nuit 2' |
| Doublette 2' |
Doublette 2' |
Cymbale-tierce IV-V rgs |
|
Fourniture IV rgs |
| Tierce 1' 3/5 |
Sesquialtera III rgs |
Douçaine 16' |
|
Bombarde 16' |
| Larigot 1' 1/3 |
Fourniture III-IV rgs |
Trompette 8' |
|
Trompette 8' |
| Plein-jeu IV-V rgs |
Cymbale IV rgs |
Clairon 4' |
|
Basson 4' |
| Cromorne 8' |
Trompette 8' |
|
|
|
| Voix humaine 8' |
Clairon 4' |
|
|
|
Autres caractéristiques :
43 jeux - 3 claviers manuels et pédalier.
Transmissions mécaniques pour les notes et électriques pour les jeux.
Accouplements: Réc./G.O., Pos./G.O.
Tirasses: Pos., G.O., Réc.
Tremblants: 1 pour le positif, 1 pour Récit/Solo. 2 combinaisons libres.
Appels d'anches: Récit, G.O., Pédale. Appel général des mixtures. Annulation des jeux du G.O.
Buffet classé Monument historique.
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L'église
possédait, avant la révolution, un grand orgue qui était au bas de
l'église, élevé sur une large tribune que soutanaient quatre colonnes
torses provenant du maître-autel de la première église. Aucun document
ne subsiste sur les circonstances au cours desquelles l'église fut
dépossédée de son orgue avant le Concordat.
Après le Concordat, un orgue d'accompagnement neuf à tuyaux de bois, à
double claviers avec plusieurs jeux et pédales est installé dans le
choeur de l'église. Cet orgue, fait par Larroque, a été, par la suite,
agrandi et amélioré par le même facteur. À partir de 1831, Louis
Callinet entreprend la construction d'un grand orgue. Comme l'église
n'a pas de vraie façade, ni de tribune au moment de l'installation, en
1841, il le place donc sur la sacristie, derrière le sanctuaire.
En 1863, une tribune est édifiée. Les colonnes cannelées et rudentées,
au chapiteau ionique, qui soutiennent la plateforme sur laquelle est
posé l'instrument sont de la fin du XVIIe siècle et viennent de
l'abbatiale Saint Victor, après un passage à Saint-Germain-des-Prés. Le
grand buffet, qui repose sur des piliers carrés ornés de magnifiques
panneaux du XVIIIe, faisant partie du même lot que ceux que l'on voit
dans le choeur, a été dessiné par Varcollier en 1863. Le petit buffet a
été fait à l'occasion de la rénovation de l'instrument.
En 1864, Joseph Merklin est chargé de faire le transfert de
l'instrument à sa place actuelle. Les travaux sont achevés en 1867 mais
il n'a plus que 25 jeux. Il est inauguré, le 5 septembre 1867, par les
organistes Édouard Batiste, Alexis Chauvet, Renaud de Vilbac, Eugène
Vast, Edmond Hocmelle et par l'organiste titulaire, Hugueny. Mis au
goût du jour, si l'on en croit la description faite par le facteur John
Abbey en 1910, c'est un orgue symphonique, privé de ses jeux de
mutations à l'exception d'un plein-jeu de trois rangs. L'instrument,
ajoute John Abbey, a été construit en, utilisant tous les bons jeux de
l'ancien orgue Callinet. Toute la partie mécanique, les sommiers et la
soufflerie sont neufs. Le travail est bon et cet orgue serait encore en
excellent état s'il avait été entretenu avec plus de soin. Que
restait-il, en fait, de l'orgue de Callinet? Cinq jeux ont disparu,
vraisemblablement les jeux de détail et les mixtures, mis à part,
peut-être le plein-jeu du Grand orgue et la voix humaine, tout ce qui,
en quelque sorte, soulignait la facture française classique.
En 1925, l'instrument est restauré et agrandi par Auguste Convers qui
le porte à 32 jeux. On y trouve un nasard, un 2', une tierce et un
picolo au positif, tandis que le clavier du grand orgue est doté d'un
plein-jeu de sept à huit rangs, qui est un cornet sur les deux octaves
graves ne devenant plein-jeu qu'à partir du do3 avec une coupure
fâcheuse.
Le 26 août 1944, l'instrument est sérieusement endommagé par
l'explosion de bombes allemandes à 23 h 20 à côté de l'église. Elle
restera sans vitraux et avec des fermetures de fortune jusqu'à la fin
de 1946 ce qui sera funeste pour l'instrument, livré ainsi à toutes les
intempéries d'autant plus qu'aucun travail sérieux de relevage ne sera
entrepris faute de crédits. Les années passent et le grand orgue
devient de moins en moins utilisable.
C'est en 1962 que la Commission des Beaux-Arts religieux de la ville de
Paris décide sa restauration et il la confie au maître facteur
strasbourgeois Alfred Kern, qui achève alors la restauration du grand
orgue de Saint-Séverin à Paris.
Démonté en 1965, peu avant Noël, la presque totalité de l'instrument
part aux ateliers de Strasbourg. Tout ce qui peut être réutilisé le
sera, surtout dans la tuyauterie, entre autres quelques jeux anciens
particulièrement beaux, tels le bourdon 8 du positif, la flûte à
cheminée 8 du grand orgue, le hautbois du solo.
Entre temps, la tribune est déplacée de 2,50 mètres, ce qui agrandit la
plateforme et permettra de reconstruire l'instrument à un mètre environ
du mur de façade, ce qui améliorera son acoustique. L'instrument est
réinstalé entre octobre 1967 et février 1968; c'est le maître Kern
lui-même qui assure l'harmonisation de l'ensemble.
Ses quarante-trois jeux sont répartis sur quatre claviers manuels et
pédalier. La console est placée en fenêtre et commande une mécanique
suspendue d'une très grande précision. L'appel des jeux est
électropneumatique, ce qui a permis l'installation de deux combinaisons
libres, facilitant grandement la préparation de la palette sonore pour
une pièce.
L'esthétique recherchée dans la composition et l'harmonisation est
celle des instruments de l'Allemagne du Nord, conçue et traitée avant
tout pour servir le répertoire baroque: la poésie, le lyrisme, les
polyphonies complexes d'un J.-S Bach, les fantaisies décoratives ou
flamboyantes d'un Buxtehude. Quelques jeux, cependant, se rattachent à
la facture française classique, si bien que nos maîtres français du
grand siècle n'y sont pas trahis.
Béni solennellement le 25 février 1968, il a été inauguré officiellement par Xavier Darasse, le 25 juin 1968.
En 1991, l'instrument a fait l'objet d'un relevage de la part de
Dominique Lalmand ainsi qu'une mise en accord au tempérament Kellner.
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