Orgues en France et dans le monde.

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Nice  (06)

Cathédrale Ste Réparate

JL Boisseau, 1974



Composition :

I. Positif de dos II. Grand Orgue III. Récit expressif IV. Écho  Pédale 
         
Montre 8' Montre 16' Principal 8' Bourdon 8' Bourdon 32'
Flûte (Dessus) 8' Bourdon 16' Gambe 8' Quintaton 8' Flûte 16'
Bourdon 8' Montre 8' Voix céleste 8' Flûte 4' Soubasse 16'
Prestant 4' Bourdon 8' Flûte 8' Nasard 2 2/3' Flûte 8'
Flûte 4' Flûte harmonique 8' Principal 4' Doublette 2' Bourdon 8'
Nasard 2 2/3' Prestant 4' Flûte 4' Tierce 1 3/5' Principal 4'
Doublette 2' Flûte 4' Nasard 2 2/3' Sifflet 1' Flûte 4'
Tierce 1 3/5' Grosse Tierce 3 1/5' Flûte 2' Cymbale II Gemshorn 2'
Larigot 1 1/3' Nasard 2 2/3' Tierce 1 3/5' Régale 8' Plein-Jeu III
Mixture VII Doublette 2' Cornet V Chalumeau 4' Bombarde 16'
Trompette 8' Quarte 2' Bombarde 16'   Ranquette 16'
Cromorne 8' Tierce 1 3/5' Trompette 8'   Trompette 8'
Clairon 4' Fourniture II Hautbois 8'   Clairon 4'
Tremolo  Grande Fourniture III Voix humaine 8'    
  Cymbale IV Clairon 4'    
  Trompette 8' Tremolo     
  Trompette en chamade 8'      
  Clairon en chamade 4'      

Autres caractéristiques :
69 jeux - 4 claviers manuels de 56 notes et pédalier 32 notes
Traction mécanique des claviers - électrique des jeux
Accouplements : POS/GO, REC/GO, REC/POS
Tirasses : GO/PED, POS/PED, REC/PED, Echo/PED
Combinaisons ajustables : 8
Tutti - Annulateur - Crescendo
Pédale d'expression : REC


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Historique :



Il est connu que la cathédrale possède un orgue dès le début du XVIIe siècle. C'est l'évêque Martinengo qui, nommé en 1600, s'empresse de rénover et d'embellir la cathédrale et, à ce titre, prit, au cours du synode de 1602, prit la décision d'établir des orgues dans la cathédrale. Dans un acte du 16 juillet 1601, le conseil de fabrique décide de faire construire un orgue. Cet instrument est réalisé aux environs de 1604 puisque l'évêque écrit, en 1606, que « l'église est assez mal ornée, elle n'a ni trône épiscopal, ni orgues, j'y ai remédié... ». Il est possible que cet instrument fut le tout premier instrument installé dans l'église puisque celle-ci ne reçut son titre officiel de cathédrale qu'en 1590 et que celui-ci était installé dans le choeur, selon la coutume italienne.

Cet instrument a survécu aux travaux d'agrandissement réalisés à partir 1650 et qui comprennent la réfection totale du choeur puisqu'il y eut deux réparations effectuées sur l'instrument: l'une en 1652, l'autre en 1655.

Il faut attendre 1732 pour découvrir la trace d'un autre instrument, dont la description est inconnue, alors que les archives mentionnent le fait que « l'évêque Recrosio a enrichi la cathédrale d'un campanile et d'un orgue ».

Lors de la Révolution, le 4 novembre 1794, l'administration du district de Nice autorise le facteur Honoré Grinda « à recueillir et retirer dans ses ateliers tous les orgues qui restent dans les églises et chapelles de la commune ». Au cours de cette opération, le facteur recueille 208 tuyaux de l'église Saint-Augustin, 286 tuyaux et 2 soufflets de l'église Saint-Jean-Baptiste, 2 claviers de l'église des Cordeliers, et enfin 212 tuyaux de l'orgue de Sainte-Réparate.

Lors de l'installation de l'évêque Colonna d'Istria, premier évêque français de Nice, en 1802, la fabrique demande, à l'administration de la ville, l'autorisation de retirer des mains de Grinda une partie des tuyaux dont il était dépositaire, tout ceci en vue de faire construire un orgue pour la cathédrale. L'administration accepte la requête et demande au facteur Grinda de remettre « tous les effets nécessaires à la reconstruction de l'instrument ». Malheureusement, les tuyaux ont beaucoup souffert durant leur transport et il devient impossible de remonter un orgue avec ces tuyaux, du fait de leur état et de leur quantité insuffisante.

Dans une lettre adressée a préfet du département et datée du 15 février 1803, la fabrique exprime le désir, pour la construction de son orgue, de s'adresser à un facteur reconnu, en occurence à Honoré Grinda. Il s'agit d'un orgue neuf de facture française comprenant 34 jeux répartir sur trois claviers manuels et pédalier pour un total de 2 220 tuyaux. La fabrique, dépourvue de fonds, décide qu'il est nécessaire d'ouvrir une souscription pour l'achat d'un tel orgue. Toutefois, les sommes recueillies ne permettent pas sa réalisation et, en 1805, l'orgue de la cathédrale est seulement restauré avec des matériaux provenant de différentes églises de Nice.

L'orgue ainsi restauré ne donnant pas satifaction, l'évêque fait appel, vers 1816, aux frères Serassi, célèbres facteurs de Bergame (Italie), qui, après avoir visiter l'instrument, refusèrent d'y travailler.

L'orgue, restauré par Grinda, reste tel quel jusqu'en 1831, date à laquelle une réparation s'impose et est réalisé par le facteur Josué Agati, de Pistoia (Italie). Celui-ci démonte, dépoussière, répare les mécanismes, accorde l'instrument, et transforme la Voix humaine en Voix angélique, le tout pour la somme de 284 lires.

En 1843, des réparations majeures s'imposent. La fabrique invite Nicodème Agati, fils de Josué, à visiter l'orgue et à faire ses recommandations. Deux projets sont proposés: réparer le vieil instrument que son père avait relevé en 1831, ou construire un orgue neuf plus proportionné pour l'église et plus moderne. Cet orgue neuf serait un instrument de 34 jeux répartis sur un clavier manuel et pédalier et ce, pour la somme de 9 500 francs. L'ajout d'un deuxième clavier manuel serait disponible pour la somme de 12 300 francs. La fabrique, convaincue par Agati, adopte le second projet, c'est-à-dire la construction d'un orgue neuf, car il est reconnu que l'orgue actuel, même réparé, ne serait jamais parfait et que son entretien entraînerait à la longue, de grosses dépenses.

Encore une fois, la fabrique ne dispose pas des moyens financiers nécessaires pour faire face aux coûts de construction d'un orgue neuf. Aucune réparation n'est apportée au vieil instrument qui continue encore son service pendant un an.

En 1844, l'organiste de la cathédrale, Pietro Gioan, informe la fabrique que l'orgue est presque hors d'usage et recommande de s'adresser aux facteurs Serassi, de Bergame, ou aux facteurs Agati, de Pistoia.
Ayant déjà en mains le projet préparé par le facteur Agati, la fabrique demande une proposition de la part des facteurs Serassi. Le 24 septembre 1845, Mangili Attilio, agissant en procuration de la part des facteurs Serassi, déclare que l'orgue actuel est désuet et que même réparé, il serait toujours une oeuvre imparfaite.

Le 30 septembre 1845, la fabrique signe une entente, avec ce dernier, concernant la construction d'un orgue neuf de 77 rangs répartis sur deux claviers manuels et un pédalier au coût de 24 000 lires payables en 12 échéances annuelles de 2 000 lires après la mise en place prévue à 18 mois à partir de l'accord définitif qui fut signé le 18 novembre 1845.

Comme veut la coutume, la fabrique doit faire construire, à ses frais, le buffet par une entreprise locale. Le 22 octobre 1846, l'architecte Vernier prend connaissance du projet relatif au buffet et à la tribune pour le nouvel orgue. Les travaux de construction sont réalisés par les frères convers jésuites Joseph Ciaudo et Dongo tandis que les travaux de sculpture et dorures sont confiés à Lombard.
Au 24 octobre 1846, le coût total de l'instrument (tribune et buffet compris) est évalué à 30 000 lires.
Au mois de mai 1847, trois ouvriers des facteurs Serassi arrivent à Nice pour déplacer le vieil orgue et installer le nouveau; travail évalué à deux ou quatre mois. La réception de l'instrument est confiée au Padre Davide (Felice Moretti) et a lieu le 14 février 1848.

En 1899, après avoir été en usage pendant un demi siècle et alors que la cathédrale est en besoin d'une réfection importante, on songe à remplacer l'orgue.

 Ainsi, le 20 juillet 1899, le conseil de fabrique confie à Florentin Martella, ancien ouvrier de la maison Cavaillé-Coll, le mandat de construire un grand orgue, de style français, doté des perfectionnements les plus modernes. Il est installé en 1901 et, ce cet instrument, seul le buffet subsiste.

En 1952, le facteur Merklin effectue des réparations et modifie quatre jeux. Le Positif de dos, inspiré du buffet principal, est installé en 1973.

Un nouvel instrument est construit, en 1974, par le facteur Jean-Loup Boisseau, fils de Robert Boisseau, moins "sur les plans" de Pierre Cochereau que d'après un "cahier des charges" intéressant en particulier la composition, auquel il avait participé activement avec son habituelle compétence et sa fidèle amitié pour les facteurs en question. Il s'agit d'un orgue néo-classique possédant 69 jeux répartis sur 4 claviers manuels et pédalier.

L'instrument est malheureusement réduit au silence depuis mars 2005 et nécessite d'importantes réparations.


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Photos :

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