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Page créée le 13/06/2008
Mise à jour le 19/07/2022
Grand-orgue Eustache (1654)
de la cathédrale Notre-Dame et
Saint-Privat de Mende (Lozère)
Orgues en France et dans le monde.
Pays :
France
Région :
Occitanie
Dept :
Lozère
Ville :
Mende
Local :
Cathédrale Notre-Dame et
Saint-Privat
Facteur :
Eustache
Année :
1654
Passion, Découvertes, Partage....
Historique
Disposition
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Photos
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Il y eut à cet emplacement, au cœur de la cité, d’abord une église carolingienne, puis une église de style préroman au 10ème siècle
et une nouvelle église romane construite vers 1105. En 1366, le pape Urbain V, originaire du Gévaudan, fit construire l’actuelle
cathédrale dans le style gothique. Durant les travaux, un incendie détruisit une grande partie de l’édifice. Les travaux d’achèvement
de la nef et du chœur se sont étalés entre 1452 et 1469, date à laquelle la cathédrale fut consacrée. En 1487, la nef est agrandie de
deux travées. Entre 1508 et 1512, l’évêque De la Rovère, neveu du pape Jules II, fit ériger le clocher nord qui culmine à 84m de
hauteur et les chanoines firent élever le clocher sud, haut de 65m. En 1581, la cathédrale fut partiellement détruite par les troupes
du huguenot Mathieu Merle. La reconstruction, à l’identique mais sans fioriture, fut effectuée entre 1599 et 1605 et la cathédrale fut
reconsacrée en octobre 1620. L’édifice se compose d’une nef avec deux bas-côtés bordés de chapelles latérales et d’un chœur
avec déambulatoire dans une abside semi-circulaire, avec deux chapelles sur les flancs du chevet, dans des absidioles
pentagonales. En 1874, la cathédrale fut élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie IX. Le porche néo-gothique qui
précède la façade a été construit en 1905. La cathédrale a été classée aux Monuments Historiques en août 1906. A noter la Vierge
Noire exposée dans la chapelle Notre-Dame à gauche du chœur, mentionnée dès 1249, sauvée de la destruction en 1581 et en
1793, et inscrite aux Monuments Historiques en 1950.
On sait que la cathédrale romane possédait un orgue au 14ème siècle, qui fut transféré dans la cathédrale d’Urbain V. Cet orgue a
été réparé en 1381.
En 1463 le facteur Jean AMICI de Mende construisit un instrument neuf placé dans le chœur.
Cet orgue fut remplacé en 1518 par un nouvel instrument réalisé par le facteur RODILLE de Ribes dans le diocèse de Viviers
(Ardèche). L’orgue fut détruit en 1581 par les huguenots.
En 1653 et 1654, le superbe instrument que nous admirons aujourd’hui en tribune au fond de la nef a été construit par le facteur
André EUSTACHE de Marseille (Bouches-du-Rhône), aidé de son frère Gaspard.
Le buffet Renaissance a été réalisé au modèle de l’orgue construit par EUSTACHE à la cathédrale de Nîmes, sur les plans de Jean
Tiran de Draguignan (Var), par les maîtres menuisiers et sculpteurs Christophe Noiratte et Antoine Cabizel de Marseille. La tribune
est l’œuvre du charpentier Guillaume Julien.
L’orgue qui devait comporter entre 20 et 25 jeux sur deux ou trois claviers, sans pédalier, fut reçu et payé le 26 décembre 1654.
En 1724, le facteur Etienne LETOURNEUR de Lyon (Rhône) a effectué des travaux de consolidation du buffet, a effectué un
relevage de l’orgue, ajouté deux jeux (Flûte 8’ et Larigot) et a posé un pédalier à la française.
En 1781 et 1790, le facteur Joseph ISNARD, neveu du célèbre Jean-Esprit ISNARD et frère cadet de Jean-Baptiste, a effectué des
travaux de relevage et a ajouté des jeux de détail et de mixtures.
A la Révolution, l’orgue échappa à la destruction grâce à son organiste qui joua la Marseillaise et autres louanges à la Déesse de la
Raison…
Entre 1835 et 1839, le facteur John ABBEY de Versailles (Yvelines) restaure l’instrument et particulièrement la mécanique et la
façade. Il modifie quelque peu la disposition sonore.
En 1840, le buffet est classé aux Monuments Historiques, au titre d’immeuble, sur la première liste de Mérimée.
Une autre restauration est réalisée en 1902 par le facteur Charles MUTIN de Paris, successeur de CAVAILLÉ-COLL. Les travaux
sont inaugurés par un récital d’Eugène Gigout le 20 décembre 1902. L'orgue possède alors 35 jeux.
En 1906, le buffet est classé au titre d’objet aux Monuments Historiques.
En 1953, l’instrument a fait l’objet d’un relevage effectué par la maison Puget, de Toulouse, à l’occasion de son troisième centenaire.
En 1975, la partie instrumentale de l’orgue a été classée aux Monuments Historiques.
Entre 1979 et 1986, l’instrument a fait l’objet d’une restauration majeure : le buffet a été restauré par les ateliers Férignac de
Hautefort (Dordogne) et la partie instrumentale a été restaurée dans sa disposition classique par le facteur Yves KOENIG de Sarre-
Union (Bas-Rhin). 5 jeux ont été placés et la Fourniture du G.O a été décomposée : Cymbale III et Fourniture V sur le même tirant à
deux crans.
En 2000, la maison KOENIG et le facteur Philippe EMERIAU de Saint-Sylvain-d’Anjou (Maine-et-Loire), ont réalisé un relevage. Le
sommier du Récit a été avancé, une mixture a été ajoutée au Grand-orgue et l’instrument a été accordé à un tempérament «presque
égal» pour faciliter l’accompagnement de la liturgie.
L’orgue possède aujourd’hui 35 jeux et la majorité de ses 2.328 tuyaux sont antérieurs à la révolution.
De nombreux récitals sont donnés sur ce remarquable instrument, à l’initiative de l’Association des Amis de l’Orgue et de la
Cathédrale de Mende.
Autres caractéristiques :
35 jeux - 3 claviers manuels et pédalier
Transmission mécanique des claviers et des jeux
Accouplement : I/II
Tirasse : II/P (Tire également le I lorsqu'il est accouplé)
Diapason : La = 415 Hz
Tempérament "presque égal"
Jean-Charles Defrance
Présentation de l’orgue