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 Page créée le 24/05/2018   Orgue Orden (1781) de la cathédrale de l’Incarnation  de Málaga (Esp.)
Orgues en France et dans le monde.
Pays : Espagne Région :  Andalousie Ville : Málaga Local : Catedral de la Encarnación (Orgue de l’Evangile) Facteur : De la Orden Année : 1781
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Autres caractéristiques : 67 jeux - 3 claviers manuels de 51 notes (C-c''') et pédalier 10 marches (C-H) Transmission mécanique des claviers et des jeux Claviers divisés au c'/c#' Accouplements : I/II - III/II à tiroir Genouillère droite pour accoupler Pos Int (I) + Pos dos (I) et retrait Flute 13 GO Genouillère gauche pour retrait des Trompeta Batailla et Clarin I et II du G.O Tremblant doux et tremblant fort Tambourins Jeu de Clochettes Diapason : La = 443 Hz - Tempérament mésotonique
L’histoire de la cathédrale commence en 1487, alors que la ville vient d’être reconquise aux arabes par les castillans. La grande mosquée qui se trouve à cet emplacement est consacrée à l’Incarnation pour accueillir le culte catholique. Les travaux de construction pour remplacer la mosquée commencent en 1528 avec l’architecte Diego de Siloé. Après une interruption, les travaux reprennent en 1549 sous la direction de l’architecte Diego de Vergara. Les travaux s’arrêtent à nouveau en 1588, alors que la Porte du Sanctuaire, l’abside, le chœur, les chapelles latérales et le transept sont réalisés et que la cathédrale est officiellement consacrée. Un mur est élevé pour permettre au culte d’être célébré. Les travaux de la nef reprennent au 17ème siècle, financés par un impôt local et vont s’étaler au 18ème siècle jusqu’en 1782, date à laquelle l’impôt est supprimé. Le mur de séparation de 1588 ne fut abattu qu’en 1764. La cathédrale restera inachevée (il manque l’élévation de la tour sud) et prendra depuis lors le surnom de « La Manquita ». L’édifice se compose d’une nef à trois vaisseaux, d’un transept et d’une abside semi-circulaire avec son déambulatoire. La tour Nord s’élève à 84 m de hauteur et domine la façade baroque. Cet imposant édifice est remarquable par le mélange des styles gothique (début 16ème siècle), Renaissance (fin 16ème et 17ème siècle) et baroque (18ème siècle). Le chœur absolument remarquable date de la première moitié du 17ème siècle. Les stalles ont été réalisées par Luis Ortiz de Vargas. Les dix-sept chapelles de la cathédrale renferment des œuvres artistiques exceptionnelles réalisées entre le 16ème et le 18ème siècle. La plupart des vitraux sont plus récents et datent des 19ème et 20ème siècles. On sait la présence d’un Positif dans l’ancienne grande mosquée après 1487 lorsqu’elle fut christianisée. En 1598, un nouvel orgue fut placé par le frère dominicain Joseph de MENDOZA, orgue acquis d’occasion à la paroisse de Sanlúcar de Barrameda (Cadix - Andalousie). En 1660, le facteur Claudio OSORIO reconstruit un instrument neuf dans le buffet précédent. En 1719, le chapitre nomme Cristóbal GARCIA pour entretenir les orgues. Ce dernier construit un Positif neuf en 1765. Ce n’est que dans les années 1770, alors que les travaux de la cathédrale s’achèvent enfin, que le chapitre et l’évêque Molina Lario demandent des devis à quatre grands facteurs de l’époque : Francisco PÉREZ de Valladolid de Séville, Salvador PABÓN de Grenade, José GARCIA de Malaga et Antonio SOLER et Jorge BOSCH de Madrid. Après moultes tergiversations ces différents devis seront écartés par le chapitre. En novembre 1778, le contrat fut passé pour les deux grands orgues avec le facteur Julián de la ORDEN, venu de Cuenca (Castille-La Manche). Les deux orgues furent construits entre 1779 et 1783. Le premier, côté évangile, qui porte les armes de l’évêque Lario, a été achevé en 1781 et le deuxième, côté épître, qui porte le lys qui symbolise le chapitre, a été achevé en 1783. Ces deux instruments, construits dans les magnifiques buffets dessinés par José Martin de Aldehuela, constituent l’œuvre majeure du facteur et ont marqué l’aboutissement, après ceux d’AGUIRRE à Séville (1731), de la tradition des orgues jumeaux en Espagne. On constate d’ailleurs l’influence de l’orgue de Séville sur le travail de ORDEN. Ce chef-d’œuvre de Malaga a marqué son concepteur au point qu’il obtiendra de pouvoir bénéficier d’un logement dans la tour de la cathédrale jusqu’à sa mort en 1794. Les deux buffets identiques mesurent 21 m de haut et sont logés entre les piliers du chœur. Ils possèdent une façade arrière donnant dans les nefs latérales. Ils sont divisés en trois parties, la partie basse comprenant la mécanique et la soufflerie ainsi que les deux positifs de dos, côté chœur et côté nef latérale, la partie la plus large comprend le grand-orgue côté chœur et le grand-orgue de la nef latérale, le troisième étage ne comprend que les tuyaux de façade chanoines. Cette disposition qui exclut tout jeu en hauteur évite les effets de la différence de chaleur sur des tuyaux situés trop en hauteur. Le buffet principal côté chœur est couronné par un fronton qui porte en son centre les armes de l’évêque Molina Lario (qui commanda l’orgue), et dans les angles les figures des Vertus. Le buffet supérieur plus étroit est surmonté d’un fronton triangulaire avec des anges musiciens et la date de construction de l’orgue. Tout en haut se dresse la majestueuse statue de la Renommée. La construction des buffets a été assurée par Juan de Salazar et Antonio Medina et les peintures et dorures sont l’œuvre de Gregorio Ortiz et José Romero. La tuyauterie extérieure est répartie sur 28 tourelles et plate-faces. Chaque instrument comprend 70 jeux avec un total de 4.733 tuyaux parlants dont 510 tuyaux en chamade sur les deux façades, plus 128 tuyaux chanoines. La disposition très riche est typique de la facture classique de cette époque avec de nombreux jeux de mutations, de mixtures et d’anches très brillantes. ORDEN a achevé l’orgue de l’Evangile en 1781 et celui de l’Epître en 1783. La structure des deux instruments et leur disposition sonores sont quasiment identiques. Dans l’orgue de l’Evangile, la quasi-totalité de la tuyauterie est d’origine, si l’on excepte les anches de pédale de 1805. De même la mécanique, les claviers, les tirants de jeux et leurs cartouches sont d’origine. L’orgue de l’Epitre est moins fatigué pour ce qui concerne sa mécanique, car il a sans doute moins servi, mais sa tuyauterie est plus abimée que celle de son jumeau et a subi plus de modifications. En 1805, le facteur Leandro GARCIMARTIN de Inès est intervenu sur la soufflerie, il a également rehaussé le ton et rajouté les anches de pédale. En 1815, José Molero de la ORDEN, petit cousin du maître, a effectué un relevage. En 1851, une restauration a été effectuée par José ORTEGA : soufflerie, alimentation en vent, tuyauterie et nettoyage. En 1901, Aquiles GHYS, facteur d’origine belge, a effectué des travaux d’entretien et de réparations diverses. En 1925, Pedro GHYS a installé la soufflerie électrique. Il a assuré l’entretien de l’orgue pendant de nombreuses années. En 1973 la maison ORGANERÍA ESPAÑOLA de Azpeitia (Pays-Basque) est intervenue sur la soufflerie et l’alimentation en vent et a effectué quelques travaux sur la tuyauterie. En 1993, la maison A & K Organos de Vento de Barcelone (Catalogne) a effectué une révision générale. Cet instrument exceptionnel, et son jumeau, nécessiterait sans doute  une véritable restauration. Mais pour autant on ne peut être qu’admiratif sur son état de conservation après plus de 230 ans de service.
Vue vers l'entrée. Orgue de l'Evangile à droite. Evangile à droite. Arrière de l'Epître à gauche Buffet de grand-orgue côté nef latérale
(1) : jeux enfermés sur sommier séparé
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