Orgues en France
et dans le monde.
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Historique Photos
Lourdes (65)
Basilique Notre-Dame du Rosaire
Cavaillé-Coll, 1897
Composition :
| I-
Grand-Orgue | II- Positif expressif | III- Récit expressif | Pédale |
| | | | |
| Montre 16 | Principal 8 | Quintaton 16 | Flûte 16 |
| Bourdon 16 | Salicional 8 | Flûte harmonique 8 | Soubasse 16 |
| Montre 8 | Bourdon 8 | Cor de nuit 8 | Basse 8 |
| Violoncelle 8 | Prestant 4 | Gambe 8 | Bourdon 8 |
| Flûte harmonique 8 | Doublette 2 | Voix céleste 8 | Bombarde 16 |
| Bourdon 8 | Plein-jeu IV-V | Octavin 2 | Trompette 8 |
| Prestant 4 | Nazard 2 2/3 | Flûte octaviante 4 | |
| Quinte 2 2/3 | Tierce 1 3/5 | Trompette harmonique 8 | |
| Doublette 2 | Piccolo 1 | Clairon harmonique 4 | |
| Fourniture IV | Basson-Hautbois 8 | Voix humaine 8 | |
| Cymbale III | Clarinette 8 | Cornet V | |
| Bombarde 16 | | | |
| Trompette 8 | | | |
| Clairon 4 | | | |
Autres caractéristiques :
42 jeux - 3 claviers manuels et pédalier
Tirasses Grand-Orgue, Positif et Récit | Anches Pédale et Grand-Orgue
Trémolo Positif et Récit | Grand-Orgue à l'unisson
Octave grave du Grand-Orgue | Octave grave Récit. Grand-Orgue
Positif/Grand-Orgue | Récit/Grand-Orgue | Récit/Positif
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Son origine :
Commencée en 1883 et bénite en 1889, la Basilique Notre-Dame du Rosaire
se devait de posséder un orgue à la hauteur de son histoire. En 1895 on
songea à faire appel à l'illustre facteur d'orgues CAVAILLE-COLL, déjà
auteur des instruments de la Basilique de l'Immaculée Conception: orgue
de choeur (1872) et grand-orgue de tribune (1874).
Terminé au début de l'année 1897, le grand-orgue de la Basilique N.-D.
du Rosaire comprenait 40 jeux répartis sur 3 claviers manuels et
pédalier, à l'intérieur d'un buffet roman dû à l'architecte Simil, et
construit en chêne du Nord.
Son harmonisation fut confiée par Cavaillé-Coll à Félix Reinburg,
spécialisé dans les instruments des grands vaisseaux (à Paris:
Notre-Dame, la Trinité, le Trocadéro; en province: Saint-Sernin de
Toulouse, Saint-Ouen de Rouen; en Angleterre: le Royal Albert Hall de
Sheffield ...)
La réception de l'orgue eut lieu le 20 mai 1897, par les membres d'une
Commission composée de personnes éminentes, dont MM. Ch-M. Widor, F.
Planté (élève et ami de F. Liszt) et J.Antzenberger (organiste
titulaire de la Grotte), le P. Duthu (organiste de Garaison) et l'Abbé
Cramaussel (Maître de chapelle des Sanctuaires).
L'inauguration eut lieu le dimanche 30 mai 1987. L'orgue fut béni
solennellement par Mgr Billère, Evêque de Tarbes. La partie musicale
était assurée principalement par Charles-Marie Widor, avec le concours
des chantres de la Grotte.
De 1897 à 1954 :
L'organiste des Sanctuaires Joseph Antzenberger (auteur de la mélodie
chantée de nos jours sous le titre Vierge de lumière) ne profita guère
de l'instrument puisqu'il mourut deux ans plus tard. Lui succéda, en
1899, le Père Noël Darros, missionnaire de l'Immaculée-Conception.
Celui-ci avait été l'élève des plus grands maîtres (Vierne, Guilmant,
Widor et Gigout à Paris, et Capocci à Rome). Il assura vaillamment et
humblement sa tâche d'accompagnateur, interprète et compositeur au
service de Notre-Dame, jusqu'en 1954, année de sa mort. Pendant ces
cinquante-cinq années, le grand-orgue du Rosaire fut conservé tel quel.
Tout au plus y eut-il un dépoussiérage dans les années trente.
De 1955 à 1969 :
A la mort du P. Darros, en 1954, le nouvel organiste des Sanctuaires
fut le chanoine Alexandre Lesbordes, lui aussi élève de solides maîtres
à l'institut Pontifical de Musique Sacrée.
Parallèllement à la composition de messes et de chants liturgiques
racés, ses goûts électriques le portèrent à remettre au goût du jour
les grandes fresques chorales classiques (Bach, Haendel ...). Peut-être
cela influença-t-il son désir d'infléchir le caractère trop romantique
du grand-orgue du Rosaire pour l'orienter vers un esprit néo-classique.
C'est ainsi qu'en 1955, aussitôt arrivée à Lourdes, il demanda à Mgr
Théas de permettre les travaux suivants, qui furent commandés au
facteur d'orgues toulousain Maurice Puget:
- suppression de 3 jeux anciens;
- ajouts ou transformations de 15 jeux (nazards et tierces à tous les
claviers, Bombarde au Récit, deux Pleins-jeux au Positif et au Récit,
Trompette et Cromorne au Positif, Clairon à la Pédale, et deux fonds de
4' - la plupart de ces jeux en zinc et plomb);
- ajout de petits sommiers électro-pneumatiques postés en plusieurs endroits (afin de pouvoir loger les jeux nouveaux);
- baisse des pressions et modification de l'harmonie.
De 1969 à 1997 :
En 1969, l'Abbé Paul Décha, successeur du Chanoine Lesbordes, et
compositeur de chants liturgiques bien connus (Vierge Sainte, Peuple de
baptisés ...) alla plus loin dans cette démarche, faisant électrifier
l'instrument.
C'est l'ORGANERIA ESPANOLA d'Azpeitia (Pays basque) qui accomplit en
1971 cette importante transformation, dont voici les grandes lignes:
- tribune sensiblement agrandie - raccourcissement du buffet - suppression des sculptures du buffet et de la balustrade;
- nouvel agencement interne de la charpente, des sommiers et des soufflets;
- suppression de la mécanique et des machines Barker - modification dans les pressions et l'harmonisation;
- électrification de l'ensemble - ajout d'un clavier de Positif de front de 8 jeux;
- ajout de mixtures (dont une cymbale au Récit) - console placée à distance.
Ainsi, à la fois néo-classique et modernisé (selon "les progrès de la
technique", comme on disait alors), le grand-orgue était devenu "un
orgue à tout jouer" comme il s'en est beaucoup construit entre les
années cinquante et soixante dix.
L'électrification de l'instrument permit d'avoir, outre la console fixe
de la tribune, une deuxième console mobile jouable aussi bien sur le
Parvis du Rosaire (processions) que dans la Prairie (grandes
célébrations). Cette possibilité, intéressante en soi, obligeait
toutefois à vider la nef du Rosaire, étant donné la prise de son captée
à la source.
1997: Centenaire du Grand-Orgue Cavaillé-Coll
S'il ne nous appartient pas de juger des intentions de nos
prédécesseurs, il nous est toutefois possible de faire preuve de
davantage de recul. D'autre part, n'avons-nous pas à transmettre aux
générations futures les chefs-d'oeuvre légués par nos ancêtres ?
En 1997 donc, se fit sentir la nécessité évidente de rendre son âme à ce bel instrument dénaturé.
Le Frère Jean-Paul Lécot (Organiste aux Sanctuaires depuis 1969, puis
Maître de chapelle et organiste des Sanctuaires depuis 1994)
sensibilisa les autorités en vue de réaliser une vrai restauration.
De 2002 à 2005: Sa restauration par la maison PESCE
En 2002, celle-ci fut décidée sur les bases d'un cahier des charges dont voici les grandes lignes:
- retour à l'ancienne tribune (aux lignes plus gracieuses) et à sa
balustrade - retour au grand buffet et au petit buffet de style roman,
avec leurs scluptures;
- retour à la transmission mécanique d'origine, avec ses machines Barker et sa console Cavaillé-Coll;
- suppression de tous les ajouts postérieurs (c'est à dire:
électrification, Positif néo-baroque, mixtures suraigûes, console
éloignée, etc ...);
- suppression de la tuyauterie en zinc et plomb - restauration des sommiers - retour aux pressions et à l'harmonie d'origine;
- reconstruction des soufflets et porte-vents - retour à la composition d'origine.
Voici le détail de cette restauration à l'identique faisant suite à un
appel d'offres lancé par le SEM de l'Accueil Notre-Dame, et réalisée de
2002 à 2005 par l'entreprise PESCE de Pau (gros oeuvre, finition et
harmonisation de l'instrument), et l'entreprise GIL de Lourdes (tribune
et balustrade):
Ont été restaurés tous les éléments anciens conservés:
- des éléments du buffet - les sommiers,
- environ 70% de la tuyauterie d'origine (plus ou moins remaniée en 1955 et 1971).
Ont été construits à neuf, dans l'esprit Cavaillé-Coll, tous les éléments disparus:
- les grandes tourelles latérales avec leurs avancées garnies de tuyaux chanoines - le faux positif de dos,
- de nombreux éléments décoratifs (selon le plan original),
- la console à trois claviers manuels de 56 notes et pédalier de 30
marches, 43 tirants de registres, 11 pédales de combinaisons, 2 boîtes
expressives,
- les transmissions mécaniques de tirage de notes pour les 4 plans sonores, avec leurs abrégés et barres d'équerres,
- une assistance pneumatique dite "machine Barker" pour les 3 claviers manuels,
- l'ensemble des mécanismes de tirage des jeux - les mouvements mécaniques des boîtes expressives,
- un réseau de porte-vent en bois et de postages en plomb - 8 soufflets dits "à plis compensés" - 11 gosiers,
- une alimentation en vent avec des pressions différentes (non
seulement pour chaque plan sonore, mais aussi pour les basses et dessus
du Grand-Orgue),
- 8 jeux, et compléments de tuyauterie.
Les nombreux relevés effectués par le facteur sur l'orgue de la
Basilique N.-D. du Rosaire et sur des instruments de facture
Cavaillé-Coll similaires (Saint-Sever dans les Landes notamment) ont
permis de réaliser à l'identique la tuyauterie neuve (un Plein-Jeu de
positif avec ses principaux 4' et 2', et un Cornet de Récit) et l'harmonisation des 2800 tuyaux de cet orgue.
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