Orgues en
France
et dans le monde.
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Historique
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Carte
La
Chaise-Dieu (43)
Eglise Abbatiale
Carouge, 1726
Composition
:
| I/ Positif de dos |
II/ Grand-orgue |
III/ Récit |
IV/ Echo |
Pédalier à la Française |
| 48 notes |
48 notes |
25 notes |
32 notes |
C-D à d’-c’-f |
| |
|
|
|
|
| Cornet 3 rgs (Ut 3) |
Cornet
5 rgs (Ut3) |
Cornet
5 rgs |
Bourdon
8 |
Flûte 8 |
| Montre 8 |
Montre
8 |
Trompette
8 |
Prestant
4 |
Trompette
12 |
| Prestant 4 |
Prestant
4 |
|
Cornet
3 rgs |
Clairon 6 |
| Dessus Flûte 8 (Ut
2) |
Bourdon
16 |
|
Cromone
8 |
|
| Bourdon 8 |
Bourdon
8 |
|
|
|
| Flûte 4 à cheminée |
Flûte
4 à cheminée |
|
|
|
| Nazard 2 2/3 |
Grosse
tierce 3 1/5 |
|
|
|
| Doublette 2 |
Nazard
2 2/3 |
|
|
|
| Doublette 2 |
Doublette
2 |
|
|
|
| Tierce 1 3/5 |
Quarte
2 |
|
|
|
| Larigot 1 1/3 |
Tierce
1 3/5 |
|
|
|
| Plein Jeu 5 rgs |
Fourniture
4 rgs |
|
|
|
| Trompette 8 |
Cymbale
3 rgs |
|
|
|
| Clairon 4 |
Cymbale |
|
|
|
| Cromone 8 |
1re
trompette 8 |
|
|
|
| Voix humaine 8 |
2e
trompette 8 |
|
|
|
| |
Clairon
4 |
|
|
|
Autres caractéristiques :
42 jeux - 4 claviers manuels et pédalier
Traction mécanique des claviers et des jeux
Accouplement à tiroir P/GO
Tremblant doux et fort
Ton La = 396 Hz
4 soufflets cunéiformes
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Le
magnifique
instrument que nous pouvons maintenant contempler a connu bien des
vicissitudes au cours des ans avant de renaître pour le plaisir de nos
yeux et de nos oreilles.
L’orgue de 1683 :
Les archives de l’abbaye mentionnent la construction d’un orgue en
1683. Il s’agit du « petit buffet » et de la tribune qui existent
encore aujourd’hui. Nous ne savons pas quel a été le facteur d’orgue de
cette première réalisation. Hyacinthe Serroni alors abbé commendataire
de La Chaise-Dieu est un grand seigneur fastueux arrivé à la cour de
France dans l’entourage du cardinal Mazarin. Il a sans doute voulu
faire réaliser à La Chaise-Dieu un somptueux décor comme
l’affectionnaient tant les Italiens de l’époque baroque. La tribune est
signée Cox. Ce sculpteur, peu connu, a travaillé dans la vallée du
Rhône et en Auvergne. Le décor n’est sans doute pas entièrement de sa
main. Il s’inscrit dans la logique décorative du baroque français.
Cette conception est déjà très archaïque pour la fin du XVIIe siècle.
Nous avons là un des derniers grands programmes décoratifs sur un
orgue. Par la suite les buffets seront plus sobres.
Nous savons peu de choses sur la structure sonore de cet instrument
limité aux 14 jeux du positif. Il n’a pas été terminé, probablement à
cause de la faillite de l’abbé.
L ‘orgue de 1727 :
Sous l’abbatiat du cardinal de Rohan, les travaux reprennent. Le
chantier est confié à un facteur parisien qui a beaucoup travaillé en
Franche-Comté, Marin Carouge. Il complète l’instrument de 1683. L’orgue
est alors assez semblable à celui que nous connaissons aujourd’hui. Il
doit comporter une quarantaine de jeux répartis sur quatre claviers et
un pédalier. La tuyauterie nouvelle prend place dans le grand buffet,
d’un style assez différent de celui du positif de 1683. Ce second
buffet est d’un style très classique « Louis XIV », bien que postérieur
de douze ans à la mort du Roi-Soleil. Marin Carouge n’a pas cherché
l’homothétie des buffets, contrairement à ce qui se pratique
d’ordinaire. En fait, le grand buffet est vraisemblablement une
récupération d’un autre orgue. (Des sorties de « porte-vent » sont
situées à l’arrière du buffet à un endroit où elles sont
inutilisables). Les sculptures de ce grand buffet sont moins
travaillées que celles du positif. Il convient de remarquer les statues
d’anges musiciens au sommet des grandes tourelles. Il s’agit d’un
travail de grande qualité, anonyme mais d’une facture très semblable à
ce que faisait Vaneau et son entourage au Puy à la même époque.
Au cours du XVIIIe siècle, nous pouvons identifier deux interventions
de facteurs d’orgue. En 1779 un certain J. Prades, de la ville de
Sommières en Bas-Languedoc effectue des travaux qu’il est difficile
d’évaluer. Mais surtout, à la fin du XVIIIe siècle, on entreprend de
changer le sommier du positif. On installe à la place de l’ancien
sommier de 48 notes (de 1683 ?) un sommier de 50 notes, sans doute un
ancien sommier de grand-orgue.
Vicissitudes :
L’orgue sonne sans doute pour la dernière fois le 18 mars 1791. Les
scellés sont apposés sur l’instrument. Il semble avoir été saccagé lors
des fureurs révolutionnaires. En 1832, on s’active un peu autour de
l’orgue. Le conseil de fabrique désigne Frédéric Crateman, facteur
d’orgue habitant à Berne en Suisse pour restaurer l’orgue. Le projet
sera abandonné. En 1849, le buffet est classé monument historique.
Divers projets sont esquissés mais aucun ne verra le jour. De temps en
temps des restaurations minimes sur le buffet et en 1958, la Maison
Merklin refait les tuyaux de façades. Il faudra attendre l’élan donné
en 1966 par l’illustre pianiste Cziffra pour que l’orgue se réveille
enfin. En 1976, Le facteur d’orgue Dunand de Villeurbanne termine une
importante reconstruction. Pour la première fois depuis 180 ans,
l’orgue résonne sous les voûtes de l’abbatiale. Cette restauration
aspirait à retrouver l’orgue tel qu’il était à la fin du XVIIIe siècle.
Hélas, le résultat n’était pas à la hauteur des attentes. L’instrument
s’est vite dégradé et en 1990, il était à nouveau poussif et
difficilement jouable.
La splendeur de l’orgue classique :
En 1990, une restauration limitée avait été confiée au facteur Michel
Garnier. En fait, il est vite apparu impossible de se contenter d’un
rafistolage. L’administration des Monuments Historiques a préféré se
lancer dans une véritable restauration d’envergure, afin de redonner à
l’instrument tout son éclat. Les autorités locales, mairie, conseil
général et conseil régional ont soutenu ce projet avec beaucoup
d’efficacité. Michel Garnier a travaillé de 1990 à 1995 et chacun peut
juger que le résultat est somptueux.
L’orgue de La Chaise-Dieu est le type même de l’orgue classique
français. Il a retrouvé les 40 jeux, les 4 claviers manuels (positif,
grand orgue, récit et écho) de l’instrument de Marin Carouge. Le
pédalier possède le grand ravalement en fa 0.
L’abbatiale bénéficie d’une acoustique agréable, du fait des
tapisseries qui empêchent un écho trop fort, en revanche le jubé est un
redoutable obstacle pour la propagation des sons. Il fallait donc
donner à l’instrument plus de puissance et d’éclat, sans pour autant
qu’il devienne criard. Michel Garnier a montré d’exceptionnels talents
d’harmoniste et chacun peut goûter la richesse et l’ampleur du grand
chœur d’anches. Cela n’empêche pas la délicatesse des jeux de détails.
L’instrument est utilisé dans les liturgies dominicales, pendant toute
la période où les messes sont célébrées à l’abbatiale. Il retrouve là,
la place première qui lui est dévolue. Les amateurs peuvent le
découvrir plus en détails à l’occasion des journées de l’orgue
organisées tous les ans, la semaine qui précède le 15 août. Les plus
grands organistes français ou étrangers s’y relaient. Le répertoire
privilégié est bien évidemment celui des maîtres de l’école d’orgue
française des XVIIe et XVIIIe siècles. Boyvin, Couperin, Grigny,
Corette, Dandrieu et bien d’autres sont ici à l’honneur. L’instrument a
été créé pour eux. Mais rien n’interdit de s’essayer sur Bach ou les
classiques allemands et pourquoi pas certaines pièces de musique
contemporaine. La sonorité devient curieuse à cause du tempérament mais
elle est pleine de charme.
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