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Page créée le 01/07/2019 L’orgue Lois / Vetter (2018) de l’église Saint-Martin de Grandvillars (90).
Orgues en France et dans le monde.
Pays : France Région :  Bourgogne-Franche-Comté Départ. : Territoire-de-Belfort Ville : Grandvillars Local : Eglise Saint-Martin Facteur : Lois / Vetter Année : 2018
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Autres caractéristiques : 17 jeux - 2 claviers manuels et pédalier 1er Clavier divisé à c'/c#' 2è clavier : Jeux de fonds non divisés - 440 Hz Pédalier : 10 marches (octave semi-courte sans si2 naturel) Transmission mécanique des claviers et des jeux Diapason : La = 415 Hz - Tempérament mésotonique Rossignol Tremblant
La première église mentionnée a été construite en ce lieu en 1701 et 1702. Le chœur ne fut achevé qu’en 1718. Devant l’accroissement de la population dû au développement industriel de la ville, un projet d’agrandissement de l’église fut initié en 1841, puis abandonné. En 1845, la municipalité décida de reconstruire l’église dans sa forme actuelle, tout en conservant le clocher de 1702. L’église sera ouverte au culte en 1846. L’édifice se présente sous la forme de croix latine, avec une grande nef et ses deux bas-côtés, un transept saillant et une abside terminée par un chevet pentagonal. Gravement endommagée pendant les bombardements de novembre 1944, l’église a été restaurée après la guerre. Un premier orgue est acquis pour la nouvelle église en 1856. Cet orgue provenait pour le buffet et la tuyauterie de l’ancien instrument du 18ème siècle de l’abbatiale St Léger de Masevaux (Haut-Rhin), et pour la partie mécanique d’un orgue de la même époque de l’église de Porrentruy (Jura-Suisse). Il semblerait que malgré cet assemblage hétéroclite, l’orgue présentait une réelle valeur musicale. En 1923, le facteur Jules BESSERER de Leymen (Haut-Rhin) effectua des travaux de réparation et de nettoyage et posa une soufflerie électrique. Malheureusement, les dommages occasionnés à l’église lors des bombardements de 1944 eurent raison de l’instrument qui devint muet. En 1958, la restauration d’abord envisagée ne sera pas mise en œuvre et la municipalité décide de l’acquisition d’un orgue neuf. En fin 1958, l’instrument est commandé au facteur Louis GEORGEL d’Eurville (Haute-Marne). Le devis relativement bas, financé par les Dommages de Guerre, se traduisit par la piètre qualité des matériaux employés et la détérioration rapide de l’instrument. Comme le précédent, cet instrument était situé en tribune au fond de la nef. L’orgue comportait 16 jeux réels (plus 19 transmissions), dont la plupart récupérés dans l’ancien instrument, sur deux claviers et pédalier. Comme nombre d’orgues de cette période, il n’y avait pas de buffet principal en façade mais des tuyaux apparents en V, pour laisser la vue sur la rosace. Cet instrument sera démantelé et vendu en 2017. En 2012, grâce à l’action résolue de Jean-Charles Ablitzer, titulaire de la cathédrale St Christophe de Belfort et natif de Grandvillars, de l’Association ACORG (Art et Connaissance de l’Orgue espagnol à Grandvillars) présidée par Jean-François Christ et de la municipalité, un projet de construction d’un orgue de facture renaissance-baroque ibérique vit le jour. Ce projet a abouti à la réalisation par deux facteurs espagnols renommés, Joaquín LOIS CABELLO (Taller de Organería) de Tordesillas (Valladolid – Castille-et-León) et Christine VETTER (Órganos Moncayo) de Tarazona (Saragosse – Aragón) du superbe instrument installé en tribune contre la façade du transept nord. Il faut noter que pour accueillir son nouvel instrument, l’intérieur de l’église avait été repeint avec des peintures minérales. L’orgue a été construit en 2016 et 2017 dans les ateliers espagnols puis transféré en janvier 2018 dans l’église St Martin. Après les travaux de remontage, d’harmonisation et d’accord, l’orgue a été inauguré en juin 2018 par un récital de Jean-Charles Ablitzer. Le buffet construit par Joaquín LOIS CABELLO est une copie d’un buffet renaissance vide encore présent dans la collégiale Santa Maria de Toro (Zamora - Castille-et-León). Il est doté de grands volets latéraux. Le tout est décoré d’une riche polychromie entièrement réalisée à la main. LOIS a également réalisé les sommiers et la mécanique, toujours suivant la facture ibérique de la fin du 16ème siècle. La soufflerie à deux soufflets cunéiformes est alimentée par un ventilateur électrique mais elle est également dotée de sa commande manuelle, par cordes et poulies. La partie sonore est l’œuvre de Christine VETTER, spécialiste de la restauration d’orgues historiques. Les jeux ont tous été construits en copie d’instruments historiques de la région d’Aragon, notamment des orgues de Villarroya de la Sierra (Saragosse) et de Paniza (Saragosse). A noter qu’a été réalisée pour cet orgue la copie exacte d’un jeu de Camusado 4’, dont il ne reste en Espagne qu’un seul exemplaire à l’église de Paniza. La plupart des jeux sont en étain pur. La composition de cet orgue est un parfait reflet de la facture renaissance et baroque ibérique.
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Haut de page Haut de page Recherche… Recherche… Photo : S. Cardona Photo : Espirat Photo : M. Gantner Photo : Mirou Photo : acorg - Lamy
Cet orgue est conçu pour être joué sur un clavier divisé, technique qui s’est imposée sur la majorité des orgues ibériques au cours du 17ème siècle. Toutefois un second clavier (non divisé) a été ajouté sur lequel sont placés trois jeux de 8, 4 et 2’ au diapason moderne de 440 Hz et tempérament égal, afin de pouvoir accompagner la liturgie ou s’intégrer dans un récital avec d’autres instruments. Le 2ème clavier contient également un jeu d’anches Orlos 8’ qui lui est divisé et accordé à 415 Hz au tempérament mésotonique. Le sommier de cette division est situé dans le soubassement du buffet. Il faut noter que les facteurs ont adopté un dispositif étonnant d’ingéniosité qui permet par un système de glissière latérale d’avoir soit des claviers manuels de 47 notes (1e octave semi-courte : CDE-c’’’) soit de 45 notes (1e octave courte classique : CDEFGA-c’’’).
Ce type d’instrument se distingue par la variété et la couleur flamboyante de ses timbres. La mécanique très directe facilite le rendu des pièces de cette époque. L’orgue de Grandvillars possède bien évidemment toutes ces qualités, rehaussées par la beauté du buffet particulièrement soigné. L’arrivée de ce superbe instrument à Grandvillars vient compléter l’éventail musical des orgues de la région, où l’on trouve déjà de très beaux instruments de facture française, allemande ou italienne. Merci à Jean-François Christ, Président de l’Association ACORG, pour sa communication très complète.
Configuratiion 47 notes (1e octave semi-courte) - Photo : F. Lamy Configuratiion 45 notes  (1e octave courte) - Photo : F. Lamy 1e octave courte 1e octave semi-courte
Les deux configurations 47/45 notes
Présentation de l’orgue France 3 Bourgogne-Franche-Comté