Entrez dans le monde magique des orgues.
Page créée le 01/07/2019
Mise à jour le 21/05/2024
L’orgue Lois / Vetter (2018)
de l’église Saint-Martin
de Grandvillars (90).
Orgues en France et dans le monde.
Pays :
France
Région :
Bourgogne-Franche-Comté
Départ. :
Territoire-de-Belfort
Ville :
Grandvillars
Local :
Eglise Saint-Martin
Facteur :
Lois / Vetter
Année :
2018
Passion, Découvertes, Partage....
Historique
Disposition
Carte
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Photos
Autres caractéristiques :
17 jeux - 2 claviers manuels et pédalier
1er Clavier divisé à c'/c#'
Transmission mécanique des claviers et des jeux
Diapason : La = 415 Hz - Tempérament mésotonique
Rossignol
Tremblant
La première église mentionnée a été construite en ce lieu en 1701 et 1702. Le chœur ne fut achevé qu’en 1718. Devant
l’accroissement de la population dû au développement industriel de la ville, un projet d’agrandissement de l’église fut initié en
1841, puis abandonné. En 1845, la municipalité décida de reconstruire l’église dans sa forme actuelle, tout en conservant le
clocher de 1702. L’église sera ouverte au culte en 1846. L’édifice se présente sous la forme de croix latine, avec une grande nef et
ses deux bas-côtés, un transept saillant et une abside terminée par un chevet pentagonal. Gravement endommagée pendant les
bombardements de novembre 1944, l’église a été restaurée après la guerre.
Un premier orgue est acquis pour la nouvelle église en 1856. Cet orgue provenait pour le buffet et la tuyauterie de l’ancien
instrument du 18ème siècle de l’abbatiale St Léger de Masevaux (Haut-Rhin), et pour la partie mécanique d’un orgue de la même
époque de l’église de Porrentruy (Jura-Suisse). Il semblerait que malgré cet assemblage hétéroclite, l’orgue présentait une réelle
valeur musicale. En 1923, le facteur Jules BESSERER de Leymen (Haut-Rhin) effectua des travaux de réparation et de nettoyage
et posa une soufflerie électrique. Malheureusement, les dommages occasionnés à l’église lors des bombardements de 1944
eurent raison de l’instrument qui devint muet.
En 1958, la restauration d’abord envisagée ne sera pas mise en œuvre et la municipalité décide de l’acquisition d’un orgue neuf.
En fin 1958, l’instrument est commandé au facteur Louis GEORGEL d’Eurville (Haute-Marne). Le devis relativement bas, financé
par les Dommages de Guerre, se traduisit par la piètre qualité des matériaux employés et la détérioration rapide de l’instrument.
Comme le précédent, cet instrument était situé en tribune au fond de la nef. L’orgue comportait 16 jeux réels (plus 19
transmissions), dont la plupart récupérés dans l’ancien instrument, sur deux claviers et pédalier. Comme nombre d’orgues de
cette période, il n’y avait pas de buffet principal en façade mais des tuyaux apparents en V, pour laisser la vue sur la rosace. Cet
instrument sera démantelé et vendu en 2017.
En 2012, grâce à l’action résolue de Jean-Charles Ablitzer, titulaire de la cathédrale St Christophe de Belfort et natif de
Grandvillars, de l’Association ACORG (Art et Connaissance de l’Orgue espagnol à Grandvillars) présidée par Jean-François Christ
et de la municipalité, un projet de construction d’un orgue de facture renaissance-baroque ibérique vit le jour.
Ce projet a abouti à la réalisation par deux facteurs espagnols renommés, Joaquín LOIS CABELLO (Taller de Organería) de
Tordesillas (Valladolid – Castille-et-León) et Christine VETTER (Órganos Moncayo) de Tarazona (Saragosse – Aragón) du
superbe instrument installé en tribune contre la façade du transept nord. Il faut noter que pour accueillir son nouvel instrument,
l’intérieur de l’église avait été repeint avec des peintures minérales.
L’orgue a été construit en 2016 et 2017 dans les ateliers espagnols puis transféré en janvier 2018 dans l’église St Martin. Après
les travaux de remontage, d’harmonisation et d’accord, l’orgue a été inauguré en juin 2018 par un récital de Jean-Charles Ablitzer.
Le buffet construit par Joaquín LOIS CABELLO est une copie d’un buffet renaissance vide encore présent dans la collégiale Santa
Maria de Toro (Zamora - Castille-et-León). Il est doté de grands volets latéraux. Le tout est décoré d’une riche polychromie
entièrement réalisée à la main. LOIS a également réalisé les sommiers et la mécanique, toujours suivant la facture ibérique de la
fin du 16ème siècle. La soufflerie à deux soufflets cunéiformes est alimentée par un ventilateur électrique mais elle est également
dotée de sa commande manuelle, par cordes et poulies.
La partie sonore est l’œuvre de Christine VETTER, spécialiste de la restauration d’orgues historiques. Les jeux ont tous été
construits en copie d’instruments historiques de la région d’Aragon, notamment des orgues de Villarroya de la Sierra (Saragosse)
et de Paniza (Saragosse). A noter qu’a été réalisée pour cet orgue la copie exacte d’un jeu de Camusado 4’, dont il ne reste en
Espagne qu’un seul exemplaire à l’église de Paniza. La plupart des jeux sont en étain pur. La composition de cet orgue est un
parfait reflet de la facture renaissance et baroque ibérique.
Cet orgue est conçu pour être joué sur un clavier divisé, technique qui s’est imposée sur la majorité
des orgues ibériques au cours du 17ème siècle. Toutefois un second clavier (non divisé) a été ajouté
sur lequel sont placés trois jeux de 8, 4 et 2’ au diapason moderne de 440 Hz et tempérament égal,
afin de pouvoir accompagner la liturgie ou s’intégrer dans un récital avec d’autres instruments. Le
2ème clavier contient également un jeu d’anches Orlos 8’ qui lui est divisé et accordé à 415 Hz au
tempérament mésotonique. Le sommier de cette division est situé dans le soubassement du buffet. Il
faut noter que les facteurs ont adopté un dispositif étonnant d’ingéniosité qui permet par un système de
glissière latérale d’avoir des claviers manuels soit de 47 notes (1ère octave semi-courte : CDE-c’’’) soit
de 45 notes (1ère octave courte : CDEFGA-c’’’).
Ce type d’instrument se distingue par la variété et la couleur flamboyante de ses timbres. La mécanique très directe facilite le
rendu des pièces de cette époque. L’orgue de Grandvillars possède bien évidemment toutes ces qualités, rehaussées par la
beauté du buffet particulièrement soigné.
L’arrivée de ce superbe instrument à Grandvillars vient compléter l’éventail musical des orgues de la région, où l’on trouve déjà de
très beaux instruments de facture française, allemande ou italienne.
En 2024, avec l’accord de la paroisse et grâce à des dons récoltés par un financement participatif, la maison espagnole de
Christine VETTER a accordé les jeux de 8’, 4’ et 2‘ du Positif au diapason général de l’orgue soit 415 Hz avec un tempérament
mésotonique.
L’orgue a ainsi recouvré son homogénéité et la possibilité de jouer chacun des jeux du Positif avec ceux du Grand-orgue et de la
Pédale.
Merci à Jean-François Christ, Président de l’Association ACORG, pour sa communication très complète.
Les deux configurations 47/45 notes
Présentation de l’orgue
France 3 Bourgogne-Franche-Comté