Orgues en France et dans le monde.

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Dresde  (D)

Frauenkirche - Eglise Notre-Dame


Kern, 2005


Composition :

I. Hauptwerk II. Oberwerk  III. Schwellwerk  IV. Brustwerk  Pedal
         
Montre 16’ Quintade 16’ Bourdon 16’ Gedackt 8’ Untersatz 32’
Bourdon 16’ Principal 8’ Gamba 8’ Prinzipal 4’ Principal 16’
Octave 8’ Quintade 8’ Flûte harmonique 8’ Rohrflöte 4’ Subbass 16’
Viole de Gambe  8’ Salicional 8’ Voix céleste 8’ Nasat 2 2/3’ Octave 8’
Rohrflöte  8’ Gedackt 8’ Bourdon 8’ Octav 2’ Bassflöte  8’
Octave 4’ Octave 4’ Flûte harmonique 4’ Gemshorn 2’ Octave 4’
Spitzflöte  4’ Rohrflöte  4’ Quinte 2 2/3’ Terz 1 3/5’ Mixture  VI
Quinte 2 2/3’ Nasat 2 2/3’ Octavin 2’ Quinte 1 1/3’ Basson  32’
Octave 2’ Octave     2’ Piccolo 1’ Sifflet 1’ Posaune 16’
Terz 1 3/5’ Sesquialtera I Cornet V Mixtur III Trompette   8’
Cornet V Mixtur IV Mixtur III – VI Vox Humana  8’ Clarine 4’
Mixtur V Trompette 8’ Basson  16’ Tremblant  
Cymbel IV Chalumeau  8’ Basson – Hautbois 8’    
Fagott 16’ Tremblant Trompette harmonique 8’    
Trompette   8’   Vox Humana 8’    
Clarine 4’   Clairon Harmonique 4’    
    Tremolo    

Autres caractéristiques :
67 jeux - 4 claviers manuels de 58 notes et pédalier 32 notes
Tranmission mécanique des claviers
Traction électrique des jeux et accouplements
Accouplements : II-I, III-I, IV-I, II-I 16’, III-I 16’, III-II, IV-II
Tirasses : I-P, II-P, II-P, IV-P, III-P 4’
Combinateur électronique SSL 8192 possibilités.
Transpositeur à 415 Hz du Brustwerk (IV)
Appels des anches I,II,III, P
Pédale de crescendo variable
Pédale de crescendo du récit



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Historique :



De 1732 à 1736, Gottfried SILBERMANN construit un instrument de 43 jeux répartis sur trois claviers manuels et pédale. L'instrument est placé dans un buffet conçu par George BÄHR, l'architecte de l'église, et réalisé par Johann Christian FEIGE. L'orgue est reçu le 22 novembre 1736 et inauguré le 25 novembre. Le 1er décembre suivant, Johann-Sebastian BACH (1685-1750) donne un récital sur cet instrument.

Au cours des années, l'instrument a été modifié à plusieurs reprises.

En 1769, Johann Gottfried HILDEBRANT, un disciple de SILBERMANN, effectue des réparations et des travaux de restauration incluant des modifications à l'harmonisation de l'instrument.

En 1818/9, des réparations importantes et d'autres modifications sont apportées à l'intonation afin de permettre à l'orgue de jouer en compagnie d'autres instruments. Ces travaux ont probablement été exécutés par Friedrich TRAUGOTT KAYSER.

Du milieu du XIXe siècle jusqu'au temps où une reconstruction complète fut exécutée en 1874/5 par Carl-Eckard JEHMLICH, de Dresde, l'instrument est modernisé, les sommiers sont agrandis et plusieurs jeux sont transférés d'une division à une autre.

En 1911/2, l'instrument est reconstruit par Johannes JAHN, de Dresde. Cette fois, le nombre de claviers manuels est augmenté de trois à quatre avec l'addition d'une division expressive de Récit de 14 jeux, l'ajout de 8 nouveaux jeux dans les autres divisions, une modification à l'intonation alors que la traction mécanique originale est remplacée par une nouvelle traction mécanique pour les claviers et une traction pneumatique pour les jeux.

En 1937, un orgue de choeur de 16 jeux et 20 rangs répartis sur deux claviers manuels et pédale est installé.

De 1939 à 1943, une division d'Echo (5e clavier) est installée dans le dôme de l'église, la traction est remplacée par une traction électro-pneumatique, et des travaux sont exécutés afin de permettre à la console principale d'accéder à l'orgue de choeur (les deux claviers accessibles sur le 4e clavier).

Les deux instruments, totalisant 80 jeux répartis sur cinq claviers manuels et pédale, sont détruits par le feu en même temps que d'église, le 13 février 1945.

La Frauenkirche ne sera reconstruite qu'à partir de 1966.

Une reconstruction fidèle de l'ancien instrument de Gottfried SILBERMANN est impossible non seulement parce que l'instrument a été modifié sept fois depuis sa construction mais il a été complètement détruit en 1945 et les devis techniques exacts de SILBERMANN ne sont pas disponibles. La copie d'un des instruments de SILBERMANN encore existants n'est pas réalisable car chaque instrument est construit spécifiquement pour chaque endroit.

Après avoir visualisé des présentations de la tribune originale de l'orgue détruite, la solution suivante est mise de l'avant: trois claviers manuels (Grand-orgue, Positif, Positif de poitrine) et une division de pédale, le tout basé sur la disposition traditionnelle de SILBERMANN mais avec des jeux supplémentaires et des étendues extensionnelles au niveau des claviers. Les méthodes de construction devront s'inspirer de celles utilisées par Gottfried SILBERMANN, actif dans la Saxe, et par Andréas SILBERMANN, actif en Alsace. Le devis original ne contient pas de division de Récit mais dans le devis révisé, il est ajouté en tant que troisième clavier. Le Positif de poitrine est déplacé en tant que quatrième clavier. La nouvelle division du Récit est destinée, avant tout, à l'interprétation de la littérature d'orgue post baroque. Elle possède des jeux qui ont été développés au cours des XIXe et XXe siècles principalement ceux de la tradition de l'orgue romantique français. La structure sonore de SILBERMANN ne permet pas de jouer adéquatement toute la littérature d'orgue. De plus, l'orgue est équipée d'une série d'accessoires modernes (crescendo, combinateur avec 8 192 possibilités) et harmonisée au diapason moderne (La = 440 hz).

Le quatrième clavier est utilisé pour accompagner les chanteurs et les instrumentalistes de musique ancienne sur des instruments authentiques harmonisés un demi ton plus bas (La = 415 hertz). Cette possibilité est l'oeuvre d'un transpositeur: quand la connexion est activée le clavier se déplace d'un demi-ton (1 note) et met en marche la tuyauterie additionnelle pour la note la plus basse.

La solution retenue combine deux visions en matière de facture d'orgue: l'orgue historique et l'orgue moderne. Cette approche est violemment critiquée par plusieurs organistes renommés et chefs d'orchestre prestigieux et ce, principalement en ce qui touche l'exécution historique authentique. Ils proposent une reconstruction fidèle à la SILBERMANN. L'opposition est d'opinion que seul un instrument agrandi et comprenant des éléments modernes peut rendre justice aux différentes demandes requises par le vaste répertoire d'orgue qui va de la musique ancienne à la musique contemporaine. Ce débat est connu en tant que la «querelle de l'orgue». Suite à l'appel d'offre publié dans les journaux, les fiduciaires n'ont pas, juridiquement parlant, la liberté de se prononcer sur la construction de l'orgue.

Lorsque la commande est donnée au facteur Daniel KERN et sa firme établie à Strasbourg, les partisans de la reconstruction fidèle à la SILBERMANN durent reconnaître leur défaite. Le nouvel orgue possède 4 876 tuyaux et 67 jeux répartis sur quatre claviers manuels et pédale. Il a été inauguré en septembre 2005.

Le nouvel instrument est placé dans un buffet construit par la firme PUSCHNER selon les plans originaux établis par BÄHR. La disposition des divisions se rapproche beaucoup de celle de SILBERMANN. Le Positif de poitrine ainsi que la tuyauterie de la pédale sont placés dans la soubassement du buffet alors que le Grand-orgue est placé juste au-dessus des claviers, l'Positif est placé au-dessus du Grand-orgue tandis que le Récit se situe à la même hauteur que l'Positif mais derrière lui à environ 60 centimètres (2 pieds).

La traction des quatre claviers est une traction mécanique suspendue construite dans le style classique et utilisant que des matériaux classiques (vergettes et rouleaux en bois, etc). Le Récit utilise des rouleaux en fer. Les accouplements peuvent être utilisés mécaniquement ou à l'aide du système de combinaisons. Le Positif de poitrine est muni d'un permutateur automatique qui permet à la division de se placer en mode 415 Hz pour l'exécution de la musique ancienne.

La traction des jeux est entièrement électrique et utilise un combinateur. Les sommiers à registres, faits de chêne, sont de conception classique. L'alimentation en vent est assurée par 6 soufflets cunéiformes disposés dans une tour placée derrière l'orgue, le tout similaire à la disposition utilisée par Gottfried SILBERMANN. Une pression de vent uniforme est utilisée pour tout l'instrument soit environ 90 mms w/s.

La tuyauterie est produite selon les modèles classiques pour les divisions du Grand-orgue, Positif de poitrine, Positif, et la pédale. Les principaux et les jeux à bouche sont fait de 87,5% d'étain hautement concentré alors que les flûtes contiennent une quantité supérieure de plomb. Les tailles utilisées proviennent de Gottfried SILBERMANN et d'Andréas SILBERMANN. Quant à la tuyauterie du Récit, les tailles et les alliages proviennent de l'orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale Saint-Sernin de Toulouse: les principaux et les anches sont faits de 75% d'étain alors que les bourdons et les flûtes en contiennent 33%. Le tempérament est égal (442 Hz @ 18o).

Avec ses quatre divisions classiques - Grand-orgue, Positif de poitrine, Positif et Pédale et incluant le mécanisme d'adaptation à l'exécution de la musique ancienne - l'instrument possède un plenum qui brille à cause de ses mixtures et une force chantante de par ses anches et ses jeux de fonds. Il possède des couleurs et une poésie de la part de ses jeux de mutation et de ses anches tout en ayant une douceur et une clarté de par ses flûtes et ses cordes. Quant au répertoire romantique et contemporain, le grand Récit s'intègre facilement à tout ensemble classique; lorsqu'il est utilisé en tant qu'instrument solo, la taille de sa tuyauterie, son intonation et l'utilisation des accouplements, l'instrument produit un vaste éventail sonore avec l'aide de ses nombreux jeux d'anches mais aussi beaucoup de différences au niveau des couleurs, du dynamisme et des mélanges.


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Photos :

Dresde Frauenkirche     

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Dresde Frauenkirche

Desde Frauenkirche       Desde Frauenkirche Console

 L'ancien orgue Silbermann        Dresde Frauenkirche Ancien orgue Silbermann


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