Entrez dans le monde magique des orgues. Page créée le 04/12/2014 L’orgue Abbey (1849) de la cathédrale St Etienne de Châlons-en-Champagne (51). Orgues en France et dans le monde. Pays : France Région :  Champagne-Ardenne Départ. : Marne Ville : Châlons-en-Champagne Local : Cathédrale St Etienne Facteur : Abbey Année : 1849 Passion,     Découvertes,     Partage.... Historique Disposition

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Carte Cliquer Photos La première cathédrale fut érigée au 4ème siècle dans ce qui est l’un des tous premiers évêchés de la Gaule romaine. Aucun vestige ni écrit ne subsistent de cet édifice qui fut sans doute détruit dans l’incendie de la ville en 963. La cathédrale fut reconstruite sous la direction d’un moine. Elle avait un « massif de façade » dit tour St Laurent. Deux collégiales se dressaient le long de ses murs. En 1115, la reconstruction de la cathédrale commença dans le style roman. Elle fut consacrée en octobre 1147. De cette époque subsistent aujourd’hui la tour nord du transept avec sa voûte d’ogives et la crypte. Les travaux se poursuivirent dans le style gothique jusqu’en 1215, avec la réalisation des étages supérieurs de la tour nord, de la nef et du bras sud du transept. Le bras nord du transept fut reconstruit en style gothique entre 1220 et 1225. En 1230, l’édifice fut ravagé par un incendie. La cathédrale fut restaurée et les travaux se poursuivirent avec la réalisation de l’abside, sans déambulatoire. Les trois dernières travées de la nef furent achevées en 1260 et le déambulatoire autour du chœur avec ses trois chapelles rayonnantes fut réalisé entre 1285 et 1303. En 1462 la charpente fut refaite et quatre travées de nef furent construites entre 1470 et 1505. En 1520 une flèche de 80 m vint couronner la tour nord. Les travaux donnant à la cathédrale son aspect actuel furent achevés en 1634 avec notamment la construction de la façade occidentale de style baroque. La flèche de la tour nord frappée par la foudre s’effondra sur l’abside en 1668. L’incendie détruisit les charpentes et le grand-orgue dans le bras sud du transept. Les travaux de restauration furent aussitôt entrepris. Au 18ème siècle d’importants travaux d’entretien furent réalisés et la façade ouest fut consolidée. Pendant la révolution, l’édifice fut saccagé. Entre 1838 et 1841 les voûtes de la nef furent reconstruites en brique. De 1842 à 1846 la façade sud ainsi que de deux travées du transept sud furent reconstruites. On sait que des orgues étaient présentes au 15ème siècle et qu’elles furent détruites dans l’incendie de 1462 qui ravagea également la charpente de la cathédrale. On sait également de le grand-orgue présent au 17ème siècle dans le transept sud fut également détruit lors de l’effondrement de la flèche de la tour nord en 1668. En 1810, le facteur Jean-Baptiste SALMON de Vitry-le-François (Marne), construisit un Positif neuf en tribune au fond de la nef. Cet instrument devait servir de Positif de dos à un futur grand-orgue. L’orgue d’’une quinzaine de jeux n’avait qu’un seul clavier et un pédalier en tirasse. Les sculptures du buffet ne furent achevées qu’en 1812. En 1828, SALMON ajouta une division de récit et une pédale indépendante, portant le nombre de jeux à 22. En 1839, le marché d’un nouvel orgue de 32 pieds, mieux approprié à l’édifice, fut passé avec le facteur John ABBEY de Versailles. La construction s’étalera sur dix ans. Le magnifique buffet néogothique est dessiné par l’architecte Jean-Jacques ARVEUF et réalisé par le menuisier parisien Etienne VENTADOUR. ABBEY effectue le montage de l’instrument de juin 1847 à juillet 1849. La charge et la lenteur de ce chantier entraineront la disparition de l’atelier de John ABBEY. En 1896, les fils de John ABBEY, John-Albert et Eugène, reconstruisent l’instrument de leur père. Il est agrandi à 54 jeux et modernisé. Les sommiers, la mécanique et la console sont reconstruits. Des jeux neufs sont ajoutés. Les travaux sont achevés en avril 1898. La conception de cet instrument est extrêmement complexe avec notamment trois machines Barker, des pressions différenciées à chaque division. Mais surtout son style sonore symphonique ne s’apparente à aucun autre instrument de cette époque. Les fonds sont très variés, les anches puissantes et il existe une palette impressionnante de mixtures et de jeux de détails inhabituelle dans ce type d’orgue. De plus la boite expressive du Récit est d’une efficacité peu commune. Lors de la deuxième guerre mondiale, l’instrument est endommagé une première fois en mai 1940, puis en juillet et août 1944. Après cette date il deviendra muet pour de longues années. En 1957, la maison ROETHINGER de Schiltigheim (Bas-Rhin) a restauré l’orgue. La mécanique est réparée, la composition modifiée avec l’introduction de mixtures au Positif et l’harmonisation est refaite et modifiée. Toutefois, cette restauration s’avère peu respectueuse de l’instrument d’origine et peu fiable puisque l’orgue présente de graves dysfonctionnements dans les années 1975/1980 et devient à nouveau muet en 1984. L’instrument a été classé aux Monuments Historiques en 1979 pour sa partie instrumentale et en 1996 pour le buffet. Le rapport de l’expert Eric BROTTIER du Ministère de la Culture en 1996, conclut à une restauration de grande ampleur, nécessitant un budget conséquent en raison de la complexité extrême de l’instrument. Les travaux sont confiés à la maison RENAUD-MENORET de Nantes (Loire-Atlantique) et débutent en février 2000. Après l’arrêt de cette entreprise en 2001, le marché est transféré à la maison ROBERT Frères de La Chapelle-sur-Erdre (près de Nantes – 44), associée à Denis LACORRE. Ces facteurs sont d’anciens de la maison RENAUD. L’instrument a été entièrement démonté à l’exception du buffet qui a été restauré sur place. Toute la mécanique a été révisée, la tuyauterie entièrement refaite, les sommiers entièrement restaurés, la machine Barker du grand-orgue entièrement refaite. Le Principal 32’ de la pédale a reçu 6 nouveaux tuyaux ouverts en bois de C à F, en remplacement des anciens tuyaux bouchés 16’. Ces tubes neufs ont été postés sur chaque côté du buffet. Ce travail prévu en 1898 n’avait pu être réalisé, faute de moyens. La réfection des innombrables peausseries a nécessité de longues heures de travail. L’orgue a retrouvé sa disposition et son harmonisation de 1898. Les travaux d’harmonisation effectués par Olivier ROBERT ont duré six mois. Cette restauration hors du commun a été achevée en décembre 2006 et l’orgue ABBEY a retrouvé tout son souffle et ses sonorités si particulières et remarquables. Voir le site de la DRAC Champagne-Ardenne. Autres caractéristiques : 54 jeux - 3 claviers manuels de 56 notes et pédalier 30 notes Transmission mécanique des claviers et des jeux Machines Barker : I / III / P Accouplements : II/I - III/I (16,8') - III/II - I/I 16' - II/III Tirasses : I/P - II/P - III/P Appels des fonds II - III Appels des anches : I - II - II - P Tutti Extrait proposé par le facteur ROBERT