Orgues en France
et dans le monde.
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Historique Photos
Caen (14)
Abbatiale St Etienne
Cavaillé-Coll, 1882
Composition :
| I. Grand
Orgue |
II. Récit |
III. Positif |
Pédale |
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| Montre 16' |
Quintaton 16' |
Principal |
Bourdon 32' |
| Montre 8' |
Diapason 8' |
Bourdon |
Soubasse 16' |
| Bourdon 16' |
Viole de gambe 8' |
Saliconal |
Contrebasse 16' |
| Gambe 8' |
Voix céleste 8' |
Unda maris |
Grosse flûte 8' |
| Bourdon 8' |
Flûte traver. 8' |
Cor de nuit |
Violoncelle 8' |
| Flûte harmon. 8' |
Flûte octav. 4' |
Prestant |
Bourdon doux 4' |
| Prestant 4' |
Octavin 2' |
Flûte douce |
Flûte 4' |
| Flûte octav. 4' |
Bombarde 16' |
Basson |
Bombarde 16' |
| Doublette 2' |
Trompette 8' |
Trompette |
Trompette 8' |
| Bombarde 16' |
Clairon 4' |
Cromorne |
Clairon 4' |
| Trompette 8' |
Basson-hautbois 8' |
Carillon III |
|
| Clairon 4' |
Clarinette 8' |
|
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| Cornet V |
Voix humaine 8' |
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| Plein-Jeu VII |
Cornet II-V |
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| Quinte 2 2/3 |
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Autres caractéristiques :
50 jeux - 3 claviers manuels de 56 notes et pédalier 30 notes
Transmission mécanique des claviers et des jeux
Machine Barker
Accouplements : II/I - III/I - II/III
Tirasses : I/P - I Inf/P - II/P - II Inf/P - III/P
Appels des anches I, II, III & P
Orage
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Dès sa création
au XIème siècle, l'Abbaye aux Hommes devint un foyer d'éducation
artistique réputé et il est possible que les chants y soient déjà
accompagnés par un instrument mais il n'en transparaît aucune preuve.
Les archives attestent qu'un orgue existait au XVème siècle. Il fut
détruit par les Huguenots en 1562. Après le sac de l'église, il fallut
attendre près de deux siècles avant la commande aux célèbres facteurs
rouennais Lefebvre, en 1737, d'un nouvel orgue qui fut monté dans le
buffet monumental que nous voyons aujourd'hui sur la tribune de pierre
spécialement élevée au-dessus du grand portail. Ce meuble s'harmonise
fort bien avec l'austère architecture romane de l'abbatiale. Toute la
décoration à dominante végétale stylisée a été réservée aux cinq
couronnements des plates-faces et au sommet des tourelles. Deux
atlantes herculéens, oeuvre du sculpteur Gouy, soutiennent les grandes
tourelles latérales.
Il s'agissait ici d'un très grand instrument d'une soixantaine de jeux,
d'un grand seize pieds de composition classique, longtemps considéré
comme le second du royaume avec ses cinq claviers manuels et son
pédalier et qui apportait d'importantes améliorations techniques et
sonores pour son époque. Sauvé des méfaits de la Révolution, il devint
vite inutilisable et une première intervention importante par le
facteur Verschneider en 1860 ne parvint pas à le sauver. Il fallut
songer à une totale reconstruction.
En 1882, la paroisse passa marché, pour 70.000 F, avec le plus célèbre
organier français Aristide Cavaillé-Coll qui, parvenu à l'apogée de sa
renommée, s'engagea à construire un ensemble de très grande qualité
avec des matériaux de tout premier choix, un ensemble muni des derniers
perfectionnements, la plupart ayant été mis au point par lui-même. Il
s'agissait d'un orgue de 50 jeux alimenté par une puissante soufflerie
(à cette époque actionnée par quatre hommes) desservant une douzaine de
réservoirs secondaires régulateurs et anti-secousses. Cet orgue serait
équipé de sommiers à double laye, de deux machines pneumatiques
destinées à adoucir le toucher des claviers, de nombreuses pédales de
combinaisons et des fameux jeux harmoniques qui étaient la spécialité
du constructeur. Thiémann, le meilleur mécanicien de la firme, dressa
les plans de la machine et Félix Reinburg, harmoniste de très grande
valeur, véritable artiste en la matière, réalisa une première mise en
harmonie en atelier qui fut reprise par Joseph Koenig après remontage
dans l'ancien buffet des Lefebvre qui fut conservé pour son excellent
état (il fut évalué à ce moment pour 60.000 F).
L’orgue de Cavaillé-Coll, qui remplaçait le grand plein-jeu du XVIIIème
siècle, est celui que nous entendons aujourd'hui. De conception
symphonique il appartient à la dernière manière du maître-facteur qui a
su le mettre en résonance avec l'acoustique capricieuse de l'édifice.
Il excelle, bien sûr, dans l'évocation des grandes fresques sonores des
Franck, Widor, Vierne, Reger, Dupré ou Messiaen pour ne citer que
ceux-là. Il comble aussi les improvisateurs qui sont subjugués par
l'indicible beauté de ses jeux de fonds, par la noblesse de ses jeux
d'anches, par la vérité sonore de ses jeux de détail et par la noblesse
de son majestueux tutti de plénitude. Il s'agit bien d'un orgue à la
Guillaume-le-Conquérant pour reprendre une expression du grand Marcel
Dupré.
Sa réputation dépasse largement nos frontières. Il nous parvient
heureusement dans son intégralité originelle grâce à la vigilance de
tous ses responsables.
Classé monument historique dans sa totalité, il figure au palmarès des
quatre ou cinq meilleures réalisations du plus grand facteur du XIXème
siècle.
En 1999, la maison RENAUD-MENORET de Nantes a effectué une restauration
complète de l'orgue pour un budget de 457.000 €, en respectant
intégralement l'instrument de CAVAILLE-COLL.
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