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Page créée le 29/05/2017 L’orgue Amezua (1892) de la Cathédrale Primada      de Bogota (Colombie).
Orgues en France et dans le monde.
Pays : Colombie Départ. : Cundinamarca Ville : Bogota Local : Cathédrale Primada Catedral Primada Facteur : Amezua / Grenzing Année : 1892 / 2016
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Au centre de la ville de Santafé, aujourd’hui Bogota, se tenait en 1538 une chapelle couverte de chaume, Notre-Dame d’Espérance, où les premiers conquistadors ont célébré leurs offices. Cette chapelle fut remplacée en 1560 par une église de brique, qui fut élevée au rang de cathédrale en 1562 par le pape Pie VI. De  1572 à 1590, la construction d’une nouvelle cathédrale fut entreprise au même endroit par le premier archevêque de Bogota, Juan de los Barrios. L’édifice en pierres comportait trois nefs et quatre chapelles latérales. La tour fut achevée en 1678. La cathédrale fut sérieusement endommagée en juillet 1785 par un violent séisme. En 1805, la reconstruction de la cathédrale fut confiée à l’architecte Domingo de Petres, qui était également frère dominicain et à qui l’on doit d’importantes réalisations en Colombie. La nouvelle cathédrale a été édifiée dans le style néo-classique. De plan basilical en croix latine, elle comporte une nef centrale et deux collatéraux, plus deux bas-côtés qui renferment les seize chapelles latérales. Le chœur se termine par un chevet plat. Le chœur et la nef étaient achevés en 1811, à la mort du frère Dominique. Le reste de l’édifice fut achevé en 1823, année de la consécration de la nouvelle cathédrale. La cathédrale a été classée aux Monuments Historiques en 1975. Elle a fait l’objet d’importants travaux de restauration entre 1984 et 1995. La cathédrale se situe sur le côté sud-est de la grande place de Bolivar, au centre historique de la ville.
Autres caractéristiques : 59 jeux - 4 claviers manuels de 56 notes et pédalier 30 notes Transmission électropneumatique des claviers et des jeux Accouplements : II/I - III/I (16,8,4') - IV/I (16,8') - I/I (16,4') - III/II - IV/II - II/II (16,4') - I/II - IV/III - III/III (16,4') - IV/IV (16,4') - II/IV - Cham/I - Cham/II - Cham/III - Cham/IV - Cham/Cham 16' Tirasses : I/P (8,4') - II/P - III/P - IV/P - Cham/P Diapason : La = 441 Hz - Tempérament égal Combinateur électronique 5000 combinaisons Crescendo
Le grand-orgue a été construit en 1890 et 1891 par le facteur espagnol Aquilino AMEZUA, dans ses ateliers de Barcelone. Ce facteur était alors l’un des plus importants facteurs espagnols de son époque et on lui doit des réalisations remarquables, dont le grand-orgue de la cathédrale de Séville. L’orgue fut expédié en 1891 par la mer jusqu’au port de Barranquilla puis par le fleuve Magdalena jusqu’au port de Honda. Il termina son voyage par la route, non sans quelques dommages. L’instrument fut placé par le contremaître d’AMEZUA, Pedro ROQUES, dans la chapelle de la Vierge d’El Topo, derrière le chœur. Il était placé sur une tribune supportée par seize colonnades. L’instrument comportait alors 33 jeux sur trois claviers et pédalier, avec une transmission pneumatique. Il a été achevé et reçu en juin 1892. L’orgue fut abandonné en 1948, après les désordres du Bogotazo (Emeutes à Bogota, suivies de la guerre civile). Dans les années 1960, l’instrument était à bout de souffle et nécessitait une restauration complète, notamment en raison de la venue à Bogota du pape Paul VI, prévue en 1968.
La restauration fut confiée en 1965 au facteur Oskar BINDER, installé en Colombie et travaillant pour le compte de la maison WALCKER de Ludwigsburg (Allemagne). BINDER a déplacé l’orgue dans la chapelle latérale du haut-chœur, sur le côté sud du chœur. Le buffet a été conservé mais modifié pour s’adapter au nouvel emplacement et recevoir les jeux nouveaux. 28 jeux d’AMEZUA ont été conservés mais sans réelle restauration et la disposition a été grandement modifiée par l’ajout de jeux néo-classiques et l’électrification de la transmission pneumatique. Une console neuve détachée mais non mobile signée WALCKER a été construite et placée à même le sol. L’instrument comportait alors 54 jeux sur trois claviers et pédalier. Cette restauration n’a toutefois pas apporté la satisfaction escomptée, sans doute en raison d’une trop grande complexité de la disposition dans un espace réduit, de son fonctionnement capricieux, mais surtout de la disparition des timbres d’AMEZUA dans un ensemble trop néo-classique.
Entre 2013 et 2015, une nouvelle restauration d’envergure a été confiée à la maison de Gerhard GRENZING d’El Pabiol (Barcelone – Espagne). Cette restauration a visé à restaurer en premier la disposition originale d’AMEZUA dans le buffet d’origine, puis à réaliser un complément de jeux nouveaux permettant l’interprétation d’un large répertoire. Le buffet principal comporte une partie basse qui renferme la soufflerie et les mécanismes ainsi que le Positif expressif, et une partie haute avec le grand-orgue, le Récit expressif et sur les côtés les deux sommiers diatoniques de pédale. Un décor en treillis sur les côtés du buffet cache la tuyauterie de pédale. Ce buffet principal a été avancé de 70 cm par rapport à son ancienne position. Un buffet de Positif dorsal a été rajouté, construit suivant l’esthétique du buffet principal à trois tourelles. La chamade est distribuée sur trois niveaux, à la base de la partie haute du grand buffet. Une nouvelle console détachée et mobile de quatre claviers et pédalier a été construite dans le style de la console d’origine et placée sous l’instrument au niveau de la chapelle. La transmission des claviers et des jeux est électro-pneumatique et la console dispose d’un combinateur électronique. L’harmonisation a été réalisée suivant l’esthétique d’AMEZUA. L’originalité du travail considérable et en tous points remarquable de la maison GRENZING a consisté à faire coexister l’orgue d’AMEZUA avec un ensemble de jeux complémentaires (dont une partie provenant des travaux de BINDER de 1965). Ce qui donne au nouvel orgue une réelle capacité à interpréter tant le répertoire romantique que le répertoire classique ou moderne. Ces ajouts se retrouvent principalement dans le Positif de dos et le Récit expressif, ainsi qu’à la pédale. La puissance et la qualité sonore de cet ensemble s’adapte parfaitement à l’acoustique de l’édifice. Le concert inaugural a eu lieu en juillet 2016, avec un récital de Juan de La RUBIA, titulaire de la Sagrada Familia de Barcelone (Espagne). La cathédrale qui possédait un instrument remarquable à la fin du 19ème siècle, a retrouvé un nouvel instrument exceptionnel. Cette reconstruction a su faire revivre les qualités sonores originales de l’orgue et l’adapter aux exigences de la musique d’orgue contemporaine. Merci infiniment à Mario d’Amico Holzmann de la maison Grenzing pour ses précieuses informations et ses photos.          Site GRENZING
L'orgue en 1968 Console Walcker - 1965 Composition 1892
Composition 1892
L’orgue de 1965
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