Entrez dans le monde magique des orgues. Page créée le 21/05/2009 Mise à jour le 04/06/2014 L’orgue Kern (2002) de l’église de la Vierge Marie de Berlin-Centre (D). Orgues en France et dans le monde. Pays : Allemagne Région :  Berlin Ville : Berlin (Mitte) Local : Marienkirche Eglise de la Vierge Marie Facteur : Kern Année : 2002 Passion,     Découvertes,     Partage.... Historique Disposition
Carte Cliquer Photos Grand-orgue de la Cathédrale Notre-Dame de Paris Voir la traduction des jeux d'orgue allemands. L’église Ste Marie est mentionnée en 1294, sur la place du Nouveau Marché, près de l’ancienne église St Nicolas, et doit dater du milieu du 13ème siècle. C’était une construction gothique de briques rouges de type «Eglise-Halle» à trois nefs, sur des fondations en pierre. Une première restauration a eu lieu en 1380, à la suite de graves dommages causés par un incendie. Le clocher en calcaire de Rüdersdorf (près de Berlin) fut érigé vers 1415. L’église abrite une fresque murale de 22m figurant la danse macabre et qui est datée de 1470. Le clocher endommagé par un incendie au 17ème siècle, fut reconstruit entre 1663 et 1666 dans le style baroque. La chaire baroque a été réalisée en 1702 par Andreas SCHLÜTER et l’autel a été achevé en 1762 sur les plans de l’architecte Andreas KRÜGER. Le clocher a été de nouveau restauré en 1789 et 1790 dans le style néo-gothique, avec le dôme en cuivre que l’on peut voir encore aujourd’hui. L’édifice a été entièrement restauré entre 1893 et 1895 par Hermann Blankenstein, dans le style qui nous est parvenu aujourd’hui. Une nouvelle restauration a été effectuée en 1969 et 1970 lors de la refonte de l’Alexanderplatz. C’est de cette restauration que datent les décorations en bronze martelé des portails principaux, réalisées par l’artiste berlinois Achim KÜHN. L’église possédait au 17ème siècle une orgue construit par le facteur TREBBOW (?). Au début du 18ème siècle, il fut décidé de remplacer ces orgues vieillissantes. Sur trois candidats, le contrat fut passé en 1719 avec le facteur Joachim WAGNER originaire du Brandebourg, alors âgé de 29 ans et qui venait de passer deux années dans les ateliers de Gottfried SILBERMANN à Freiberg. En deux ans, WAGNER va ici réaliser son premier instrument et son chef-d’œuvre, inauguré en 1721 mais achevé complètement en 1723. L’instrument compte 40 jeux sur trois claviers et pédalier. L’étendue des claviers est CD-c3 et CD-d1 pour la pédale, le diapason est au Chorton (465Hz) avec un tempérament inégal. Le buffet est réalisé par Johann GLUHME et Paul de RITTER. Malheureusement cet instrument magnifique ne sera épargné ni par le temps ni par les hommes… En 1800, l’abbé VOGLER et le facteur Johann Friedrich FALCKENHAGEN de Berlin suppriment plus de 1500 tuyaux jugés «inutiles» et les vendent à la cathédrale St Edwige de Berlin. L’orgue ne compte plus que 27 jeux. En 1815, 1823 et 1829, le facteur Johann Simon BUCHHOLTZ de Magdebourg récupère certains tuyaux et effectue des travaux de restauration, pour revenir plus ou moins à la disposition originale avec 33 jeux, en raison de la disparition ou de l’altération de certains tuyaux. En 1893 et 1894, la maison SCHLAG et Fils de Schweidnitz (Basse Silésie) transforme radicalement l’instrument et porte le nombre de jeux à 53. Si les sommiers de WAGNER sont conservés, de nouveaux sommiers à traction pneumatique sont installés pour recevoir les nouveaux jeux. La traction des jeux est pneumatisée. Un ventilateur électrique est placé et certains jeux nouveaux sont à haute pression. Le nouvel orgue est inauguré en août 1894. Il va de soi que l’instrument n’a plus rien à voir avec l’original et qu’il a alors un caractère romantique. En 1908, la maison SAUER effectue de nouveaux travaux et porte le nombre de jeux à 57. Les sommiers originaux et la traction mécanique restants sont éliminés et remplacés par une transmission pneumatique avec des sommiers à piston. Une nouvelle console à transmission pneumatique est construite. Entre 1947 et 1949, la maison d’Alexandre SCHUKE de Postdam restaure l’instrument. La traction est modifiée en électropneumatique. La disposition est revue dans le sens d’un retour à la disposition baroque. Mais les tuyaux d’étain endommagés sont remplacés par des tuyaux en zinc… Il ne reste que 22 jeux de WAGNER. En 1970 et 1985, SCHUKE effectue d’autres travaux, avec le même souci d’un retour à la disposition d’origine. A l’hiver 1996, l’orgue subit d’importants dommages. En 2000, la décision est prise de restaurer l’instrument dans sa disposition originale. Les travaux ont été confiés à la manufacture française Daniel KERN de Strasbourg et réalisés en 2001 et 2002. Compte tenu des altérations innombrables subies par cet instrument et de l’ampleur de la reconstruction, il faut parler ici d’un nouvel instrument plus que d’une restauration. Le buffet original avec ses modifications de 1908 a été restauré par J. PRÖLL de Matzendorf (Autriche). KERN a dû reconstruire presque toute la mécanique, les sommiers, l’alimentation en vents et la soufflerie, de même que la plupart de la tuyauterie. Sur les 22 jeux restant de WAGNER, une partie importante de la tuyauterie qui avait été modifiée ou abimée a dû être reconstruite. La disposition originale a été rétablie et cinq jeux supplémentaires, au modèle de jeux utilisés par WAGNER dans ses réalisations à trois claviers, ont été ajoutés. Autre concession à la modernité : l’étendue de 54 notes (C-f3) et le diapason à 440Hz avec un tempérament Neidhardt III. Ce magnifique instrument qui reflète de façon certainement très fidèle ce que devait être l’instrument de 1722 a été inauguré en mai 2002. Autres caractéristiques : 45 jeux - 3 claviers manuels de 54 notes et pédalier 30 notes Transmission mécanique des claviers et des jeux Accouplements : II/I - III/I Tirasses : I/P (+) Diapason : La = 440 Hz