Orgues en France et dans le monde.

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Bayeux  (14)                                       

Cathédrale Notre-Dame

Cavaillé-Coll, 1862
                                                                                             

Composition :

II. Grand-Orgue I. Positif III. Récit expressif Pédale 
       
Montre 16' Montre 8' Flûte traversière 8' Contrebasse 16'
Bourdon 16' Quintaton 8' Bourdon 8' Basse 8'
Grosse flûte conique 16' Flûte harmonique 8' Viole de gambe 8' Octave 4'
Montre 8' Salicional 8' Voix céleste 8' Bombarde 16'
Bourdon 8' Voix céleste 8' Flûte octaviante 4' Trompette 8'
Flûte harmonique 8' Prestant 4' Trompette 8' Clairon 4'
Viole de gambe 8' Quinte 2 2/3' Basson-Hautbois 8'  
Prestant 4' Doublette 2' Voix humaine 8'  
Dulciane 4' Piccolo 1' Clairon 4'  
Doublette 2' Trompette 8'    
Plein-Jeu harmonique IV-VII Cromorne 8'    
Cornet V Clairon 4'    
Basson 16'      
Trompette 8'      
Basson 8'      
Clairon 4'      

Autres caractéristiques :
43 jeux - 3 claviers manuels et pédalier
Traction mécanique des claviers et des jeux
Étendue des claviers : 54 notes
Étendue du pédalier : 30 notes
Accouplements : POS/GO, REC/GO, GO 16 
Tirasses : GO/PED, POS/PED
Appels Anches : GO, REC, PED
Machine Barker: GO
Tremolo: REC - Orage

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Historique :

Un premier instrument, dont on ignore tout, était vraisemblablement installé en nid d'hirondelle du côté gauche de la vieille nef romane où il est facile d'apercevoir le support. Cet instrument fut reconstruit sur un jubé puis sur la tribune du fond de la nef. Il a été détruit par les Huguenots en 1562.

En 1597, un orgue de 36 jeux répartis sur 4 claviers et pédalier, de style classique, est construit dans un buffet de Jacques Lefebvre.

En 1712, un relevage a été effectué par Martin Ingout, de Caen. L'instrument traverse le XVIIIe siècle et la Révolution sans grands dommages et reprend du service dès la présence d'un évêque. L'état de cet orgue ne changera pas, sans doute, jusqu'en 1838, date des premières demandes de travaux, sauf probablement quelque dépoussiérage ou relevage sans modification de jeux.

Le 12 mai 1838, messieurs de Noyville, de Cussy et Thomine-Desmazures, chargés par le Conseil de la fabrique, de faire la visite de l'orgue, exposent que « l'orgue a le plus grand besoin de réparations, qu'ils l'ont trouvé dans un état déplorable et que si l'on n'y apporte remède, il est impossible de le conserver ». Ils rapportent aussi « qu'au cours du mois de mars précédent, l'un des frères Claude, facteurs d'orgues à Paris, est venu à Bayeux et qu'après avoir examiné l'instrument, il présenta un devis et évaluait à 10 500 francs la dépense occasionnée pour effectuer les réparations et augmentations nécessaires de l'orgue ».

Dès le 21 mai 1838, l'évêque transmet le devis et une demande de subvention au préfet et au ministre. Un deuxième devis est demandé au facteur local Luce, inconnu dans le monde de la facture d'orgues. Le devis proposé est plus important et semble d'autant plus retenir l'attention de l'évêque qu'il est plus modique. Pour le même montant, il propose d'en réaliser plus. Le 4 mai 1841, l'évêque réclame que les travaux de l'orgue soient confiés non aux Frères Claude mais au facteur Luce. Devant cette situation, le ministre décide d'envoyer sur place monsieur Simon, organiste de Notre-Dame-des-Victoires et de Saint-Denis, à Paris, pour y apporter son expertise.
Dans son rapport du 1er novembre 1841 et présenté au ministre le 8 janvier 1842, il recommande qu'entre un projet insuffisant et un facteur incapable, la difficulté doit être tranchée par l'appel d'un autre facteur plus habile.
C'est alors qu'il suggère de faire appel à John Abbey. Celui-ci se rend à Bayeux en février 1843 et soumet son devis le 20 février 1843 pour un orgue de 38 jeux répartis sur 3 claviers et pédalier et dont le coût s'élève à 26 915 francs. Le projet est approuvé par toutes les parties le 29 juin 1843.

Malgré l'opposition des chanoines, l'orgue est démonté au cours de l'été 1843. Concernant le buffet, lors du devis passé avec Abbey, personne n'a songé aux frais d'agrandissemenet du buffet nécessité par l'augmentation du nombre de jeux. Or, de cet important travail, va découler toute la suite des ennuis. Le menuisier et le facteur vont s'accuser mutuellement de retarder le travail de l'autre, si bien que le buffet étant terminé en 1849 seulement. Les coûts d'agrandissement du buffet, estimés par Louis Le Breton, menuisier à Caen, à 3,410 francs ne seront approuvés que le 6 mars 1846. Quant à l''orgue lui-même, les travaux seront d'abord arrêtés par Abbey, ensuite par sa faillitte en 1850, et ne seront complétés qu'en 1863.

En 1844, le comité archéologique désirant profiter de l'occasion qui s'offrait, pour faire disparaître l'arc surbaissé qui soutient le plancher de l'orgue et dont la forme lourde et disgracieuse fait un contraste choquant avec l'architecture de l'église, engagea monsieur Verroles, architecte, à présenter un projet. Pendant que ce projet est à l'étude, les travaux de Abbey et du menuisier sont suspendus. Le ministre refuse d'approuver le devis concernant la réédification de la tribune. La même année, la fabrique procèse à la vente de matériaux (bois et métal) jugés irrécupérables par Abbey. Le bénéfice tiré de cette vente permet de faire installer un petit orgue de choeur, de facteur inconnu.
Il sera refait en 1863 par Cavaillé-Coll.

Le 28 janvier 1850, le préfet annonce au ministre que le facteur Abbey est en faillite. Cet état de chose va durer deux ans et c'est seulement alors qu'on va procéder à la liquidation. En effet, le 1er décembre 1852 le syndic de la faillite annonce que la restauration de l'orgue de Bayeux serait et demeurerait résilié. Le 15 septembre 1853, le ministère informe l'évêque qu'Abbey s'est entendu avec le facteur Stoltz pour achever l'orgue. Le 23 novembre 1853, le projet de Stoltz est refusé car il possède tous les défauts de celui d'Abbey. Pendant ce temps, le facteur Ducroquet soumet deux devis pour terminer l'instrument. Ils resteront sans effet. Pendant les six années suivantes, seule la boiserie vide se dresse au fond de la nef, tout est arrêté.

En 1859, l'évêque demande à Aristide Cavaillé-Coll de préparer un devis pour compléter l'orgue de la cathédrale. Celui-ci soumet un estimé de 53 111 francs réduit à 47 669 francs par le parti que l'on a tiré des objets de l'ancien orgue. Le 11 février 1859, l'évêque informe le ministre, que suite aux déboires avec le facteur Abbey, il demande une aide du gouvernement pour qu'en sa cathédrale retrouve un orgue. Celui-ci lui répond que le gouvernement ne peut pas, seul, assumer le coût total de l'instrument. C'est alors que la fabrique vote une somme de 6 000 francs pour l'acquisition de l'orgue alors que l'évêque y va, personnellement, d'une somme de 11 669 francs ne laissant qu'environ 30 000 francs à être fourni par le gouvernement. Le contrat est signé le 26 mars 1860.

C'est finalement vers l'état de 1862 que le grand instrument va se trouver achevé. En effet le 17 juin 1862, l'évêque informe le ministre que le travail du facteur sera terminé le 1er juillet et suggère que l'instrument soit reçu par Lefébure-Wély. Ceui-ci est informé le 25 juin 1862 qu'il est chargé de vérifier et d'inauguer l'orgue de Bayeux. La réception et la vérification de l'instrument est fixé au 12 juillet alors que l'inauguration en sera faite aux offices du lendemain.

Suivent des relevages: en 1878 par Cavaillé-Coll, en 1893 par Charles Mutin, en 1913 par Joseph Koenig, et en 1942 par Gloton-Debierre.

En 1973, la partie instrumentale est classée « monument historique ». Quant au buffet, il sera classé en 1975.

Danion-Gonzalez effectue en restauration en 1977 alors que Renaud-Ménoret réalise un relevage en 1996.

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Photos :



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