Entrez dans le monde magique des orgues. Page créée le 08/08/2009 Mise à jour le 04/08/2010 L’orgue Moucherel (1736) de la Cathédrale Ste Cécile d’Albi  (Tarn). Orgues en France et dans le monde. Pays : France Région :  Midi-Pyrénées Départ. : Tarn Ville : Albi Local : Cathédrale Ste Cécile Facteur : Moucherel Année : 1736 Passion,     Découvertes,     Partage.... Historique Disposition
Carte Cliquer Photos Cet instrument majestueux surprend par ses dimensions (16,4 m/54 pieds de large et 15,6 m/51 pieds de hauteur). Placé au sommet de la fresque du Jugement Dernier, au-dessus du choeur et de l'autel (et de ce fait face à l'assemblée), il se laisse contempler dans l'environnement luxuriant des peintures de l'édifice. Il est l'œuvre de Christophe MOUCHEREL qui en a assuré la construction de 1734 à 1736. Il comprend alors 41 jeux sur quatre claviers manuels (Positif, Grand-orgue, Récit, Echo) et pédalier. Le facteur réalise un buffet somptueusement décoré de statues d'angelots jouant divers instruments de musique. Cet instrument sera ensuite remanié par plusieurs facteurs d'orgues. Tout d'abord, en 1747, François et Jean-François L'ÉPINE ajoutent des jeux d'anches. Ensuite, en 1779, Joseph ISNARD ajoute un cinquième clavier (clavier de Bombarde) qui comprend une batterie de jeux d'anches dont deux Bombardes de 16’, un cornet de cinq rangs et une Clarinette 8’ en chamade. L’instrument a alors 54 jeux sur cinq claviers et pédalier. En 1824-25, Antoine PEYROULOUS, facteur de Toulouse, effectue une nouvelle répartition de certains jeux afin de permettre des effets de nuance entre les différents claviers. L’orgue est alors à son apogée. En 1840-41, les Frères CLAUDE de Mirecourt (Vosges) effectuent une restauration et modifient la disposition. Ce travail non seulement ne donnera pas satisfaction mais en plus aura pour effet de dénaturer l’orgue en le romantisant. On note également des réparations par JUNK en 1856; des modifications dont un Récit expressif, par Théodore MAUCOURT en 1865 et diverses modifications par PUGET entre 1865 et 1902. Ces différentes interventions amplifient la dénaturation de l’orgue. De 1902 à 1904, le facteur PUGET reconstruit l'orgue dans le style romantique tout en conservant certains jeux de MOUCHEREL, L'ÉPINE et ISNARD. C'est alors que l'instrument perd définitivement son caractère d'origine. Il compte 74 jeux sur quatre claviers et pédalier. S’il est vrai que l’instrument fonctionne parfaitement et donne satisfaction pour cette époque, on est bien loin de la richesse heureusement toujours enfouie dans les entrailles du buffet. À partir de 1950, son état de fonctionnement est préoccupant. Après plusieurs années de réflexion qui ont permis de découvrir l'origine ancienne du matériel, particulièrement au niveau de la tuyauterie, la décision est prise de restaurer l'orgue et non de le reconstruire. C'est ainsi, qu'en 1974, suite au travail effectué par Paul MANUEL de la maison SCHWENKEDEL, la partie instrumentale datant de 1734 et 1779 a été classée « monument historique ». De 1971 à 1981, Bartoloméo FORMENTELLI supervise la restauration qui va consister à reproduire l'instrument de MOUCHEREL en y intégrant les modifications de l'EPINE, ISNARD et PEYROULOUS. C’est la renaissance de l’orgue classique tel que conçu par son créateur et perfectionné jusqu’en 1825. Le travail effectué en dix années est colossal. Les sommiers sont reconstruits suivant les règles du 18ème siècle et placés à leur emplacement d’origine. Tout le matériel sonore qui le mérite est restauré, le reste est reconstruit selon les règles appliquées par MOUCHEREL et ses successeurs. La mécanique est reconstruite ainsi que la console avec ses cinq claviers (à sa place et aux dimensions originales). L’orgue restauré possède 56 jeux (3.578 tuyaux, dont 1.444 de MOUCHEREL, 317 d’ISNARD, 194 de L’EPINE et d’autres anciens). L'inauguration a lieu en septembre 1981 par Marie-Claire ALAIN et Michel CHAPUIS. Durant l'été 1996, Bartoloméo FORMENTELLI effectue un grand relevage : démontage, dépoussiérage, accord général et ajout de la seconde flûte de pédale. Avec ses cinq claviers, cet instrument est une mécanique complexe et fragile qui demande des soins attentifs et constants. Le Positif est un positif de dos. La division du Grand-Orgue est placée au centre du corps principal; la Bombarde est placée de chaque côté du Grand-Orgue, et la Pédale, aux deux extrémités du buffet. Le Récit est placé à l'arrière dans la tour centrale tandis que l'Écho est dans le soubassement et au centre du buffet. Le buffet de l'orgue de Sainte-Cécile est probablement le plus vaste de France. Il comporte 17 compartiments au grand-corps (9 tourelles et 8 plates-faces). Au sommet de la tourelle centrale, la licorne et le blason § sur les autres tourelles, alternance de pots à fleurs et d'anges musiciens, sans oublier Sainte-Cécile tenant une harpe et le roi David tenant la palme. Un ensemble de claires-voies et volutes de feuillages servent de frise supérieure aux plates-faces et tourelles. Le grand tuyau de montre central porte l'écusson de l'évêque d'Albi. Les pilastres ne sont pas décorés mais les moulures supérieures et inférieures des tourelles sont particulièrement soignées. De grands panneaux d'instruments de musique décorent le haut soubassement. Sous les culots des tourelles latérales de jeunes atlantes soutiennent le buffet. Leur corps se termine en console. Le positif compte cinq tourelles et six plates-faces. Les plates-faces entre les tourelles sont doubles séparées par un petit pilastre sans décoration. Sur les côtés deux plates-faces latérales en quart de rond. Une frise de feuillage en claire-voie orne le haut des tourelles et des plates-faces. À hauteur des entablements, des anges musiciens ont trouvé place sur les corniches de tourelles. Deux culots de tourelles du positif se terminent en masque. Enfin deux atlantes soutiennent le petit buffet. Si les claires-voies et consolettes ajourées sont assez sobres, la profusion des statues vient agrémenter ce buffet. Toutes les sculptures sont soignées, et nous sommes face à un buffet somptueux. En 2010, l’orgue est de nouveau restauré et accordé par FORMENTELLI. Le classement du centre historique d’Albi dont la cathédrale Ste Cécile est le cœur et le joyau, au patrimoine mondial par l’UNESCO, ne pourra donner que plus de valeur à cet instrument exceptionnel. Autres caractéristiques : 56 jeux - 5 claviers manuels et pédalier Transmission mécanique des claviers et des jeux Accouplements : I/II - II/III (à tiroirs) Tirasses : II/P - III/P Tremblant doux et fort - Rossignol André Isoir joue Mary Prat-Molinier Francis Chapelet Louis Marchand Bach Fugue Ut m Improvisations Te Deum Mary Prat-Molinier Mary Prat-Molinier MA Charpentier Beauvarlet Plein Jeu L’Aria de JS Bach Voir le site de l’Association Moucherel